Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Fragments de Brac-py.
Ce qui suit est largement inspiré de Pybrac de Pierre Louys, éloignez les enfants et les adultes enfantins c'est du hardcore mais faut bien oser dans la vie ( notez que ce que j'ai retiré sont les strophes les plus "crades"...)
Je n'aime pas à voir Marie un peu bourrée
Qui suce un gaillard dans ses chiottes un beau soir...
Et s'y plait ; pleine de jouissance démarrée
Aux bruits des succions lubriques dans le noir.
Je n'aime pas à voir la double sodomie
Que tente cette blonde aux deux bottes de cuir
Avec son cousin Jean et sa meilleure amie
Ceinturée par un gode énorme... et pour en jouir !
Je n'aime pas à voir ce vétéran sénile
Payer je-ne-sais-quelle insensible putain
Pour qu'elle touche sa femme d'un doigt habile
Afin qu'il s'imagine enfonçant son lutin.
Je n'aime pas à voir la jeune Marguerite
Déflorée en un quart d'heure par l'inconnu
Du métro, puis rêver chaque nuit d'une bite
En mouillant son doigt d'ange, avec le ventre nu.
Je n'aime pas à voir une grande partouse
Suintant le sperme, la cyprine et la sueur
Où l'on baise, où l'on baise... à deux, à six, à douze !
Où les cris de la chair se reprennent en chœur.
Je n'aime pas à voir, vraiment ça me répugne,
L'adolescente nue sur la table à manger
Qu'on asperge de miel et de sucre pour bugne
Pour l'offrir en pâture au désir étranger.
Je n'aime pas à voir Sandrine, secrétaire
A mi-temps, écarter aux yeux de son patron
Ses jambes de sauterelle et, d'un ton vulgaire,
Dire : « Si tu la mets, mets-là fort et profond »
[...]
Je n'aime pas à voir madame la voisine
Partir avec un jeune idiot des alentours
Afin de lui vider tout le sang de la pine
Et de le laisser nu, radieux dans la cour.
Je n'aime pas à voir vibrer sous une jupe
Un trésor de sextoys : deux plantés dans l'anus
Et deux dans le vagin. La bouche ? Qui l'occupe ?
Le membre effarouché du premier venu.
Je n'aime pas à voir une charmante blonde
Déglutir et baver très bruyamment tandis
Qu'elle fait à son mec une gorge profonde
Et que, sur son fauteuil, un voyeur applaudit.
Je n'aime pas à voir Paul offrir une rose
A cette demoiselle aux délicieux attraits,
Sachant qu'il va lui mettre en premier sa dose
Et qu'elle tournera pour ses potes, après.
[...]
Je n'aime pas à voir ces deux amies d'enfance
Qui se lèchent, poussant de petits cris aigus
Dans l'humidité de leur divine semence,
Avouant leur penchant pour le cunnilingus.
Je n'aime pas à voir s'écouler du pré-sperme
D'une bite branlée d'excellente façon
Par la fille cadette ni, jouissance à terme,
La voir tout avaler avec attention.
[...]
Je n'aime pas à voir le cul de cette femme
Ouvert comme un ravin et de foutre rempli
Palpiter, rougeoyant et brûlant ; comme en flamme...
Pourtant prêt encore à s'écarter sans répit.
[...]
Alors les sainte-nitouches ? On a l'estomac bouleversé ? C'est honteux, hein ? M'en fous tant que je suis digne du maître
!
Laure
Inspiré par la première partie de Anne de Paul Valéry.
Et plus implicitement par Pétrarque, le géniteur officiel des faiseurs de sonnets.
Laure en son deuil futur obnubilée élance
Le sel de ses yeux bruns pour heurter le granit
D'une tombe imparfaite où perle du silence
Jusqu'au duvet soyeux qui croule de son lit.
Telle. Or quel songe froid étreint ( et recommence)
La blancheur de ses bras d'un ongle approfondi
Que nul ne put vernir d'éternelle clémence ?
L'étreinte plonge dans l'épiderme maudit.
Et nage ! Son parfum virevolte, encensant
La pièce iconostase où l'univers descend
Jusqu'aux mèches de Laure, enfin ensommeillée...
Si dense fut la nuit morte de la veillée
Pour la fille au corps fin, frêle splendidement
Qu'aucun matin ne pend au grand rayonnement.
