Où sont les guerriers ?

 

Où sont les rois?

 

Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?

 

Sofiane.

Mardi 12 avril 2011 2 12 /04 /Avr /2011 00:52
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

 

L'allumeuse.

 Tease Me by Kamster

Par Kamster

 

 

Quand je défleurissais encore un printemps vert,

Que le croissant de lune était plein de tristesse

La germe dansante a bourgeonné puis ouvert

Tout un bouquet cru de faunes et de diablesses :

 

Orchestrateurs puissants des hosannas sonores

Frappant le cuivre et l'or sur des chairs de taureaux

Exposées jour et nuit sous le soleil du nord,

Dures comme le cœur enlevé des bourreaux !

 

J'irritais pour toujours les chiens gros d'aboiements

Enlacés à Babel ; les crocs de Babylone

Qui se brisent au grand choc des quatre éléments

Et puis passent pour morts à l'ombre des pylônes.

 

Mais la rue a posé, là, devant mes orbites

Gonflées de pleurs brûlants ton visage fardé

De lumière et tes yeux presque d'alexandrite

Alors que je n'avais qu'un gouffre à regarder.

 

Tu m'as incarcéré entre tes doigts plus doux

Qu'un frisson de la soie en Chine ramassée,

Cautérisant les plaies des bracelets de houx

Et de la tiare acide à ma tête harassée.

.

Puis sur le bord de mer, au regard des étoiles,

Nous avons fabriqué de fabuleux baisers

Tandis que des bateaux d'argent montaient les voiles

Qui retiennent le vent des paradis osés.

 

Nous voici tous les deux face au seuil éternel

Des jardins bienheureux où s'écoule la sève

De l'amour rose, où le fruit pulpeux d'hydromel

Se cueille dès l'instant où l'arc-en-ciel se lève.

 

Que de profusion quand on aime ! Que d'heures

Tendres ! Que d'hivers chauds pour les fronts épaulés !

Que d'horizons prométhéens ! Dieu, que de leurres !

De chambres closes et d'oreillers dévalés !

 

 Pour nous, pour toi, j'écris sur les vides glaciers

La symphonie onirique des baronnies

Vaincues et ton prénom pour titre, or, extasiés,

Des oiseaux de papiers s'en retournent aux nids ;

 

Loin ! Si loin que jamais les îles migratrices

Aux insulaires nains n'ont entendu leur vol

Froisser les cumulus, ni les navigatrices

En solitaire, ni les disciples du sol !

 

C'est pour toi ce vers fauve, insensible et violent !

Qui parle des nuées de fleurs bleues qui dévastent,

Tsunami magnifique, un rivage indolent

D'hôtels particuliers qu'accumulent des castes !

 

C'est pour toi la foudre et la neige et la tempête !

Autant que l'éclaircie et le ciel renaissant !

Pour toi l'homme phallique et toute ses conquêtes

Où scintillent encore et son glaive et son sang !

 

Pour toi le chaos, l'ordre et cette déraison

Qui noua l'homme au feu par un jour de colère,

Et la berceuse avec des accords d'oraison !

Si tu m'aimes, pour toi tout l'or que tu tolères !

 

En fait pour toi mon nom... C'est ma seule fortune...

Abondamment mon nom et quelques jolis mots...

Vois-tu, si je te dois ce que masque la lune,

Je n'ai que ça... Que ta place dans le cosmos.

 

Enfin qu'un genoux à terre, une rose en main

Et l'espoir d'être aimé simplement, et l'ivresse

De tes lèvres de vierge où se promènent maint

Arômes : Ceux de l'Eve et ceux de la Tigresse.

 

Rien que des mots tassés dans le sac d'une strophe

 Enluminée alors que tu t'enfuis, alors

Que, m'ayant consolé parmi la catastrophe,

Tu me refuses, tu marches déjà dehors...

 

Tu t'en vas, tu n'étais consolante, après tout,

Que par pitié ! Ma douce et chère empoisonneuse

En me réconfortant tu m'as tordu le cou ;

Telle sainte d'un jour meurtrit pour être heureuse.

 

 

 

 

 

 

 


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Commentaires

Toujours le même souffle épique, même dans un poème d'amour ... C'est magnifique ! Toute mon amitié.
Commentaire n°1 posté par stellamaris le 14/04/2011 à 08h18

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