Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Entre Yasuri :
Nanami
Shichika :
Nanami, qu'est-ce que tu fais?
Tout un village est en poussière,
De quel crime fait-il les frais ?
Nanami :
D'aucun crime, pourquoi, mon frère
Attendre qu'on m'ait outragé
Pour, d'un coup sec, ôter la vie?
Non, ça m'a comme démangé
Avec la rigueur de l'envie.
Shichika :
Depuis quand, loin de la maison,
Massacres-tu, dans ta balade ?
Et qu'en est il de ta raison :
Es-tu folle en plus que malade ?
Nanami :
Folle ? Tuer te sembles fou ?
J'ai quitté la terre natale
Quand une Mante, à pas de loup,
Vint y monter une cabale.
Shichika :
Une Mante ? Les Maniwa ?
Ils sont venus jusqu'à notre île...
Et ça t'aurait emmené là,
Ton excuse semble facile.
Nanami :
Et pourtant c'est la vérité ;
J'ai tué trois ninjas, d'aisance,
Ces trois meurtres m'ont excité,
Il fallait que je te devance.
Shichika :
Donc je te rattrape aujourd'hui ;
En ce temple, en cette montagne,
Que ton bras frêle encor détruit,
Akutou Bita t'accompagne.
Nanami
Ce poignard ? Oui, c'est Akutou
Bita, j'avoue être surprise ;
Il n'est pas vraiment de mon goût,
C'est le ridicule qu'il frise...
Shichika :
Alors tu peux me le donner ?
Tu sais que je mène la quête
Des douze : je suis Togame ,
L'immense stratège un peu bête.
Nanami :
Oh non... J'ai longtemps voyagé
Pour lui. Tu vas devoir combattre.
Schichika :
Allons ! Pourrais-je t'égorger
De mes doigts sur ta peau d'albâtre ?
Nanami :
Tu vas devoir ; je suis ta sœur
Mais désormais ton seul obstacle.
Je plante Akutou dans mon cœur
Et j'en deviens le réceptacle...
Schichika :
Que fais-tu, comptes-tu mourir
Ici plutôt que de me prendre
La vie ? Akutou va pourir
En toi. Son chakra va te pendre !
Nanami :
Et alors ? Le destin m'a pris...
Otage de ma corpulence :
Je n'ai pas vécu, j'ai appris.
Tu t'accordes trop d'indécence,
Toi le fils : l'unique héritier...
Petit frère que je surpasse
C'est à la hauteur de mon pied
Que ta chevelure a sa place.
Pourtant c'est toi qui fut choisi
Comme représentant du maître...
Akutou Bita me moisit
Comme le fit le fait de naître.
Shichika :
Bien. Je comprend que c'est trop tard,
Et je comprends ta jalousie,
Ma sœur déjà morte au départ
Je te tuerai, par courtoisie.
Nanami :
Pas d'excuse ? Et bien commençons .
Shichika :
Togame, s'il-te-plaît patiente ;
Je reviens...
Nanami:
Les quelques leçons
Que tu sais, viens -je hais l'attente-
Me les montrer... Ton Kyoto Ryuu
Vaut-il le nombre des années
Passées ? Est-ce ce que j'ai vu
Enfant, mes iris abimées
De ne faire que de mirer ?
Mérites-tu d'être admirer ?
Shichika :
Oh mais très largement, je crois !
Je vais te découper la tête!
Et tes cheveux à petits pois
Rougiront lors de la trempette !
Nanami:
Comme tu y vas... Shichika,
Ton défaut c'est d'être candide ;
Incapable d'un coup d'éclat :
Ta mort sera vaine et rapide.
Nanami et Shichika.
La signature de Sabi
« Vous succomberez à mon charme ! »
Disait, sous l'ombrelle, Sabi
Hakuei dont l'esthétique arme
Se nommait Hakutou Hari.
Puissant épéiste et éphèbe,
Il marchait de part le Japon
Semant les vaincus sur la glèbe
Qui mourraient sans savoir son nom.
Juste sa phrase favorite
Les accompagnaient dans la mort ;
Combien de fois fut-elle dite
Sans qu'on prouva qu'il avait tort ?
Car les samurais succombèrent
Chaque fois qu'il la récitait,
Et tous charmés quand ils tombèrent :
Leur mémoire eût dit qu'il chantait...
Hitei Hime.
Hitei que l'on ne peut qu'aimer !
Toi qui souris au dieu funeste
Quand ta gorge vient parfumer
Le charnier, ou ce qu'il en reste :
Ta victoire ! Quand tes cheveux
Plus longs que toi, dans la rigole
Rougissernt, c'est toi que je veux ;
La cruelle, la fière et folle !
Tes cheveux blonds, mauve parfois,
Dont le bout, je l'ai dit, est rouge
Pour les humer combien de rois
Dois-je tuer ? Cet humble bouge
Où résident les Maniwa
Faut-il pour toi que je le flambe ?
Toi qui jadis me raviva ;
Tuer sera mon dithyrambe,
Toi qui m'a reconnu vivant
Alors que j'allais dans les limbes :
Sur ton futon, sur ton divan
Que d'horreurs muettes te nimbent !
Du cellier, aux purs aguets,
Je veille et surveille et m'apprête
A t'obéir et tu le sais :
Comme j'aime viser la tête.