Par Suzi9mm
C'est la nuit reine qui ceint d'un beau cauchemar
En forme d'auréole obscure à jamais lourde
Ses longs cils englobant la frayeur d'un regard
Qui tête la noirceur des lieux comme une gourde.
La belle saupoudrée aux joues de nacre en fard
Tombant, par pleurs, de la plus lointaine lambourde
Qui quelquefois pendait un innocent bagnard
Plein d'agitations auxquelles Laure est sourde.
Enfin ! De la démence Hadès ouvre l'impasse ;
Cette fille qui dort, dont l'œil clos est marron,
Au pur drap pâle se mélange et se délasse...
Tombeau que cadenasse une feuille de lierre
Laure orne le sommeil, au final Achéron
Fidèle ; chaque jour c'est une lavandière.
Princesse
Seconde version.
Princesse, nommez-nous berger de vos sourires.
Stéphane Mallarmé.
Princesse, appelez-moi, cette veille est sans fin :
Mon cœur languit la chair qui comblerait sa faim
Et votre chevelure éternelle et qui joue
Aux cascades d'auburn ornées d'un voile fin
Dont la poussière d'or tombe sur votre joue...
Et languit votre voix où l'air au miel se noue...
Princesse, pour sécher mes larmes cérébrales
Vous poseriez vos cils qu'enchante la longueur
Sur mon front humecté de cette autre sueur
Afin d'y déposer les roses vespérales.
Princesse, appelez-moi, vos pupilles florales,
Je le sais, sont en bas,détrônant la lueur
Qui s'écoule de ma fenêtre. La rumeur
Dit que que vous êtes là, tombant des nuits astrales.
Dans ce soir plein de vœux, quand dorment les gendarmes,
J'entends le claquement d'un talon atterri...
Appelez-moi « je t'aime », au moins votre chéri ;
Que je vous doive un nom, princesse de vos charmes.
Et là vous m'appelez, puis je n'ai plus de larmes ;
Et déjà je fais battre un cœur presque guéri.
J'attends que sur l'appel, il ait surenchéri :
Le silence exigé pour taire les alarmes.
J'attends et j'imagine un baiser de fortune
Dans l'ombre du jardin où le calice est clos
Jusqu'au matin naissant de son lointain enclos,
J'imagine le goût de vos lèvres, chacune
D'arôme unique et pur, j'imagine les mots
Que l'on pourrait se dire au chevet de la lune...
Et puis, qu'avez -vous vu ?
Seconde version.
Par Elsma
Sitôt le grouillement des termitières d'or
Nous portions l'orphelin hors des noires écumes,
Frères, sachez-le ; nous vîmes ce que nous pûmes
Au Sahel inondé de sable et de fluor.
Sitôt que l'hydre lent dévora le parfum
Des nanas en sommeil aux paumes scarifiées,
A la chair incarnat, aux mèches falsifiées,
Aux dix ongles vernis, au beau regard défunt
Nous avons rattaché le peuple des îlots
Ensemble avec des liens de laine fatidiques
Mais le chant psalmodié par les anges pudiques
N'a jamais remué nos membres en morceaux !
Il me semble que l'homme on ne le vit géant
Que seul ; qu'il est marcheur dans la course des mondes
Depuis qu'on vit s'enfuir les nébuleuses rondes
Derrière un réverbère, et ce jusqu'au néant...
On vit gesticuler la candeur d'un bétail
Avec un bêlement infect et qui perdure,
Et des yeux grands ouverts issus de la torture
Qui buvait au ruisseau de curare et d'émail.
On ne vit pas se tordre un étrange chemin
Vers l'empire intérieur où de parfaits mensonges
Se terrent mais on vit se gonfler les éponges
De nos cœurs poinçonnés d'un hydrolat malsain !
On vit dans notre gorge une dose de lait
Que l'extase monta jusqu'à l'ébullition,
Bu sur les joues nacrées, sans nulle permission,
Des fiancées d'un soir d'où le sublime naît.
Sur nos lèvres on vit ces délices germer,
Puis nous les avalions, nous partagions nos bouches
Avec des mors d'acier qu'on avala, farouches,
Et farouches au point d'avaler le cocher !
