Où sont les guerriers ?

 

Où sont les rois?

 

Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?

 

Sofiane.

Articles.

Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 14:13
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Clip face B sans moyen ni prétention d'un morceau commun entre Tahir X Dj Graff X Gérard de Nerval pour illustrer nos soirées à boire des infusions, quelques bières pour les plus téméraires, et à casser les oreilles de nos voisins avec du rap pur et dur interprété sous l'effet transcendantal de la bergamote et de la camomille. Toute bouteille de whisky présente sur cette vidéo n'est que le fruit d'un audacieux trucage à base de sirop de caramel, ça faisait juste mieux à l'image.
Le montage ayant été fait après une forte consommation de cigarettes light je vous serai gré de ne pas m'en tenir rigueur...

Je m'excuse d'avoir trucidé le premier vers de la deuxième strophe du Desdichado de Nerval néanmoins notez que :"Dans la nuit du berceau toi qui m'as consolé" ce n'est pas un lapsus inintéressant.

DJ GRAFF VIT SUR http://www.youtube.com/user/06040809VEILLEDUNE
Bonne écoute.


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Dimanche 3 juillet 2011 7 03 /07 /Juil /2011 12:45
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  Mangé par un poulet, se pendre aux tournesols.


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Samedi 15 janvier 2011 6 15 /01 /Jan /2011 23:40
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Happy Birthday !

 

Birthday_by_glassaple.jpgPar glassaple

 

 

Il se peut que fêter un anniversaire soit un acte barbare -ultimi babarorum- qui n'est digne que de nos ancêtres à poils longs.

D'abord c'est une garantie de bonheur dû au souvenir commun qui n'est donné qu'à ceux qui ont une vie sociale épanouie. Certains n'ont que leurs parents pour leur souhaiter, ou même pas. Et certains n'osent par hurler leur date de naissance à la foule.

Ceux-là verront d'abord que s'il ne donne rien à cette dernière elle sera incapable de chercher à savoir quand ils sont nés.

Ceux-là n'ont pas d'anniversaire.

Les hommes auraient dû naître égaux.

N'ont-ils pas honte, ceux dont le répertoire sature jusqu'à l'inconnu ? De montrer qu'il leur est possible d'être heureux de manière presque certaine au minimum une fois par an de par un jour de fête ? De faire ça devant les yeux d'un être seul ? Comme des exhibitionnistes devant un puceau centenaire.

 

Et puis qui dit que naître c'est sortir ?

Voici la barbarie : nous savons désormais que l'apparition d'une conscience ne coïncide pas forcément avec l'accomplissement du corps et son éjection, dans la sueur, les expirations, autrefois et toujours ; dans la mort...

Cette petite chose bien fœtale qui se débat, qui a faim, soif, n'est-elle pas née ?

Ou bien cet enfant dont le cerveau se mettrait en route avec un temps de décalage ne trouve-t-il pas la naissance après apparition ?

Pour l'homme du 21ème siècle fêter un anniversaire est facile.

C'est fêter un moment choisi de manière arbitraire et déterminée par ses anciennes facilités intellectuelles.

Si l'on en croit Cioran naître est une catastrophe -avoir commis tous les crimes hormis celui d'être père-, pourquoi fêter un truc pareil ?

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Et sans dire que donner naissance est un crime c'est la façon la plus directe d'augmenter ses chances de commettre l'horrible infanticide...

Rien que pour ça faudrait en discuter entre époux d'une manière différente ; se pose souvent la

question des moyens... et la fin ? j'ouvre la question.

 

Donc plutôt que de fêter un crime subi l'homme devrait plutôt s'occuper à fêter un bienfait commis. Il s'en porterait mieux. L'anniversaire de mariage n'est pas une chose stupide, ou celui des

fiançailles, ou celui d'une promotion, ou d'un grand moment conquis... n'importe !

 

Et ceux qui n'ont pas d'anniversaire ne peuvent en souffrir : n'ayant rien fait pour le mériter.

    

Par Tatteredreams


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Jeudi 6 janvier 2011 4 06 /01 /Jan /2011 04:48
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Il est sincère de dire à mes quelques lecteurs -mais ô combien de qualité (dit le lécheur de Santiag)- que je n'ai pas rien fait durant ce temps mort pour le blog et vivant plus qu'il ne faut pour moi. J'ai encore l'âge d'être égoïste, après j'aurai trop de cadets pour ne pas montrer l'exemple.

 

Donc comme mentionné précédemment je prépare un recueil, structuré en fatras. Je ne me soucie pas de sa publication mais de sa puissance (mot choisi) donc ce n'est même pas sûr qu'il soit commercialisé un jour. Mais il en a tout de même l'ambition.

Les choses devraient repartir dans des temps proches, aussi Le Nouvel Hippocampe, dont la formule me désespérait deviendra moins prolifique mais plus pointilleux. Explications prochaines sur le dit site.

