Les enfants de la nuit
Les autres
N'attendre que la nuit les yeux écarquillés
Sur mon ample tristesse ornementée d'un rire ;
Ayant surpris les mannequins déshabillés
Jusqu'à l'écorchement, baignés dans le délire ;
L'amer délire qui fait les derniers barbares.
Je les ai vu tuer mon courage d'enfant :
C'était un jour d'orage en berne, sans amarres,
Où mon âme s'ancrait aux récifs couleur sang.
Ils regardent danser mon cadavre anonyme
Que l'infernale foudre a déjà calciné,
Pratiquants sans regret du péché pantonyme
C'est angéliquement qu'ils m'ont assassiné.
N'attendre que la nuit ouverte comme un gouffre
Où tomberont les yeux débiles des badauds
Ainsi que ce long jour de fer où mon corps souffre
De nourrir les lazzis plutôt que les corbeaux.
N'attendre que la nuit, tête entre les phalanges,
Car je suis déjà mort étranglé par des anges...
Par thepunisher
"Délaissez-vous l'amour au point de ne plus croire ?"
Vociféra le prêtre, et c'est toute l'histoire.
Ma meilleure amie.
Je serai là
Toujours pour toi
Et blablabla...
Lorie.
Amie aux doigts si chauds, ô fleur endolorie !
Voici le bouquet d'herbe océane que j'ai
Cueilli, scaphandrier, sous les lunes de Mai
Édifiant sur l'onde un faisceau de féerie.
Barbant se lamentaient, à l'ombre des ferrys,
Les poissons de couleurs qu'un hameçon effraie...
J'ai plongé parmi les requins, peur de la baie,
Au regard carnassier d'éternels mal-nourris.
Et je t'offre, adorable amie et délicate
Fleur blanche, ce bouquet d'herbe pour revêtir
La pâleur de ta peau sœur de celle d' Hécate...
Éternelle amitié souhaite de revenir
Me jurer à voix basse en effleurant ma joue
Que ce qui rompt un lien n'est pas ce qui le noue...
Il avait quelque chose de Georges Clownesque...
Quatrième heure :
Les marais - Du juron - Le sauvetage - Elle s'appelle Jeanne - Sur la tyrannie - Un peu de sexe - L'arrestation.
Jack est dans un marais. Il s'enfonce à moitié. Il est ivre. Sa situation actuelle est absolument inexplicable. Ivre tout peut arriver : il est embourbé dans un marais, il pourrait être en train de manger des ramens tonkatsu à Osaka – mais je n'aurais pas pu suivre.
J'ai mis un temps fou à le rattraper ; le dernier post date du 28 juin 2010, 8 mois... Un quart d'heure dans la vie de ce personnage.
Et il brasse et il jure :
« Sur la cravate du petit neveu ! Qu'ils aillent frapper la tête de leur mère 90 minutes contre un mur en béton armé ces fils de pute de roseaux !
Puis :
De leur mère la pute empalée ! »
L'inventivité de ses jurons allait de pair avec son contrat avec le diable : un sabot et un talent quasi inutile à part chez les gens violents pour le prix d'un sabot ! C'était la promotion du jour.
« Les genoux de ta grand-mère sous un rouleau compresseur, là ! dégage putain de crapaud
de ton cul poisseux ! Mange tes morts les lépreux ! Va
bouffer de l'uranium ! Et toi qu'est-ce que t'as la boue ? J'te bute moi ! J't'enterre dans une cité sous-marine et j'dis à tes parents qu'tu te prostitues pour du Viandox dans une ruelle du
Texas ! Qu'est-ce qui t'arrive ? Mais qu'est-ce qui t'arrive ? Oh ! Sa race maudite par une pute de branche ! D'où tu m'reviens dans la gueule ? Vas-y là ! Où je suis ? »
Jack est désespéré. Et perdu. Ce qui ralentirait beaucoup la narration s'il n'était pas sauvé par la fille dont j'ai parlé précédemment. -Jack et moi ignorons son nom, d'où ce dialogue :
« -C'est toi Jack ? Demande-t-elle en le sortant du bourbier.
-Oui merci, euh... beaucoup !
-De rien, tu peux m'expliquer ?