Nos iris ont mordu la crème du whisky
Et la glace ! Affalés dans l'hiver de notre âge :
Les restes d'un regret, l'environ d'un orage,
Dans un fauteuil marron, sur du Tchaïkovski.
On vit le mois joyeux d'avril remémoré
Plein de réelles fées relatées dans un conte,
Nous n'avions pas d'honneur, nous n'avions pas de honte,
Jusqu'au jour où survint la joie en réméré !
On vit nos poings en feu marteler les fronts plats
Des gotha prosternés aux panards des richesses
Puisqu'on les vit pointer d'un doigt lourd de paresses
Les exilés et les sbires mêlés en tas.
On se vit accueillir leur peine avec douceur
Car nos esprits errants magnétisaient les nues
Et sous le faix léger des insultes accrues
On se vit tous danser ; et soliste et valseur !
Je ne garantis pas que notre œil était nu
Lorsque nous avons vu le fiel et les mirages
Splendides, indistincts... mais voici des images ;
Et qu'après l'on nous dise : « Et puis, qu'avez-vous vu ? » !
Les enfants de la nuit
Princesse
Première version.
Princesse, nommez-nous berger de vos sourires.
Stéphane Mallarmé.
Princesse, appelez-moi : cette veille est sans fin
De ne pas caresser la peau de votre joue
Ni votre chevelure éternelle et qui joue
Aux cascades d'auburn sous l'or d'un voile fin.
Mon cœur languit la chair qui comblerait sa faim
Et se meurt, en sanglots, du tourment qui le roue ;
Princesse de mes nuits, seule âme que je loue
Appelez-moi, bercez-moi, que je dorme enfin !
Appelez-moi, séchez ces larmes cérébrales
De vos cils violets qu'enchante la longueur...
Vos escarpins foulant les roses vespérales
Labourent du talon deux points dans la lueur
Ogivale qui se jette de ma fenêtre ;
Princesse appelez-moi votre chéri, peut-être...
Par Nanoness
Gardez-moi près de vous lorsque je descendrai
En frôlant l'escalier. Sans votre main, princesse,
Dans ce soir noir de vœux la mienne me pendrait !
J'attends avec frissons que le silence cesse
Et que le vent me souffle un trésor ; cet appel
Porté par votre voix mêlant l'air et le miel.
J'attends, et j'imagine un baiser de fortune
Dans l'ombre du jardin où le calice est clos
Jusqu'au matin naissant, j'imagine les mots
Que l'on dit quand on aime au chevet de la lune...
Et là vous m'appelez, puis je n'ai plus de larmes,
Je vous rejoins, princesse à qui je dois un nom,
Mes pas sont délicats : ils évitent le son...
Quand, d'un faux mouvement, déferlent les alarmes.
T'as vu l'heure ! Remonte immédiatement !
Et puis, qu'avez-vous vu ?
Première version.
Sitôt que frémissaient les hautes termitières
Au Sahel inondé de sable et de lueur
Nous reprenions l'enfant bercé dans la rumeur
De l'écume en furie où les flots réitèrent
L'immonde roulement des ondes falsifiées !
Sitôt que l'hydre lent dévora le parfum
Des nanas en sommeil dans des draps de carmin,
Au regard d'enfant mort, aux paumes scarifiées,
Nous avons rattaché cet archipel ensemble
Avec des liens d'osier fatidique et le chant
Des anges débusqués dans leur repère ardent
Ne remua jamais nos veines, il me semble...
Il me semble que l'homme a trop joué sa farce
Ou mangé le bonbon séducteur du néant,
Il me semble que non : que ses pas de géant
Ne se sont pas mêlés dans la grandeur éparse
De la course de monde ! On vit des nébuleuses
Atrophiées mendiant l'ornement d'un regard,
Qui fuyaient, névrosées, les coups de Trafalgar
D'un réverbère hautain aux lampes onéreuses !
On vit gesticuler tout un bétail candide
Avec des bêlements d'êtres infortunés
Et des yeux grands ouverts de nouveaux torturés
Qui buvait au ruisseau de curare limpide...
On ne vit pas, divers, le chemin de l'empire
Intérieur semé de mensonges parfaits,
Mais nous avons commis l'essence des forfaits
Dégueulasses, fatals, dans un éclat de rire !
