Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Leïla
C'est ma fille, je l'aime et n'ai qu'elle , voilà !
Alice de Chambrier.
Je mettrai tout le ciel dans le creux de tes mains
Puis je te couvrirai de milliers de poèmes.
Leïla, je décède au hasard des chemins...
En enfer ? J'y reviens ! tous mes pas sont les mêmes.
Je l'ai gardé, ce cœur qui rit inconsciemment,
Pour te l'offrir demain ; ce ne sont pas les roses
Qui font mourir l'amante au baiser de l'amant
Près du couchant ; décor enjolivant les poses.
Je te donnerai tout ! J'ai si peu... Leïla ;
Que ce vent qui frémit, l'orgueil d'un vers... Je saigne...
Chaque goutte est utile et toujours s'écoula
Pour qu'au prix de mon sang perdu je t'offre un peigne...
Pour que tu puisses prendre à bras le corps l'espoir
D'être reine, princesse oublie et la tourmente
Et le sarcasme où pleure une enfance, viens voir
Les oiseaux s'estomper sur la mer inclémente.
Simplement, Leïla, viens, pratiquons l'envol !
Un fruit véreux pourrit le verger puis la plaine ;
Aile tes pieds, partons il n'est plus rien au sol
Qu'un désir fou d'ailleurs, la salive et la haine !
Il n'est plus rien que l'homme au chevet de son sort !
Puisque nos yeux sont vains à travers les mirages,
Puisque nous ne marchons que, tristes, vers la mort,
Je te dis : viens, nais, vis ; unissons nos courages !
Viens, nais, vis, et sois belle ainsi qu'il te convient !
Sois surtout mon enfant charnelle, ma mémoire
Transmise, sois ce dieu qu'en aimant l'on devient !
Sois déesse, ma fille, et diffuse ta gloire !
Prend ma main... C'est l'instant surhumain qui paraît
Lorsque tu dis « papa » sans que tu me connaisses...
Et je dis : Leïla ne crains rien ; je suis prêt
A te donner le ciel et j'attends que tu naisses.
Par phungdinhdung