-Oh... Non. Je suis un peu sec là, ça risque d'être chaud... La pouffe s'attendrit, elle croit que le destin les a rejoint. Jack reprend :
-Mais dis-moi t'habites loin, machine ? »
Quelle mégarde. Machine s'offusque : moi c'est Jeanne et va te faire foutre connard ! Elle commence à partir.
Néanmoins Jack est un félin de la pire espèce, de ceux qu'on ne peut pas détacher du regard, non pas de peur d'être tué mais pris au sortilège de la fascination ; qu'un seul être contienne à lui seul autant de montagnes de cadavres semble impossible. Impossible de l'impossibilité que revêtent les merveilles.
Jeanne n'en retrouvera jamais un comme celui-ci, il n'y a pas deux phares d'Alexandrie.
Et avec un « Jeanne, attend » il ne la fait pas attendre mais revenir au pas de course. Les tyrans comme lui enchaîne sans autre maillon que leur capacité à provoquer soit la détestation pure soit l'amour pur soit les deux. Jack est de ces tyrans qui ne veulent pas entendre parler de pouvoir.
Pourtant il se fait ramener chez elle et il la bouillave comme si elle devait en mourir. C'est toujours comme ça qu'il fait. Elles adorent.
Mais Jack a tué un paquet de flics et de civils en trois heures. On entend donc un « Rendez-vous, vous êtes cerné ! » qui n'arrête pas directement Jack dans son élan charnel. Il termine et prend une douche avant de porter un tant soit peu attention à l'arrestation la plus spectaculaire de la décennie, qui le concerne de prime abord...
Réplique culte : Tiens, tiens... on dirait qu'on a de la visite...
Lui.
Délicat à illustrer, on fera sans :
Il est jeune mais son visage apprend les rides
Philosophiques , dès qu'il fut émancipé
Il se mit en chemin de régions placides
Où le sort des héros n'est plus cruel et pipé.
Il ne cherche pas la lutte la plus sanglante
Mais sait la violence de sa rébellion,
Il est exaspéré devant cette mort lente
D'un peuple de bétail né peuplade de lions.
Il se balade où se perpétue la noyade
En bombant la poitrine, un sourire d'acier
L'illuminant, autour barbotent les naïades
Qui reconnaissent en lui le geste princier.
Il poursuit l'arc-en-ciel comme une belle proie
Qu'il clouera dans son cœur une fois capturé
Et l'or du leprechaun lui reviendra de droit
Pour qu'il mène, serein, une vie délurée.
Il est constant sur tout, malgré qu'aporétique :
Lui qui fantasme sur des bombasses de suif
Il n'enlace que des filles anorexiques
Jusqu'au bout du désir, en émoi sous leurs griffes.
Il sirote, en terrasse, avec un gros cigare,
Une bière d'un litre en quelques mouvements
De gorge. C'est un dur ignorant la bagarre
Tant sa façon d'agir est similaire au vent.
Il est amant d'un jour qu'on aime et qu'on oublie.
Ne l'attendez pas trop car il rentrera tard :
Il tient à s'exposer des heures sous la pluie
Pour réfléchir en pleurs au divin canular.
Il se pourrait qu'il meure au volant d'un bolide
Ou je ne sais trop où, perdu dans la douleur,
Dès lors il plisserait ultimement ses rides,
Couché sous l'arc-en-ciel en place dans son cœur...
Lui.
Spleen sans idéal.
Par Unquiet Spirit
Pour apprendre à m'aimer tu liras mon poème
Et tu verras que rien, vraiment, ne m'a sourit ;
Je ne respire pas bien, comme atteint d'œdème,
Et repu tel un roi je reste mal-nourri.
Tu sais, je marche seul par amour pour les autres ;
Fallut-il les blesser quand je fus coléreux ?
Il est des soirs sans fin où, piteux, je me vautre
Et implore un pardon en honneur onéreux.
L'horreur du bac à sable est là, depuis l'enfance,
A tout me rappeler par le biais du sursaut
Qui n'est pas motivé par la seule innocence
Mais par ces sentiments qu'adore le couteau.
Je suis prisonnier de mon machiavélisme
Et les obscurs chemins que je dois emprunter
Afin de mettre au pas mes vieux déterminismes
Sont semés de ravins matériels et feintés.
J'ai peur de trop me perdre au carrefour d'un livre
Et d'être embobiné par celui qui sait tout ;
De la rue ou des mots je ne sais pas où vivre...