 

Je dois donc des excuses aux poètes que j'ai abandonné après le souffle d'espoir que je prétendais apporter... Mais au moment de sa création je ne savais même pas que je faisais un recueil ; et je m'y suis embourbé corps et âme.

Mais tout repartira, c'est promis ; en mieux. Car sinon repartir ne sert à rien...

 

Pour ce qui est de l'Hippocampe Noir je n'ai rien écrit mais j'y publierai les textes que j'ai exclu du recueil. Car il est structuré, en fatras.

Et s'il est des gens que j'ai encore plus violemment délaissé c'est mes amis. A tort ou à raison...


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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 03:40
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Fragments d'un texte raté :

Evidemment! Une fois sorti du contexte...

fragmented by meggert
Par ~meggert

[…] Refrain irrégulier de pages qui se tournent. On est las sur le chemin de la nuit ; las d’écrire, de lire […] Il faut prendre le temps de tout arrêter. Las de penser  […] Le seul film muet qui se regarde volontiers, dans cette époque où il faut parler pour être entendu, est pornographique ; car il ne faut ni inquiéter ni exciter le voisinage quant aux hurlements orgiaques.[…] Les grands textes m’exploitent comme une bête à admirer […] L’errance sociale? L’indiscipline? Le poulet braisé ou la vengeance de tout un continent sur son édifice? […] Car l’humain ment le jour sur son vice et la nuit sur sa vertu. […] cette adolescente pourrie sur pied par le fumier des drogues qui oubliera sa veste en partant mais pas le fœtus naissant en elle.  Les boîtes de nuit sont des massacres. […] j’aime mieux le cliquetis des lames, qui change l’histoire sans émettre de frisson rose au cœur des jeunes filles […] Je ne théorise pas mes fins de mois, je les vis […] Allons, dans le bruit et la sueur, conquérir des renommées belles et durables![…] Je vais, dans la lumière des facettes.[…] Ce sont des objets. Elles s’instaurent comme tels sur les pistes. Des objets flamboyants et magnétiques […] J’aime la notion d’aura, cette idée qu’avant de parler ou d’agir un être exceptionnel puisse être reconnaissable d’instinct. Mais l’homme, bête instruite, qui s’instruit et instruit les autres s’est trouvé d’autres moyens de reconnaissance que l’instinct donc aujourd’hui tout aura se précède d’une renommée, l’inverse eût été possible chez l’homme bestial, naïf et incestueux. […] Celui qui aborde l’histoire des idées et la nécessité d’appréhender la culture et l’engagement solidement structuré tels que des sanctuaires de jouissance et d’union plus que comme des caveaux verrouillés, ouverts seulement aux universitaires et aux vieillards. 




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Par ~Nicasus




 

 


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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 20:55
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Sinon tu seras mangé tout cru :

Le-petit-Chaperon-rouge


Je me relis souvent, à l'affût de mes fautes d'orthographe et de grammaire, à mon âge je découvre toutes ces histoires subordonnées et conjonctives... mieux vaut tard que jamais et c'est tout. Je me relis aussi en quête de tics, d'univers continus et d'invariants polymorphes. En quête de ce que je diffuse parmi ce que j'assène ; ce qui vient tout seul, les mots que je ne contrôle pas : Je me relis pour voir qui je suis.
Et j'ai vu que je mangeais beaucoup d'enfants, qu'ils finissaient souvent par se faire bouffer par un animal ou un homme. Ce n'est pas grave ; les enfants sont faits pour être mangés.


                                     hansel gretel arthur rackham1
 
   Par
bonheur mes parents ne m'ont pas dressé à ce fouet là mais il est normal, chez l'adulte, d'expliquer à  sa progéniture qu'il sera mangé tout cru.  J'ai tout de même connu ces  contes qui mettent en scène des gamins pauvres et tristes sur qui le destin fait tomber un ogre ou une sorcière qui veut les avaler. C'est comme ça ; pas de jeunes héritiers élégants et exécrables pour les estomacs des monstres. Il est vrai que priver de dessert celui qui a perdu ses deux frères lors de la famine, sa soeur morte née et dont les parents se sont débarrassé pour vivre mieux n'est pas très convaincant, mais tout de même! Pourquoi le manger? Pourquoi, pour le punir d'être misérable et soit trop gourmand, soit trop curieux, ne lui donne t'on pas une petite tape sur la joue avec une engueulade? Non, il doit se faire manger. Et nous aussi.
Si on regarde sous le lit, ce qui est immoral en soit, on se fait manger, si on regarde dans le placard on se fait manger, si on va dans le grenier on se fait   manger, si on dit des gros mots on se fait manger et le pire : des jours où ils sont pris de névrose nos parents nous courent après en hurlant je vais te manger!
L'immuable destin de qui est encore loin de la puberté est de finir dans le ventre de quelque chose ; une vie peu enthousiasmante scellée par la peur, un cheminement d'angoisse entre des milliers de mâchoires.