On vit, puisqu'on l'a bu, le lait pur extatique
De l'outrance sublime à l'attrait enfantin
Au goût désespéré de puissant fond de teint
Aux joues des fiancées portant un nom magique !
On vit cela germer sur nos lèvres, nos bouches
Obcordées ravalaient les glaires d'un remords,
Quand nous avalions le cocher et le mors
Pour déféquer tout ça dans l'orchestre des mouches !
Sitôt tout cela vu que mordent nos pupilles ?
Des glaçons, du whisky vieux de quatre-cent ans
Au fond d'un fauteuil gris dans un calme d'encens
Avec des souvenirs fins comme des brindilles
Turgescentes au vent sacré de la mémoire
Qui nous rappelle alors que l'on voyait, gamins,
Les fées des contes bleus circuler dans nos mains
Et, pouvant les toucher, nous ne pouvions y croire !
Nous pouvions, il me semble, en vrai dans les délires
Marteler le front plat des gotha prosternés
Qui pointaient d'un doigt d'or, les gones condamnés
Par le sort, les violents, les valets et les sbires ;
Et puis les exilés ! Et leur peine fut douce
A nos cœurs davantage attirés vers le ciel !
Vers la mixture où gît le mirage et le fiel
Indistincts dans la nue. On vit mourir de frousse
Un peu de l'innocence : une fille jolie
Nous épargna l'amour en échange d'un pleur
Puis nous claquions soliste en étant né valseur,
Dans l'ombre d'un F2, tout près de la folie.
On vit peu, je l'avoue, autant que nos yeux purent
Voir mais nous avons vu, frères, nous avons vu
De belles illusions que notre songe accru
Désirait. On en vit : d'énormes fleurs impures !
Je ne garantis pas que notre œil était nu.
Après publication, ce 24 janvier, que lis-je au hasard d'un recueil d'Anatole France ? Ceci :
"Car la reine d'Écosse, aux lèvres de carmin,"
Donc je change.
Que ceux qui avaient remarqué ne me traitent pas de voleur.
Pétri d’orgueil un moine annulant sa tonsure,
A changé de rayon pour méditer des plans.
L’amplitude du songe a posé sa morsure ;
Le lotus d’Osiris ondule sur le temps.
Le barbare lépreux aux muscles d’épluchure
A bu sa vie de sel aux lèvres des amants.
L’orgue machiavélique a trouvé sa posture ;
L’internement du ciel outrage le printemps.
Le prince dépendant de sa seule nature
A bizarrement su d’où poussaient les chalands.
La jungle c’est la voix d’une foule immature ;
La jungle c’est un monde où règnent les écrans.
L’étêté qui git là, noyé de pourriture,
A tué, pour rire, un de ses soixante enfants.
La discorde a déplu par trop de démesure,
L’homme est un banc lâché dans le nœud des courants.
Un ange dont le nom incarnait la blessure
A trahi, tour à tour, un total de cent clans.
Vivre est un mauvais goût que le suicide épure,
L’hypochondriaque a capoté ses élans.
Alban élava sal léger
Sénevols rétive annotât
Talpa séton son à l’état
Enéma snob euh éroder.
Nopal ogre mon aborné
Noçât ces sados réunis
Engager tresser tec amis
Sima cet ressert regagné
Sinuer sodas sec tacon
Enroba mon ergo lapon
Redore hué bons amène
Tate là nos notes aplat
Tâtonnât éviter slovènes
Regel las avale nabla.
Si Simone réussit…
Servi, lu
Part sec canot
Tournoi
Latte
__
Et :
Talion
Ru
Otton
Accès trapu
Livres
…Tissu
Ere
Nom Isis.
L’été lia, castra pali ;
Rabat en Neïre aime mac.
Lèse idem us sa noce, lac,
Elle sévi, loti déni,
Mon ami lunette et épi,
Ciel ! Le mort se sait âme - crac !
Car ce Matias est rom elle,
Ici, pète et te, nu, lima.
Nom inédit Olive-selle.
Caleçon assume diesel.
Came mi-aérienne ta.
Baril à part, sac, aile tel.
Ceci est une seule strophe dont chaque vers peut-être interchangé avec le vers qui tient la même place dans sa variante. C'est pas clair... C'est un clin-d'oeil à Queneau quoi !
La foudre que je tiens, vive autant qu’un python :
Elle brûle mes doigts noircis par sa caresse,
Je n’attends pas la mort engourdi de paresse
Pour que tombe, rompu, le monstre de béton.