Et si ce que j'écris ne valait pas un clou ?
C'est trop de gestes vains que la littérature,
Trop pitoyable de se prendre au sérieux,
C'est pour les bons à rien la fièvre des ratures :
« Quoi ? De la poésie ? Tu pourrais faire mieux ! »
Je n'ai pour plaire aucun fait évident, aucune
Réussite à montrer, je ne suis que néant
Qui hurle son néant comme un loup sous la lune
Aux talons des beautés, aux orteils des géants.
Je ne suis qu'un massacre inné, qu'une ecchymose
Qui cherche un peu de vie au milieu des tombeaux
Ou recherche la mort pour y trouver l'osmose
Impossible ici-bas, je ne suis qu'un lambeau...
Du tout à fait banal j'ai tous les caractères
Et l'image d'un clown qui se croit exclusif
Au pays des clowns colle à ma peau de misère ;
A quoi bon la porter comme un faix adhésif ?
Il me faut constater que rien ne s'améliore,
Que je serais toujours cette ombre de pantin
Qui jette au feu du soir ce que promet l'aurore
Aux reflets de l'erreur sur la pâleur du teint.
L'évidence c'est que je suis plutôt indigne
De me réclamer de l'ancienne grandeur
Alors que l'avenir au lointain me fait signe :
Tu n'iras pas plus loin que ta place à cette heure.
Je n'irais nulle part où règne la lumière,
Je suis fait pour la nuit, je suis fait pour la nuit ;
J'ai perdu mes combats, je ne fais pas le fier ;
L'échec m'écrase et la lourde peine le suit.
Je n'irais pas plus loin que le règne de l'ombre
Mais j'irais partout où m'emporte la bohème
Et je ne pleure pas dans le rêve où je sombre :
J'ai perdu mes combats pour gagner le poème.
Les fous de la nef.
I
Usez de seaux, videz vos injures au seuil
De l'hôpital où, trous béants sans fond, voraces,
Les avaleurs d'éther, en bavant aux terrasses,
Défèquent l'infini sans songer à l'écueil
Qui vous attend ! Videz, badauds de sainteté,
Votre peu de valeur contre ceux qui vous nient,
Ceux-là – les arriérés - qui pleurent la sanie
De la blessure humaine en train de fermenter.
II
Ils ont... nous avons (j'en suis) longuement chialer
Avec un rire atroce aux lèvres - délicates :
Trop pour un baiser - dans le secret des pénates
Et des cachots lointains où nul sain n'est allé.
Pourquoi, dans cette place où vont mourir les gens
A force de plier sous un ciel fait de marbre
Nous voit-t-on différents dès qu'on murmure à l'arbre ?
Nous qui ne parlons qu'aux arbres intelligents ?
Ah ! Puis nous hurlons : Foutre ! Salope ! Cageot !
Nous hurlons ce qui vient abraser notre bouche
Dès que l'insupportable retenue accouche
Du legs de Tourette en d'impitoyables mots.
Et nous chantons ! Je chante en éreintant ma voix
De l'Opéra, messieurs, des cantates magiques,
Ou du rap incisif plein d'un souffle tragique
Qui donne à la mâchoire une fureur de roi !
Pas pour vous, les connards ! Pour vous pas un seul chant
Émanant de la fleur ne vaut que l'on se penche
Afin d'écouter, dans un monde qui calanche,
Une seule fois la vie allant ! S'élevant !
Nous sommes heureux ! Na na ni na nère ! Et nous
Achevons l'immense œuvre où l'inintelligible
Se ressent, se promène et n'est pas si terrible...
Car nous ne savons pas pourquoi nous sommes fous.
III
Jaillissant des parois nous avons vu des hydres
Sans yeux ni bouche, laids tels des enfants maudits
Envahir les couloirs glauques de nos taudis
Quand nous mélangions l'absinthe avec le cidre.
Il apparaît, souvent, autour de nous les ailes
Décomposées d'oiseaux d'eldorados tombés
De leur nid délicat, la poitrine plombée,
Pour nous en prémunir nous chérissons l'ombrelle.
Parfois nous sommes nus au milieu des parures,
Peut-être rêvons nous d'un beau kalachnikov
Ou des embrasements d'un cocktail molotov...