   Et le temps passe, on pousse de sales boutons, on se met à fumer, on porte un appareil dentaire, on devient incomestible pour les monstres et les parents... Et ça tombe bien car on s'est rendu compte que la société allait nous phagocyter tendrement jusqu'à notre mort, alors le croque mitaine et le clown aux canines de sabre n'ont plus que la prestance de gentils animaux de la forêt. Si on a survécu...

   Je rend ici hommage à mes camarades partis, ayant regardé sous leur lit ou ayant dit « merde », amen.


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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /Jan /2010 20:04
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Tintin aux pays du droit d'ingérence :




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Cela fait longtemps que je n'ai plus lu Tintin, c'est dommage... J'ai pourtant tout lu de cette oeuvre rocambolesque d'Hergé ; la fois où Tintin se fait enlever et qu'il s'en sort de peu à Washington, la fois où Tintin se fait enlever et qu'il s'en sort de peu à Hong-Kong, la fois où Tintin se fait enlever et qu'il s'en sort de peu sur la lune et encore! Tintin c'est San-Antonio sans caractère, avec un Capitaine Hadock maintes fois plus civilisé que Bérurier.
Tintin et San-Antonio sont très intelligents mais ils ne comprennent rien sans se faire enlever et molester, c'est assez pervers. Mais celui  à la houpette reste le meilleur, c'est un sacré reporter qui ne va jamais voir son rédacteur en chef pour savoir si son papier est bon  mais qui vous retrouve tous les trésors perdus, même les cargos de came! Il a un budget illimité et se fait employer par des organisations secrètes japonaises, il va en Afrique faire ingérer des  éponges à un léopard pour le faire gonfler, il y vide un gorille de sa chair pour s'y faufiler, il se contrefout des états généraux de la presse!

                         tintin 2-2

   Au Congo (car c'est au Congo qu'il va, c'est un Congo très symbolique) il a un comportement étrange : il prononce les "r"... Il fait d'autres choses aussi ; il sauve tout ce qu'il croise, sans lui le continent aurait implosé. Le plus drôle c'est cette scène du chapeau où il sépare la couronne du haut afin d'exercer un partage égal ; ainsi l'un attrapera une insolation par le sommet du crâne et l'autre par le front. Tout se partage! J'ai pris cela au mot en offrant un chat à deux soeurs..; tout le monde a pleuré.
Et il se fait missionnaire, d'un coup! Tireur d'élite hier, théologien aujourd'hui : c'est là le charme de notre "reporter". Il arrive en classe et s'apprête à enseigner quand ce foutu léopard déboule, alors là c'est splendide ; Tintin, arrivé il y a quelques jours de Moulinsart ou de je ne sais où, maîtrise le danger mieux que tous les congolais réunis. D'habitude, en son absence, le léopard mange un enfant.

  Et c'est là où nous sommes. Tintin c'est l'Amérique, pour qui il ne partage pas de chapeau, et ce un peu partout dans le monde, là où venir tuer des léopards pour enseigner le judéo-christianisme, tout ivre qu'il soit, est prometteur. C'est la France aussi, toujours là pour fournir des éponges et des Bibles. C'est beaucoup de pays. Mais Tintin est gentil et il rend les gens heureux, lui qui passe son temps à travers le monde à fuir ses deux mioches et sa mégère qui lui demande de payer la pension pour les nourrir.

                          tintin
Dessin : Hergé. (De toute façon si il lui venait l'idée de porter plainte il perdrait : Les absents ont toujours tort)

 


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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 07:22
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Vieux texte, plus d'actualité.

J'étais plus con que jeune...




Oui! C’est toi, merci…C’est toi, sainte femme,
Qui m’as fait sentir le profond amour…
Je mis de ma nuit dans ta blancheur d’âme,
Mais toi, dans la mienne, as mis le grand jour!
Jules Barbey D’aurevilly.


J’étais plus con que jeune quand, entre mille imbéciles, tu m’es apparue au travers d’un écran. Que tu étais candide… Ma pauvre âme insalubre ne valait  pas un soupir de la tienne mais tu m’as souris et m’as dit que j’avais tort de tant vouloir souffrir, que vivre de rancune ce n’est que mourir de haine, que je devais aimer les vivants car ils sont éphémères et me souvenir des morts car ils sont éternels…
J’avais un crâne bien vide… et toi un cœur bien plein ; si bien que nous avons échangé nos moitiés pour devenir complets, à deux nous étions enfin Un.
Tu étais un diadème d‘ivoire sur mon front d’ébène décharné! Tu étais mon contraste et ta très grande beauté a même charmé mes sœurs! La ville en nous croisant murmurait un rumeur jalouse: «Mais… Qui est cet astre au bras de ce vieux fauve aigri? Voyez sa chevelure: même la brise est honteuse de la caresser sans aucune permission! Et les montagnes peu fières de croiser un regard bien plus majestueux que la plus grande d’entre elles! Et la lune en veut à toutes les érosions de l’avoir faite moins ronde que cette croupe cavalière! Ah, qu’elle est magnifique! »
Mais moi ; plus con que jeune, je n’entendais pas les plaintes envieuses de l’univers. Je te croyais acquise, belle seulement pour moi.
Dans le brun de tes yeux, je n’ai vu que les flots transparents qui ont élever Narcisse. Et c’est le sang des naïades qui coule sur mes joues car aujourd’hui je sais que, loin de la source miroitante où se mire l’égo, l’amoureux devient laid.