Avec ton éventail, d'un coup
D'ailette, tu damnes ou toises,
Et le Japon connaît le coût
Des manières discourtoises.
Tu t'éventes sous l'hinoki,
Belle princesse du massacre
Dont l'œil calme autrefois acquit
La teinte blême de la nacre.
Ta fine main en mouvement
-Jolie, ô combien jolie !-
On dirait une main d'enfant
Par le velours dix ans polie.
Dans ton grand yukata royal,
Paisible sous l'ombre de l'arbre,
Quel plan sadique et déloyal
Gigote en ton esprit de marbre ?
Peu m'importe, princesse Hitei,
Si je dois plomber le soleil
Pour te plaire ! Je suis ton homme ;
Emonzaemon te suis comme
Ton ombre depuis son réveil !
Emonzaemon armé d'Entou Jyuu.
Papillon
De ses deux ailes inutiles
Sur la mer... disons de Dirac
Il vole, ses kunais rutilent,
Stoïque devant le ressac.
Il marche ainsi jusqu'au rivage,
Un ninja par épaule, il va,
Afin d'épargner toute nage
A ses collègues Maniwa.
En premier part Maniwa Mante
Religieuse aux ongles d'airain ;
Il dit qu'il vivra, qu'il leur mente ?
Ce n'était pas de son dessein.
Mais quand ses ongles, vers sa bouche,
Viennent briller il comprend,
Lié par la corde à la souche,
Que c'est son dernier instant.
Plus loin les deux autres s'affolent :
Maniwa Mante était si fort !
Son nom tonnait dans les écoles
De shinobi du sud au nord !
Mais quel-est donc cet adversaire ?
Papillon, avisé, d'un bond,
Désireux que son œil éclaire
Son corps, son visage et son nom
Va, car sentant le drame poindre.
Et le tueur n'en est pas un ;
C'est une tueuse ! A l'air moindre,
De faibles battements au sein.
Papillon, tel chaque collègue,
Meurt de sa technique, en mourant
Il repense à ce peu qu'il lègue,
Lui revient le rire, un instant,
De Maniwa Mandarin, belle
De ses rêves depuis petit.
Son grain de beauté l'ensorcèle
Une ultime fois dans la nuit.
Ils s'aimaient, au cœur de la guerre,
Étant eux-mêmes grands guerriers,
«Un peu d'amour est nécessaire »
Se dit-il, les deux yeux vrillés :
Cet insecte qu'aima l'oiseau,
Au cœur cinq trous fins en biseau.
Katanagatari
Il se peut que ceux qui n'ont ni vu ni lu ce manga n'y comprennent rien, mais mon but n'était de raconter à nouveau
l'histoire.
Au fil envolé de l'acier
Qui sur l'enclume en fumant danse
La mort d'une aile a remercié
Shikizaki Kiki l'immense.
Par mille on dit naquirent ils,
Prototype par prototype
Qu'il fondait au feu des exils,
Du tabac bizarre à la pipe.
Mais les milliers étaient essais
Vains seulement, presque les mêmes,
Puis naquirent de cet excès
Les douze katanas suprêmes :
- Soutou Kanazuchi du poids
Dévastateur d'une montagne
Anéantit en une fois,
Brisant le peu d'os qu'il épargne ;
- Outou Nokogiri laissé
Dans sous fourreau, par retenue,
Est apte, sans gène, à blesser
Mais tuerait par sa lame nue ;
- Zentou Namakura plus vif
Que Fujin et Raijin ensemble
Découpe en huit morceaux l'esquif
Avant que le fleuve ne tremble.
-Bitou Kanzashi presque humain
Se balade vers la lumière,
Et le katana dans sa main
Tranche de face et par derrière ;
- Zokuto Yoroi protecteur
Orne d'une armure celtique
De la phalange ultime au cœur
Son maître - il devient métallique,
- Zettou Kanna banal de loin
Mais dont la teinte est du plus sombre
Subrepticement a le soin
De planter en sortant de l'ombre ;
- Hakutou Hari blanc, plus blanc
Que de Sabi la chevelure,
Fend l'univers dans son élan
Enroulant le ciel en pelure.
-Entou Jyuu vomit du plomb,
C'est le seul sabre avec gâchette,
Il va directement au front
Jusqu'à ce qu'un cerveau l'arrête.
- Sentou Tsurugi de partout
Se cueille sur le champ de guerre,
On le jette, on s'en contre-fout,
On le relâche, on le resserre ;
- Akutou Bita, ce poignard,
Dans la chair du manieur se plante,
Étendant jusqu'à son regard
Ses racines comme une plante.
- Seito Hakari, pourtant
Sabre bien fignolé du maître,
Fait, car sa lame c'est du vent,
Que le combat ne peut pas être ;
- Dokutou Meiki dans le sang
Du manieur redonne vie
(Celle du manieur cessant)
Au grand maître à l'âme ravie.
Shikizaki Kiki revient
En effet dès que, dégainée,
La lame fait un va-et-vient
Dans la main glauque, empoisonnée.
Que veut-il de ce renouveau ?
Combien de morts un sabre vaut ?
Voici pour vous quelques piècettes
Où tombent cheveux, noms et têtes.
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