Nous sommes enchantés par le bruits des fractures
Mais nos cœurs sont fondus d'innocence et de rêves.
Pourtant, intermittent, le désir de la mort
Nous attrape la gorge, nous serre, nous mord
Tant que nous éructons le souhait noir d'une trêve :
Crever ! Ne plus sentir l'amertume des larmes
Éroder et cerner notre visage froid
A la brise assassine et qu'un ultime toit
Soit notre trône de noble sans nom, sans armes.
Vous êtes des vautours et nos charognes blanches
Sont le repas frugal que vos vieux estomacs
Se font comme du pain ! Oui ; nommez les traumas
Et les syndromes : nous nous en frappons les hanches !
On s'en tape de vos morales sans morale
Et nous ne mourrons pas faibles à vos talons !
Demain l'embarquement pour les grands aquilons
Sur la nef des tarés assouvira nos dalles !
IV
Et nous voilà partis, vainqueurs des vents légers,
Au roulement du ciel intense et titanesque
Nous répondons des cris de singes agrégés
Et des chansons sans mots, au rythme barbaresque.
Biturés par l'envol nous titubons pourtant
Nous semblons des danseurs ; on tournoie ! On tournoie !
On se heurte, on repart dans quelque tournoiement
Sidéral au dessus d'un océan de soie
Qu'un cumulostratus étend sous notre nef !
Nous empruntons enfin la route théorique
Qui mène vers l'idylle ; en passant : notre chef
C'est le roi des soleils au coeur atmosphérique.
La route est longue mais la route se finit...
Nous savons mieux que vous où lancer nos amarres,
Si c'est de raison que nous sommes démunis
Ce n'est pas d'un endroit où trépasser, hilares.
La route s'allonge et les chants dans leurs échos
Creusent parmi les nues quelque tombe sonore
Quand le premier entrain se fait premier repos
Afin qu'y dorme le premier des amis morts.
La route est meurtrière et les sodas sont bus,
Le gaz nous fit roter des sifflements d'aigrettes
Et nous pétâmes tant qu'aux gueules des carbus
Nous « flatulions » le chœur qui pulsait notre fête.
Mais plus de gaz, ni chant, ni rien d'aventureux !
Que la route à travers une brume ennuyante
Et le plancher de la nef se montre poreux
Sous nos pieds maltraités par l'étoile fuyante.
Il ne reste de nous que les plus convaincus :
Pas grand-chose ; une équipe affalée, triste et sale,
Assise depuis longtemps ; n'ayant plus de cul
Comme une statue grecque érodée, au teint pâle.
Mais c'est à nous que se réservent les confins
Du voyage : à nos yeux comme une île incertaine
Se présente...Voici la chair pour notre faim !
Voici le paradis ! La mise en quarantaine !
Ayanami Rei.
Ô reine Ayanami gavée d'analgésiques
Combien de sang choira durant ta mission ?
Tu sembles morte (un peu)... Serais-tu nostalgique
De l'enfant charcuté que tu fus ? Dérision
Biblique que ta vie, ô déesse anémique !
Tu pars le glaive au poing à bord du galion
Humanoïde Eva fait de chair mécanique :
Ce vaisseau que l'on nomme un Evangelion.
Tu pars égorger l'ange horrible revenu
Sur la terre, toujours étrangement perdue
Aux pleins feux du combat avec ton cœur à nu.
Rei, tu me sembles morte alors pourquoi mourir ?
Ton âme coule de ta poitrine fendue
Comme si Longinus manquait de s'y tenir...
Le minimum est de dire que Longinus est une lance, lance qui porte le nom du centurion qui a éventuellement transpercé le Christ, avec une lance donc. Dans Evangelion les pilotes font donc figure de martyrs à mes yeux, il me semble que ça se comprend assez vite...
Bitches.
Par Sunzhine.
Nous, pour leur gros chagrin, nous invoquons la chair
Sur cet élancement du galbe de nos jambes :
Ces deux aimants odieux où leur regard se perd,
Magnétisé, puis d'un coup se révulse et flambe !
Toutes les rues où nos célestes escarpins
Ont frappé du pointu nos pas de ballerines
Sont, de nos jours, encore embué du matin
De la Beauté que nous semons parmi les ruines.