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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /Oct /2009 09:25
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Un très vieux texte à juger avec précautions, comme tout.
Un homme dans un tas :


  Un homme est né... N'importe quand... Son destin était sans âge. Disons qu’il naquit aux environs du comble de l'humanité... A cette époque elle s'entassait déjà et lui était né dans un tas. Dans un tas d'hommes. Pour les différencier on leur donna à chacun un nom. Le tas d'homme fut transformé en tas de noms. Le sien fut Rio... Car un tas assez connu dans son monde s'appelait ainsi et ses parents se rencontrèrent 9 mois auparavant en ce dernier, précisément dans une discothèque.

  Alors Rio était né. A sa sortie il pleura car il n'était pas agrégé en philosophie donc naître ne l'intéressait pas. Il ne se voyait pas d'avenir sinon une quasi immobilité humide et douillette; malgré cette silencieuse et invisible volonté on lui infligea brutalement la lumière et les cris qui, il le comprit plus tard, signifiaient de la souffrance. Les aboiements de joie de son père étaient assez diffus depuis le bar PMU ou il fêtait la victoire de Lyon sur Barcelone lors d'une course au ballon rond: "Ce qu'on leur a mis aux velus!". Même plus tard Rio ne pu saisir le sens de cette phrase puisque son père n’avait pas joué ce match et que sa mère était Madrilène de sang. Mais il aima son père. "Pourquoi comprendre? Il suffit d'aimer!" Voila ce que disait sa mère lorsqu'elle justifiait la barbarie humaine. Cette déclaration aussi plus tard il ne la comprit pas, mais il sut au même moment qu‘il n‘en avait aucunement le besoin.

  Rio grandit ainsi entre la passion du football et l'amour universel, ce qui en fit un être assez équilibré. L'école ne fut pas une épreuve absolument douloureuse, a contrario de certains de ses camarades dont il fut le bourreau. On le surnomma tout de même Clio pendant un temps, puis Renault un autre afin de terminer son adolescence en tant que Naur. C'était un jeune téméraire et railleur, cela lui valut un certain charisme qui attira nombreuses plates ou tortueuses conquêtes avec parmi elles Lucille: Sa future femme: un esprit vif et un cœur plus transparent que la moyenne... ainsi qu’un visage fin; il l‘aima très vite. Il fut tenté par la plupart des drogues pour finir charmé par certaines. Seulement charmé.

  Naur obtint son bac avec mention puis supplia un maçon de l'engager comme apprenti. Là il découvrit le bâtiment; toute une fratrie d'individus au comportement excessif et malsain qui paraissaient tous socialement décédés sinon dans ce milieu. Il vivait dans un monde ou si l'on travaille bien l'on peut se permettre tous les abus sans être exclu du groupe. Un monde magique. Au début plutôt réservé, Naur sombra dans l'addiction au saucisson, aux jurons et au vin qui était le quotidien de ses collègues, et cela débutait tôt le matin. A la fin de son apprentissage Naur obtint le privilège de pouvoir hurler « J’arrive! » quand un travailleur criait "Maçon!". Si plusieurs maçons sont interpellés de cette manière c'était le plus gradé qui était visé. Et chaque branche fonctionnait ainsi. Cette osmose de sauvagerie pure s'entretenait sans grief sauf lorsqu'arrivait l'architecte, Naur le maçon sifflait beaucoup de haine lorsqu'il constatait:" Tiens, y'a l"archi". Car l'architecte ne faisait pas respecter les plans tel un général guiderait une armée mais il tanguait subitement d‘un avis à son extrême opposé.

Rio Naur le maçon défonça et construisit des milliers de murs entiers jusqu'au jour ou il eut cotisé le nécessaire pour partir en retraite. Entre temps ses parents moururent; cela le fit pleurer régulièrement à grandes et petites larmes pendant 65 jours. Il eu aussi un fils avec Lucille. Il le nomma Janeiro puis l'aima et le soutint du mieux qu'il put dans le peu de temps qui lui était imparti. Son métier avait briser sa santé et son amour pour lui avait fait s'effondrer ses raisons de vivre à la seconde même de son départ de la boîte. Lorsqu'il serra les ultimes poignées de mains on le questionna sur un futur passage. Un bref. Pour passer le bonjour. Il promit avec foi et impatience qu'il reviendrait. Mais il ne revint pas car le soir même il chuta du haut de l’escalier qui joignait l'étage des chambres au rez-de-chaussée puis mourut 311 heures après sur un lit d‘hôpital à la suite de diverses fractures et explosions de son anatomie.
Lors de sa disparition le tas ne diminua pas...  Elle lui fut imperceptible... Ainsi les hommes devenus noms s'en allaient et venaient, ce n'importe quand.