Dans mes mains, s’énervant, vit la révolution :
Elle est prête, fin prête, et lourde de détresse,
Et je m’en servirai sans faille ni faiblesse,
Pour que l’oligarchie se vide d’un poumon.
Je porte du paria la poussière à canon :
Elle palpite, elle est avide de prouesse,
Et de toute étincelle elle est demanderesse
Pour briser chaque chaîne, et maillon par maillon.
La pierre est dans le poing, le climat est au bond :
Elle s’acharne à dire : « un peuple entier te presse ! »
J’en ferai bonne usage, et que cet ordre cesse
Pour que l'or-empereur comprenne sa leçon.
Imbécile, j’escorte une furie sans nom :
Elle est incandescente et sublime diablesse,
Je la garde et j’attends ; c’est comme une promesse,
Pour faire éclore la justice aux yeux de plomb.
J’ai comme legs la flamme aux teintes de passion :
Elle est étanche au deuil, aux rires, à l’ivresse…
Je ne l’oublie donc pas, je l’offre à la jeunesse
Pour que s’ouvre, rougi, l’œil niais du mouton.
Ma rage est esthétique et n’orne aucun fronton :
C’est celle d’une masse encombrée de bassesse
Je la donne à qui veut, avec grande allégresse
Pour que les titans d’or se voient courber le front.
La lame d’argent brut qui perfore le son :
Elle est notre, mais à qui la première adresse ?
Je l’utiliserai sans prélude, sans messe,
Pour que le dominant mange de son bâton.
La mitrailleuse à cent-mille coups en dit long :
Elle est tous les reclus que ce monde délaisse
On la prend vite main - quand on sait qui l’on blesse -
Pour arracher le masque et la contrefaçon.
La fleur de ma colère est proche d’être tronc :
Elle est avide de sang, quoiqu’il n’y paraisse,
J’attends l’évènement, son choc et sa vitesse
Pour unir dans la lutte agathois et breton.
Vers de terre.
Ou vers terreux.

1. Engendre aux alentours une pensée nouvelle.
2. Le temps avaria le plus vieux mécanisme,
La mer fut désoeuvrée lorsque l'île fut isthme
Et Icare, ce fou! nous a encombré d'ailes.
3. Vole ou creuse la mine aux senteurs de mouroir
Et quête dans la fange une tiare viciée.
4. Abats, au coin du ciel, cet ange policier!
5. Dors, prunelle visible - Il est mort, on peut croire!
6. Ne t'endette jamais, les canines d'huissiers
Sucent d'un trait le nerf, le sang et la mémoire.
7. Pars dans la nuit des rues tatoué un destin
En unissant le râle à l'appel au secours,
Une horreur de passage... un instant, un contour
Qui brûle un souvenir et dissout un dessein...
Fais-le!
8. Demain la terre enlisera la vie ;
Demain la terre immense éteindra son néon
D'un souffle sans pareil aux barbes des camions,
Des gares, des hôtels et des caméléons.
9. Démêle dans le noeud le besoin de l'envie.
10. Laisse donc internet, prends le lac et la feuille
De vigne enluminée par l'unique lueur
Du soleil suffocant dans la course des heures
(Bêtes toujours guidant à l'ombre du cercueil).
11. Vis des amours vermeils aux baisers répétés
Et goûte ce poison dont tout le monde parle.
12. Reste au chevet du mort si tout le monde part ;
Le front bas pour un soir, haut pour l'éternité.
13. Change! Change et les cieux et la terre et les eaux,
C'est cela le chemin ; le reste n'est qu'impasse!
14. Reste là, parmi nous, et relègue ta place
Entre l'hymne de plomb et le chant des oiseaux.
15. Quant au nerf agité ne sois pas animal,
Le grand vol s'ouvrira de chouettes dans la nuit...
Un murmure croissant : Il parait que c'est lui!
Il sait...
-Mais que sait-il?
La racine du mal.
16. Voilà, et vis beaucoup ; lis, virevolte aux cimes
Muni d'un piolet mais d'une paire d'aile.
17. Ou recèle un enfer que rongent des abîmes!
18. Enfin trouve celui, ou enfin trouve celle
Qui sera une paix fleurie entre deux crimes
Pour achever ce siècle, aux peines sans appel.
