Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
A cup of tea ?
Servez-moi du thé, muse, aux zestes de gingembre,
Et de l'orient profond emplissez cette chambre
Où, tout petit poète, isolé, j'entreprends
De tresser aux candeurs divines des lys blancs
La fleur de ma tristesse et la fleur de mon âge.
Je brise les miroirs pesants sous mon image
En essuyant des pleurs perdus au goût de sang,
Hurlant à vos dédains que je suis innocent,
Que je suis mots d'enfant et que je suis tendresse !
Et que tous les bisous carmins de la bassesse
Ne l'ont pas emmenée, en flamme, sous mes draps.
Je revois, les yeux clos, cette aube où tu sombras,
Naïve, avec tes mains pleines de sucre d'orge,
Mon enfance, mes lèvres ont quitté ta gorge
Pour embrasser des joues superbes sous le fard.
Le thé bout, infusez, muse dont un regard
Rend fou. J'allume une cigarette magique
Et cherche, en crapotant, la phrase névralgique
Qui fait le bon poème et la belle invention...
Mais faut-il le vouloir ? Faut-il une intention ?
Ou simplement du thé quand l'heure est nostalgique ?
Moins que celui d'un poème, on apprend pas le goût par coeur ! A moins d'être Jean-Baptiste Grenouille, et encore... Merci beaucoup Alfredine !
Je dirais pour ma part que l'effet du thé est tout de même plus éphémère, mais il a l'avantage, que, comme tu le dis, il peut être sans cesse renouvellé (puiqu'on apprend pas le goût par coeur).
En revanche, l'effet d'un poème est volontiers un peu plus durable, parce qu'on y repense, et on ne contrôle pas le flux de nos pensées. Elles poursuivent leur chemin à leur gré. Chemin qui a été ouvert par le poème. Mais, comme tu le soulignes, son effet, risque de ne pouvoir se renouveller, parce qu'on peut l'apprendre par coeur, et au bout d'un moment, le chemin ainsi ouvert, sera toujours emprunté de la même manière... à moins que quelqu'un nous en ouvre un autre.
Qu'en dis-tu?
J'en dis qu'un poème ne dévoile pas toute sa beauté à la première lecture, certains vers puissants masquent l'arôme des autres, plus subtils mais necessaires ; ainsi que l'arôme d'attaque pour un bon thé. Puis le reste se dévoile à la relecture - ou à la récitation, lorsque l'on s'habitue aux " vers d'attaque", et ce sont d'adorables saveurs puisqu'elles ne jaillissent qu'après un effort de lecture. Un poème est tortueux, on y emprunte des chemins différents selon notre état d'esprit, l'essentiel est d'en sortir changé comme après un baiser. Le poème ne s'essoufle que si l'âme s'essoufle, un éternel retour est possible, aussi vrai et pur que la première fois.