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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 04:50
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A René Broissand
:
  
  Publier un texte réservé, destiné à un proche est une honte, a
lors p
ar une pirouette je vais y échapper, regardez :
 
  La deuxième partie se situe dans un endroit célèbre à mes yeux car en 1896 un homme à part a participé à la ruée vers le gel de l'Alaska magique, de Alaska d'or.
Cet homme fut un canard, arborant des favoris et peu enclin au partage.
A cette époque là il n'avait ni guêtres, ni redingote, ni trésor ; c'était un miséreux qui n'avait qu'un seul sou et l'échec sans fin. Quand il quitta la ruée il était riche, davantage que tous ceux qui l'avaient dépouillé. Un tournant. Une réussite? Sûrement... Car il faut savoir que Balthazar McPicsou était un prospecteur et violent et  misanthrope et irascible, le fait qu'il soit devenu riche a juste rajouté à cette carapace sécrétée par son vécu l'avarice. La fortune ne l'a pas foncièrement transformé.
Si j'essaye de faire entrer, maladroitement, mon personnage sculpteur dans sa peau et ses plumes c'est que ce texte est finalement destiné à 
Keno Don Hugo Rosa, qui en publiant La jeunesse de Picsou, m'a fait comprendre à dix ans le prix du rêve, sa rançon brutale.

Vous avez vu?
Sur ce :

A Don Rosa :

Le sculpteur d'or:

  "- Assied-toi, amateur de musées, toi qui mille fois est mort d'un syndrome de Stendhal. Toi dont les yeux nus ont vu l'atome de peinture ; toi dont le coeur est vain loin des oeuvres des maîtres. Assied-toi.

  En premier lieu j'ai eu des mains, que j'ai articulé sur un orgue de vent quand garçons et filles jouaient à s'embrasser. Il me fallait combler le néant dans mes paumes, donner à ces doigts de quoi faire.

  Un jour, j'étais chez ma tante  dont la propriété était traversé par un ruisseau aux environs duquel, exigence de la nature que l'on prend pour miracle, le sol était argileux ; je mis les mains dedans. J'ai sortis un tas de cet argile et l'ai posé sur un terrain plus sec, je n'aimai pas son aspect, il devait être comme je le voulais, absolument!
Alors j'ai malaxé, enfoncé, frappé, roulé, compacté, étiré ; la musique était là! Mon orgue chantait! Il retentissait dans cette masse qui était pour moi difforme tant qu'un seul millimètre m'éloignait de mon rêve!

  Est né ma première sculpture que ma tante a balancé à l'eau ; c'était un étron, j'étais enfant, tu vois.


  A mes dix ans j'ai connu la forge, le métal, le feu. Dans ce semblant d'enfer j'ai crée de mes mains mon propre paradis. J'ai su ce que c'était, leur donner naissance puis côtoyer des golems dont la vie muette et immobile continuerait sans moi. Avec, discrètement, dans un coin, mon nom.







  Adolescent je partais pour un pays lointain, une région de neige nommée le Yukon.
J'y allais quérir du métal rare, de qualité pure. J'ai cherché longtemps dans ces steppes, ces forêts, ces rivières. L
à bas ce n'était que pâleur, froid, loups féroces, prospecteurs meurtriers et charognards au ciel, rien d'autre. C'était dur, tu pense! Mais j'avais un rêve, moi, qui surpassait demain, et tous les lendemains jusqu'à la fin du monde. Je l'ai trouvé ma montagne abondante et inexplorée!
 

  J'y ai brisé des pioches, mes os, ma civilité. Je suai dans le froid des tunnels, mes bras se détachaient de mon esprit à chaque excavation, je mangeai très peu et prenais le minimum de repos. Je me voyais abandonner quand je découvris un gisement où le foetus du monde avait étendu ses bras potelés en de multiples filons, ça brillait sous la terre et la boue! Ça se sentait, tu vois! Il ne manquait plus qu'à faire jaillir les pépites!
  
J'ai récolté, fait des chargements, j'ai crains pour ma vie ; j'avais si peur qu'on me dérobe la chair de mes futurs enfants. J'allai de par les chemins les plus obscurs, entre les crevasses. Sur le banc à l'avant de ma carriole j'avais un fusil. Je ne ressentais aucun besoin de richesse ou de faste ; j'avais une fièvre différente de celle des autres pionniers mais au remède semblable : L'or, et pour lui, je pouvais tuer et mourir, comme eux.
Rassure-toi, je n'ai tué personne! Personne n'a tenté de me voler.