19. Il est un peuple muet que la parole opprime...
20. Médite à en saigner dans l'incendie réel,
Moule ce sang de songe et orne un monde d'or.
21. Le monstre, agenouillé, sut qu'il était cruel,
Vaincu par ses martyrs.
21. Tout un Peuple s'exprime ;
Il dit : Je suis un homme!
Enfant de Pythagore.
C'est sur le pont de Lyon.
C'est sur le pont de Lyon que la belle s'y promène
Elle s'y promène tant! Elle s'y coiffe elle s'y fait belle ;
Elle y baigne ses longs cheveux avec la queue d'une hirondelle.
Lyon s'enfuyait de l'hiver
Et le printemps posait ses pieds
De floraisons sur l'arbre vert
Et la rose sur l'églantier
S'épanouissait aux rayons
Du soleil. Mômes en haillons
Et mères au souffle de toux
Sortaient voir s'il poussait la fleur ;
La fleur, le remède de tout
Même celui de la douleur...
Mais l'astre, en haut, se riait d'eux :
La belle avait figé ses yeux.
Sous l'azur seul elle sortait
Marcher sur le pont et penser,
Son coeur léger se transportait
Vers la Hollande. Oh! se lancer
Par delà le garde-fou! Oui!
Car son bonheur s'était enfoui
Dans une geôle de là bas!
Triste? Mais elle l'était tant!
S'il faut s'effondrer bas, plus bas
Encore! Et pleurer moins longtemps!
Car la Hollande si lointaine
Avait pris, parmi la centaine
De prisonniers, son frère idiot
Et son mari! Ah! Le garant
De son coeur! Les yeux à son dos
Et la moitié du mot parent!
La belle était triste, si triste...
La griffe noire sur la liste
Avait marqué en gras son nom
A l'encre des désespérés :
-Le temps la jettera du pont
Au regard de l'astre effaré-.
Mais elle ne sauta jamais
Au nom de celui qu'elle aimait,
En vie, là bas... Quelles raisons,
Quel destin la laissaient aux rives
Du Rhône? " Ô si vaste horizon,
Tu détiens mon amour! J'arrive!"
La belle aimait trop pour mourir
Donc s'en alla le secourir.

Je conseille vivement l'écoute de la chanson interprétée par Marc Robine. Il répète un peu dix fois la même chose mais c'est joli dix
fois d'affilée.
De la réussite :
Suite indirecte ( les vers de transition sont coupés) de De la démocratie et de la transcendance.
[...]
Comme nous n'avons pas de villes à quitter
En faisant nos adieux d'un bras réconfortant
Pour rejoindre le luxe et la civilité
Dans lieu capital et le seul important,
Comme nous n'avons pas de villes d'où partir,
En faisant nos adieux dans les bras de nos mères
Pour rejoindre le lieu où tout est à bâtir
Et où tout est bâti et où tout s'agglomère,
Comme nous n'avons pas de ville où aboutir
Pour reprendre au destin ce qu'il doit à nos pères,
Ce qu'il leur a volé sans le réinvestir
Pour de plus miséreux qui jamais ne prospèrent,
Comme nous n'avons pas de villes d'où partir,
En faisant nos adieux, les pleurs les plus amers
Tenus sous la paupière afin de garantir
L'honneur du fils qui part à l'assaut des chimères,
Comme nous n'avons pas de ville où revêtir
Une nouvelle vie et de nouveaux repères ;
Là où s'améliorer ou se reconvertir,
Là où mettre une forme au voeu que l'on espère,
Comme nous n'avons pas de villes d'où partir
En faisant nos adieux comme, au bord de la mer,
Le marin embrasse au front l'épouse martyre
En jurant sur le ciel un voyage éphémère,
Comme nous n'avons pas de ville où démentir
Notre tendance à être infiniment compères
De l'échec cuisant et à tout anéantir
Quand la chance offre et que la fortune obtempère,
Comme nous n'avons pas de villes d'où partir
En faisant nos adieux à toutes les commères
Qui nous voyaient enfants et aimaient compatir
A l'avenir scellé de jeunes si sommaires,
Comme nous n'avons pas de ville où investir
Dans une renommée de champion et d'expert
Que l'on se bâtirait sans trop se pervertir
Entre lui qui nous flatte et lui qui vitupère,
Comme nous n'avons pas de villes d'où partir
En faisant nos adieux au doyen et au maire
Attentifs aux leurs et là pour nous impartir
Du renom national de notre maison mère,
Comme nous n'avons pas de ville où ressentir
Un sentiment de feu que l'inconnu tempère
Difficilement et où il faut consentir
A briller pour toujours sans commettre d'impair,
Comme nous n'avons pas de villes d'où partir
En faisant nos adieux et où l'on énumère
Ceux qui furent pour nous l'épaule où se blottir
Et, contre nos deux joues : la caresse palmaire,
Comme nous n'avons pas de ville où divertir
Nos âmes ennuyées et qui nous désespèrent ;
Comme nous n'avons pas une vie pour sertir
D'une grande fierté les gens de nos repaires,
Comme nous n'avons pas un grain de dignité
Ni un grain de noblesse infaillible et constant
Ni un sourire sur nos faces dépitées
Ni une renommée qui ne tienne longtemps,
[...]
