Où sont les guerriers ?

 

Où sont les rois?

 

Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?

 

Sofiane.

Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 09:15
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

Spleen sans idéal.

Spleen_by_UnquietSpirit.jpg

Par Unquiet Spirit

 

Pour apprendre à m'aimer tu liras mon poème

Et tu verras que rien, vraiment, ne m'a sourit ;

Je ne respire pas bien, comme atteint d'œdème,

Et repu tel un roi je reste mal-nourri.

 

Tu sais, je marche seul par amour pour les autres ;

Fallut-il les blesser quand je fus coléreux ?

Il est des soirs sans fin où, piteux, je me vautre

Et implore un pardon en honneur onéreux.

 

L'horreur du bac à sable est là, depuis l'enfance,

A tout me rappeler par le biais du sursaut

Qui n'est pas motivé par la seule innocence

Mais par ces sentiments qu'adore le couteau.

 

Je suis prisonnier de mon machiavélisme

Et les obscurs chemins que je dois emprunter

Afin de mettre au pas mes vieux déterminismes

Sont semés de ravins matériels et feintés.

 

J'ai peur de trop me perdre au carrefour d'un livre

Et d'être embobiné par celui qui sait tout ;

De la rue ou des mots je ne sais pas où vivre...

Et si ce que j'écris ne valait pas un clou ?

 

C'est trop de gestes vains que la littérature,

Trop pitoyable de se prendre au sérieux,

C'est pour les bons à rien la fièvre des ratures :

« Quoi ? De la poésie ? Tu pourrais faire mieux ! »

 

Je n'ai pour plaire aucun fait évident, aucune

Réussite à montrer, je ne suis que néant

Qui hurle son néant comme un loup sous la lune

Aux talons des beautés, aux orteils des géants.

 

Je ne suis qu'un massacre inné, qu'une ecchymose

Qui cherche un peu de vie au milieu des tombeaux

Ou recherche la mort pour y trouver l'osmose

Impossible ici-bas, je ne suis qu'un lambeau...

 

Du tout à fait banal j'ai tous les caractères

Et l'image d'un clown qui se croit exclusif

Au pays des clowns colle à ma peau de misère ;

A quoi bon la porter comme un faix adhésif ?

 

Il me faut constater que rien ne s'améliore,

Que je serais toujours cette ombre de pantin

Qui jette au feu du soir ce que promet l'aurore

Aux reflets de l'erreur sur la pâleur du teint.

 

L'évidence c'est que je suis plutôt indigne

De me réclamer de l'ancienne grandeur

Alors que l'avenir au lointain me fait signe :

Tu n'iras pas plus loin que ta place à cette heure.

 

Je n'irais nulle part où règne la lumière,

Je suis fait pour la nuit, je suis fait pour la nuit ;

J'ai perdu mes combats, je ne fais pas le fier ;

L'échec m'écrase et la lourde peine le suit.

 

Je n'irais pas plus loin que le règne de l'ombre

Mais j'irais partout où m'emporte la bohème

Et je ne pleure pas dans le rêve où je sombre :

J'ai perdu mes combats pour gagner le poème.

 

 


 


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