 

Au bout de mon parcours : Dawson. Une ville dont chaque âme était un bras armé pour la loi du profit ; faux concessionnaires, prêteurs sur gage, casinos flottants, cabarets ou dansaient des putains aux paupières surchargées d'ombre et aux dents jaunes, shérif gonflés de lâcheté, marchands sans prix fixes...
Les huskies traînant leurs vieilles pattes qui ne pouvaient plus courir se soulageaient au milieu des chaussées, il y avait aussi des ivrognes qui y mêlaient leur vomi. Les effluves du fleuve Klondike, mixture des déchets des mines et de quelques macchabées, accomplissaient une haleine féroce qui flottait près des narines.



  Dawson... Avec ses baraques construites du bois des forêts alentours dont chacune était remplie de fous de poudre, de cigarettes et d'alcool, elle cramait de temps en temps. Mais l'or n'était pas ailleurs ; il leur fallait la rebâtir, des fondations aux charpentes.
En fait, à Dawson on ne vivait pas vraiment : On construisait, sa maison, son rêve. Elle n’en avait que faire, sa tribu de sauvage, que ses biens s’échappent dans une fumée dense et lourde qui quittait le plus ardent du foyer rejoindre le ciel glacial. Tant qu’elle avait sa besace où s’entrechoquaient son revolver, son sachet de pépites, sa flasque et le petit cadre qui contenait l’image de ceux qu’elle aimait elle pouvait rire aux nues, les insulter du poing et repartir au coeur de la ruée.
Parmi elle je devais trouver un banquier honnête, il en existait un là bas, il était très âgé, en âge de mourir au moindre faux mouvement. Il comptait sur son voisinage avec le shérif pour survivre, une mince sécurité...
Une fois le change accompli, je devais me montrer discret, masquer ma face d’homme le plus riche de la ville. C’était juste une partie de l’or, de quoi assurer un fret le plus sécuritaire possible.
Et à mes vingt huit ans j’ai quitté le nord sauvage.

 


  La grande ville, les foules, les premières Ford, les femmes chapeautés... Tu sais, à cette époque, sous les larges vêtements il fallait deviner leur corps, il n’était pas évident comme aujourd’hui. Le sculpteur que je suis les trouvais bien plus belles.
Je respirais à poumons pleins les prémices de la pollution que l’on connaît. J’en avais rêvé dans le Yukon de ce souffle vicié, j’avais rêvé les angles des trottoirs, les Yorkshire sans attraits avec des petits rubans aux oreilles, leurs rombières, le brouhaha d’un troquet sans coup de feu soudain. Et dans cette ville là je rêvais du Yukon.


  Je me suis installé dans un atelier vaste et je l’ai recrée. J'ai sculpté la louve à l'agonie, louveteaux aux mamelles ; le saumon éviscéré par un ourson joueur ; le pionner vampirique au regard brillant ; le vieux banquier tremblant derrière son guichet ; la robe de la danseuse volage ivre dès le réveil ; les casinos flottants aux flancs assaillis d'injures et sur son promontoire ; l'aigle paré au carnage. Et bien d'autres choses n'illustrant au fond que la cruauté naturelle de la sauvagerie.

 Ils aimaient ça, les citadins: La sauvagerie! Pour eux elle se restreignait aux portes des appartements donc ; elle n'existait pas. Il leur en fallait. Les galeristes ont fructifié avec la moindre de mes sculptures, on citait mon nom pour être cultivé , d'abord des articles et puis des premières pages, des colifichets puis d'authentiques médailles, le dédain ensuite la jalousie...

  Alors, on a commencé à m'accuser de plagiat, de n'importe qui à propos de n'importe quelle infime ressemblance. Je leur ai dit aux journalistes: Je ne copie que celui qui a fondu les astres ; j'invente!

   Mais aucun ne voulait le comprendre! Ils me demandaient « A propos des accusations de... » et je coupais court, je parle d'art, moi, pas d'infamie, pas de polis massacres. C’est que je ne savais pas que chez les gens civilisés vivre convenablement signifiait en tuer un ; le porteur de l’ombre qui pouvait vous effacer. Je venais du Yukon, rappelles-toi, on y tuait sans toutes ces manies d’artistes.
 Quand j’ai compris cela, avec une seule oeuvre, une sans antécédent, sans descendance, une orpheline que les yeux adopteront, hypnotisés, je leur ai rendu leurs poignards, leur bile, leurs questions imbéciles et leur faux dévouement.




  J’ai entrepris la création du deuxième soleil. Le concept était ce qui est, ce que l’on peut voir au centre exact de la ville : Une couche d’or fin pas plus épais qu’une feuille accolée à un immense ballon de cinquante mètres de diamètre sur laquelle serait dessinée une grande tribu, unie à travers le temps, qui s’opposerait à l’humanité. On ne sortirait le ballon qu’à la nuit tombée et l’on braquerait sur lui de puissants projecteurs.

