Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Spleen sans idéal.
Par Unquiet Spirit
Pour apprendre à m'aimer tu liras mon poème
Et tu verras que rien, vraiment, ne m'a sourit ;
Je ne respire pas bien, comme atteint d'œdème,
Et repu tel un roi je reste mal-nourri.
Tu sais, je marche seul par amour pour les autres ;
Fallut-il les blesser quand je fus coléreux ?
Il est des soirs sans fin où, piteux, je me vautre
Et implore un pardon en honneur onéreux.
L'horreur du bac à sable est là, depuis l'enfance,
A tout me rappeler par le biais du sursaut
Qui n'est pas motivé par la seule innocence
Mais par ces sentiments qu'adore le couteau.
Je suis prisonnier de mon machiavélisme
Et les obscurs chemins que je dois emprunter
Afin de mettre au pas mes vieux déterminismes
Sont semés de ravins matériels et feintés.
J'ai peur de trop me perdre au carrefour d'un livre
Et d'être embobiné par celui qui sait tout ;
De la rue ou des mots je ne sais pas où vivre...
Et si ce que j'écris ne valait pas un clou ?
C'est trop de gestes vains que la littérature,
Trop pitoyable de se prendre au sérieux,
C'est pour les bons à rien la fièvre des ratures :
« Quoi ? De la poésie ? Tu pourrais faire mieux ! »
Je n'ai pour plaire aucun fait évident, aucune
Réussite à montrer, je ne suis que néant
Qui hurle son néant comme un loup sous la lune
Aux talons des beautés, aux orteils des géants.
Je ne suis qu'un massacre inné, qu'une ecchymose
Qui cherche un peu de vie au milieu des tombeaux
Ou recherche la mort pour y trouver l'osmose
Impossible ici-bas, je ne suis qu'un lambeau...
Du tout à fait banal j'ai tous les caractères
Et l'image d'un clown qui se croit exclusif
Au pays des clowns colle à ma peau de misère ;
A quoi bon la porter comme un faix adhésif ?
Il me faut constater que rien ne s'améliore,
Que je serais toujours cette ombre de pantin
Qui jette au feu du soir ce que promet l'aurore
Aux reflets de l'erreur sur la pâleur du teint.
L'évidence c'est que je suis plutôt indigne
De me réclamer de l'ancienne grandeur
Alors que l'avenir au lointain me fait signe :
Tu n'iras pas plus loin que ta place à cette heure.
Je n'irais nulle part où règne la lumière,
Je suis fait pour la nuit, je suis fait pour la nuit ;
J'ai perdu mes combats, je ne fais pas le fier ;
L'échec m'écrase et la lourde peine le suit.
Je n'irais pas plus loin que le règne de l'ombre
Mais j'irais partout où m'emporte la bohème
Et je ne pleure pas dans le rêve où je sombre :
J'ai perdu mes combats pour gagner le poème.
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