Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
L'allumeuse.
Par Kamster
Quand je défleurissais encore un printemps vert,
Que le croissant de lune était plein de tristesse
La germe dansante a bourgeonné puis ouvert
Tout un bouquet cru de faunes et de diablesses :
Orchestrateurs puissants des hosannas sonores
Frappant le cuivre et l'or sur des chairs de taureaux
Exposées jour et nuit sous le soleil du nord,
Dures comme le cœur enlevé des bourreaux !
J'irritais pour toujours les chiens gros d'aboiements
Enlacés à Babel ; les crocs de Babylone
Qui se brisent au grand choc des quatre éléments
Et puis passent pour morts à l'ombre des pylônes.
Mais la rue a posé, là, devant mes orbites
Gonflées de pleurs brûlants ton visage fardé
De lumière et tes yeux presque d'alexandrite
Alors que je n'avais qu'un gouffre à regarder.
Tu m'as incarcéré entre tes doigts plus doux
Qu'un frisson de la soie en Chine ramassée,
Cautérisant les plaies des bracelets de houx
Et de la tiare acide à ma tête harassée.
.
Puis sur le bord de mer, au regard des étoiles,
Nous avons fabriqué de fabuleux baisers
Tandis que des bateaux d'argent montaient les voiles
Qui retiennent le vent des paradis osés.
Nous voici tous les deux face au seuil éternel
Des jardins bienheureux où s'écoule la sève
De l'amour rose, où le fruit pulpeux d'hydromel
Se cueille dès l'instant où l'arc-en-ciel se lève.
Que de profusion quand on aime ! Que d'heures
Tendres ! Que d'hivers chauds pour les fronts épaulés !
Que d'horizons prométhéens ! Dieu, que de leurres !
De chambres closes et d'oreillers dévalés !
Pour nous, pour toi, j'écris sur les vides glaciers
La symphonie onirique des baronnies
Vaincues et ton prénom pour titre, or, extasiés,
Des oiseaux de papiers s'en retournent aux nids ;
Loin ! Si loin que jamais les îles migratrices
Aux insulaires nains n'ont entendu leur vol
Froisser les cumulus, ni les navigatrices
En solitaire, ni les disciples du sol !
C'est pour toi ce vers fauve, insensible et violent !
Qui parle des nuées de fleurs bleues qui dévastent,
Tsunami magnifique, un rivage indolent
D'hôtels particuliers qu'accumulent des castes !
C'est pour toi la foudre et la neige et la tempête !
Autant que l'éclaircie et le ciel renaissant !
Pour toi l'homme phallique et toute ses conquêtes
Où scintillent encore et son glaive et son sang !
Pour toi le chaos, l'ordre et cette déraison
Qui noua l'homme au feu par un jour de colère,
Et la berceuse avec des accords d'oraison !
Si tu m'aimes, pour toi tout l'or que tu tolères !
En fait pour toi mon nom... C'est ma seule fortune...
Abondamment mon nom et quelques jolis mots...
Vois-tu, si je te dois ce que masque la lune,
Je n'ai que ça... Que ta place dans le cosmos.
Enfin qu'un genoux à terre, une rose en main
Et l'espoir d'être aimé simplement, et l'ivresse
De tes lèvres de vierge où se promènent maint
Arômes : Ceux de l'Eve et ceux de la Tigresse.
Rien que des mots tassés dans le sac d'une strophe
Enluminée alors que tu t'enfuis, alors
Que, m'ayant consolé parmi la catastrophe,
Tu me refuses, tu marches déjà dehors...
Tu t'en vas, tu n'étais consolante, après tout,
Que par pitié ! Ma douce et chère empoisonneuse
En me réconfortant tu m'as tordu le cou ;
Telle sainte d'un jour meurtrit pour être heureuse.
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