  A la première élévation de l’astre ce fut l’enchantement mondial, l’inauguration avait pour moi le goût du nectar éternel, de l’ambroisie, je sentais sous mes pieds jaillir de mes années sans autosatisfaction mon Olympe personnel et enserrer mes tempes des lauriers rutilants. Je n’étais plus moi, on applaudissait le ballon qui montait et s’emparait de la nuit, le jour était né de mes mains! Les visages éclairés découvraient un émerveillement comme jamais phare d’Alexandrie ou jardins suspendus n’auraient put en produire! Tous ces fabricants de dirigeables, tous ces monteurs d’échafaudages, tous ces vigiles et ces maîtres chiens qui n’avaient plus ni vie de famille ni lendemains inattendus pour ça!

Ça valait le coup.



 
J’avais mis tout l’or et l’argent que je possédais dans cette réa
lisation, après je n’ai plus rien fait, un peu comme dieu. Sans fils prodigue, ayant majestueusement assassiné disciples et adversaires je meurs à l'ombre de mon propre nom. Tel que tu me vois j'ai disparu... Mais toi tu es là pour ça, avec ton calepin ; me comptabiliser parmi les disparus, un nom en gras sur une frise. Mm... Si c'est comme ça, termine en notant que je suis mort heureux, ça fera un peu rêver. » 



 
 

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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /Sep /2009 05:37
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Le trou dans la mer :

  Je quittai le port un Jeudi, adieu France. Que les flots te portent loin, vieux vaisseau!
Va trouver tes abysses à la fin du naufrage! je ne veux pas voir ça : ta coque fissurée l'infiltration du mal la noyade générale la mort des hiérarchies. Loin de moi!

 

  J'ai dû naviguer deux jours sur l'atlantique. En priant de n'apercevoir aucune parcelle de terre, aucun paquebot, aucun yacht, aucune trace d'intelligence. A l'arrivée du grand tourbillon je ne voulais être secouru ; il s'agissait de se fondre avec la dévastation pour ne pas être dévasté, laisser ma barque portée par les vagues en désordre, ne surtout pas tomber au fond de l'oeil des eaux comme dans un gouffre, et mourir.


 

  Ce tourbillon se laissa prévoir vers la tombée de la nuit ; soudain, L'océan s'allongea, dans un immense soupir qui l'apaisa totalement.
Puis il frissonna avec douceur, débuta un bal de scintillements, les reflets du ciel rouge pétillaient, se croisaient, ils faisaient de beaux pas, s'éteignaient aussitôt, là orange! Là violet! Que la lumière danse! Elle s'exposait brièvement, orgueilleuse, cette colonie rampante de danseurs aux flambeaux.
Le rythme s'accéléra, les frissons se hérissèrent, que la lumière procrée! Et plus de danseurs, des pas plus compliqués, impossible à saisir, les nuances fourmillèrent, envahirent l'océan, le tapissèrent et déroulèrent sur lui la lumière qui vit, la lumiére qui existe ou qui se donne ce rôle dans ce puissant spectacle.
Je sentis au bout d'un moment comme un décalage dans le rythme, que certaines de ces troupes scintillantes étaient portées par un courant insolite, de ci de là mais suivant le même mouvement latéral. Je remarquai que ces troupes dissidentes s'aggloméraient vers un centre, la rébellion s'amplifia assez rapidement jusqu'à ce qu'en ce centre naisse brutalement un trou, comme un dard de vent plongé à travers la surface dont la pointe aspirait l'océan.


  Il était là, le grand tourbillon, au diamètre croissant, je l'ai aperçu lorsqu'il mesurait environ trente centimètres et l'ai clairement distingué lorsqu'il en mesurait cent.

Sa paroi approchait, je me couchai sous la traverse qui servait de banc. Ma barque se pencha doucement, ça allait, puis elle ne put affronter la verticalité du tourbillon et se retourna, si bien que, appuyé sur la planche, mon vaisseau en carapace ; je tombai.

  L'hypnose m'embrassa à la vue du décor qui précédait la fin, car c'était lui: Le grand trou où ombre et lumière chutent désespérément, le trou goulu qui mastique la mer et suce le ciel ; car la nuit était là, il l'avait aspiré. Il avait tout aspiré ; bateaux aux poupes rompues ; bancs de maquereaux ; requins ; poissons velus, bizarres ; les sirènes d'Atlantide aussi ; le calmar géant ; le coeur de Davy Jones ; j'ai même vu des hommes. Tous déferlaient dans l'écume, se cramponnaient, s'étreignaient, lâchaient l'un pour sauver l'autre, et ils tournaient! Tournaient! Tournaient!  Tourbillonnaient  dans les courants, sans résistance possible, je tombais plus vite qu'ils ne tournaient : disparaissant au dessus de ma carapacecomme si ils remontaient vers la surface, en tournant. 
L'immense roulement de l'eau tonnait, c'était plus le rugissement d'une machine que le cri fluide d'une crue ; ça sonnait plus comme une cymbale pleine de rochers qu'un géant, battant le rythme, secouerait tout près de mes oreilles. Je n'entendais pas les hurlements de détresse des sirènes et des hommes. 