Imitations - III :
Heinrich Heine,
A ma mère.
I
J'ai la tête levée en tout temps, en tout lieu,
Mon âme est résistante et droite et endurcie ;
Même devant le roi, seul et à sa merci,
Je ne peux concevoir de rabaisser mes yeux.
Mais mère j'avoue, sans artifice insidieux,
- Il me faut pour cela un courage précis -
Qu'au sein de ton aura où l'air est adouci
Modestie et Fierté rejouent leur contentieux.
Est-ce là ton esprit qui en secret domine,
Ton esprit qui voit tout de là où il culmine
Et étincelle au fond d'un ciel qu'il illumine?
Un souvenir amer me revient et s'obstine
D'un jour où j'ai froissé ce coeur à ta poitrine ;
Ce coeur qui m'aime tant, qui pleure et se chagrine.
II
Enivré de départ je t'ai fait mes adieux
Pour aller à travers le monde et loin d'ici
Découvrir où l'amour se cache et officie
Et l'enlacer d'un bras aimant et audacieux.
Et dans toutes les rues j'ai cherché de mon mieux ;
J'ai, au seuil des maisons, tendu mon bras minci
Pour mendier de l'amour le moindre ramassis
Mais l'on m'offrit le froid d'un rire pernicieux.
Et j'ai cherché l'amour sur la voie de l'errance,
Sans pouvoir démêler le noeud de l'espérance...
Pour rentrer au foyer malade et mécontent
Et tu m'as accueilli pour panser mes souffrances...
Dans ton oeil se baignait le soin pour ma carence :
Car c'était bien l'amour recherché si longtemps!
Original :
An meine Mutter B. Heine, geboren v. Geldern
I
Ich bin's gewohnt den Kopf recht hoch zu tragen,
mein Sinn ist auch ein bisschen starr und zähe ;
Wenn selbst der König mir ins Antlitz sähe,
ich würde nicht die Augen niederschlagen.
Doch, liebe Mutter, offen will ich's sagen :
Wie mächtig auch mein stolzer Mut sich blähe,
In deiner selig süßen, trauten Nähe
Ergreift mich oft ein demutsvolles Zagen.
Ist es dein Geist, der heimlich mich bezwinget,
Dein hoher Geist, der alles kühn durchdringet,
Und blitzend sich um Himmelslichte schwinget ?
Quält mich Erinnerung, dass ich verübet
So manche Tat, die dir das Herz betrübet ?
Das schöne Herz, das mir so sehr geliebet ?
II
Im tollen Wahn hatt ich dich einst verlassen,
ich wollte gehen, die ganze Welt zu Ende,
und wollte sehn ob ich die Liebe fände,
Um liebevoll die Liebe zu umfassen.
Die Liebe suchte ich auf allen Gassen,
Vor jeder Tür streckte ich aus die Hände,
Und bettelte um g’ringe Liebespende -
Doch lachend gab man mir nur kaltes Hassen.
Und immer irrte ich nach Liebe, immer
Nach Liebe, doch die Liebe fand ich nimmer,
Und kehrte um nach Hause, krank und trübe.
Doch da bist du entgegen mir gekommen,
und ach! Was da in deinem Aug’ geschwommen,
das war die süsse, langgesuchte Liebe.
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