La spirale était d'une telle perfection que je ne savais si je tombais ou si je volais.

Je tombais, en fait.



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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /Sep /2009 03:54
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Les affres de la fin ( l'inutile trouillardise) 


  
  J'ai une vie sans rythme, sans horaire et sans voeux. J'attends le big-bang, l'autre. Le notre. Les déchirures infinies sur la face du monde suivies de son explosion. Plus de papillotes, de rosé ni de purée Mousseline ; qu'une masse magmatique palpitante dans l'ombre du soleil mort. Dans l'espace les étoiles en témoigneront. L'exemple à ne pas suivre. Notre terre adorée. Comme une feuille de brouillon froissée en boule et incandescente d'où s'échapperont des morceaux. Ses enfants. De géantes particules en fusion agglomérant le météore tout-venant. Comme de la cuisse de dieu ils quitteront la terre et poursuivront son oeuvre. En se remémorant, eux aussi : l'exemple à ne pas suivre.

  C'est comme ça que je vois les choses et personne ne peut sincèrement me dire le contraire ; un croyant? Un scientifique? Un philosophe?
Je le vois bien : "Vous avez vu? On est bien tous morts comme je l'avais dit!"
Soyons sérieux ; donnons raison à tout le monde, pourquoi s'en soucier? Dans leur imbécillité prouvée les dinosaures ont fait preuve d'une lucidité étonnante en ne s'inquiétant pas de quelle manière cruelle le monde les remplacerait. Si cela arrive de mon vivant je n'imagine pas quelle parade concocter à la fin du monde.
 
  Fuir? Oh non, je suis attaché à la France, si il faut fuir ma planète? Mais quelle souffrance supérieure à toutes les morts connues! Fuir? Et pour aller où? Entamer un voyage dont mon arrière-petit-fils verra le terme? Sans escale ni somptueux décors traversant les hublots pour s'agripper aux yeux? Dans un grand vaisseau, une cohorte de fuyards,  suicidaires et meurtriers, voilà ce que seront les déserteurs de planète.
Après des siècles côtoyer les mêmes personnes ou leur descendance similaire ; avoir tout échangé, tout pris et tout donné à l'autre, tout ça dans ce vaisseau qui semblera stagner et qui, pour la majorité, n'arrivera jamais à bon port... Ceux là seront donc ceux qui échapperont à la catastrophe.

  Il faut attendre. La peur de l'inévitable est un tourment plus grand que celle de l'imprévu ; le malheur est certain et sans échappatoire. La peur de devoir se résigner l'accompagne ; passer d'acteur à pion est une idée qui se fait avec violence et blessure dans la chair.
Mais pour ce qui est d'un phénomène planétaire, final, faire une exception et se résigner gentiment face aux maux qu'infligent les astres relève du pur bon sens.
Il faut attendre, et en attendant, tenter de les surpasser.

Non?

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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 05:43
- Publié dans : Articles.
  Non- article :
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  Mais que dire? Je ne sais pas quoi dire...
Écrire les aléas de ma jeunesse ; dire comme je me fourvoie dans la gestion de mon patrimoine vital... Raconter ma chute perpétuelle dans le gouffre sceptique qu'est le 21ème siècle, visage en direction du ciel où le passé a jailli des catacombes poussiéreuses et répugnantes pour me tendre des bras inaccessibles, ne me parait pas un exercice facilitant la prose, voire la poésie.

  Je ne m'imagine pas faire de la critique, littéraire, politique ou musicale, pourtant j'ai un goût pour le danger équivalent à ma capacité à m'ennuyer. Il me serait donc jouissif de renvoyer un-tel ou un-tel sur le plancher des humbles d'un revers de plume, d'exceller dans le piétinement et dans l'outrage ; de mon petit studio de province faire d'un Hollywood ou d'un Saint Germain des Prés le cloaque des vipères, des rampants coriaces, des caméléons pusillanimes et des étrangleurs fumeurs de barreaux de chaise mais je ne me sens pas cette capacité.
 
  Alors que dire? Pour ce premier article? Mes raisons? Mon but? Quitter ma solitude, affronter vos yeux? Assumer enfin ma responsabilité à écrire? Est-ce temps? Est-ce trop tôt? Trop tard?
 
Les deux.
 
Un texte sort toujours trop tôt et une idée sort toujours trop tard. Alors que dire sans m'en arracher les phalanges à l'instant même de la publication?

Rien.


 


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