Toutes les boîtes de nuit où nous scintillions
En imitant la danse avide des tigresses
Prêtes d'aller chasser sur la terre des lions
La proie au goût divin de force et de faiblesse
Sont des lieux que l'on dit soudain phénoménaux
Où sous les grands néons fleurit la minijupe
Dont la courbe saisit les seigneurs animaux
Qui, pétris de fierté, meurent au jeu de dupe.
Par le Japon, par le Kosovo, de partout
Nous alimentons l'air d'érotiques effluves
Qui font de tel cerbère un fidèle toutou
En drainant sa vitalité comme une étuve.
Nos parfums font des fous qu'il faudrait interner
Et des saouls ivre-morts qui sont nos marionnettes
Amorphes dans l'extase et forcées d'incarner
Les troupeaux flagorneurs qui nous sacrent vedettes.
Nous sommes belles, trop pour un seul amoureux,
Un petit maquereau pris dans nos jarretelles
Qui se débat pour mieux s'étouffer d'être heureux
Ce n'est qu'un parmi cent : nous sommes les plus belles !
Les magasins sont là pour nous ; pour nous vêtir
De résille en satin et de luminescences
Sans conteste jolies, aux couleurs du désir
Et du charme blutés jusqu'à la quintessence .
Nos rêves sont remplis d'or et de vêtements,
De voitures de luxe et d'immenses piscines
Que l'on veut voir jaillir de notre entêtement
De divas sans le sou mais avec la poitrine.
Nous savons bien des mots pour renvoyer les mecs
A la barbarie, à l'outrance sanguinaire,
Comme un fouet notre clin dévaste d'un coup sec
Ce que le mâle a de raison et de colère.
Et tout ce qui l'attend c'est l'illusoire instant
Alors qu'il ne s'attende à frôler notre bouche
Qu'au prix irrémédiable et pesant de son sang...
Moins cher que pour entrer au sein de notre couche.
Nous arpentons le songe où le pubère amer
Travaille comme un art son secret onanisme
Parce qu'il nous a vu de face et de travers,
Que, dès lors, il s'est cru piégé dans un séisme.
Nous, de nos ongles bleus, nous traçons sur la peau
Les rougeâtres tranchées que portent nos esclaves
Afin de les marquer violemment du sceau
De notre bon plaisir - ce d'un geste suave...
Il faut nous aimer tel qu'un amant qui combat
Jusqu'à la mort, hué par le ciel et la foule,
Et dont le dernier souffle tandis qu'on l'abat
Sert pour notre nom : qu'on nous aime et qu'on s'écroule !
Il faut nous aimer, il faut nous aimer toujours !
Car un jour viendra qui ne nous montrera belles
Qu'au regard du poète et quand viendra ce jour ;
Que nos grâces d'enfants deviendront maternelles,
Pour l'avoir fait subir nous subirons l'amour.
Shut up.
Les bêtes du silence
Au coeur de porcelaine...
Bernard Lherbier.
Soyez silence sons, retournez aux coulisses
Et départez vous de la surprise du choc
Dans l'eau calme où déferle un gigantesque roc
Qui vient claquer le lac où voltent mes délices.
Plus clair qu'à l'oreille où les affabulatrices
Ont chanté la promesse avec la bouche ad hoc
Le bruit de la fiction tout l'univers d'un bloc
Se fracasse à mes yeux en milliards de matrices.
Motus de galerie ou de bibliothèque
Comme un brouillard tapisse autant cette rumeur
Du monde que ces hauts cris d'australopithèque !
Définitivement : chut !... On vit un slammeur
Héroïque aller sur les lames de la scène
Prouver en se taisant que parler est obscène.
Par xMelissa.
Délirium gras.
( pas tremens en tout cas )
Ecriture Beretta : semi-automatique.
Ceci n'a aucun sens, ou plusieurs...
Vermeil ! Candeur de l'ange auréolé d'ivoire
Sain. Tel dramaturge a, dépenaillé, couvert
Les larmes. Dynasties de rois dans un miroir
Dressé dans mes deux mains dont frissonne le verre...
Otez-vous du chemin mornes éclats de sang !
Demain l'Éden sera, demain l'Éden absent
Dominera le monde avec son châtiment !
Parlez, charmes perdus, dîtes, défenestrés,
Quel bal à la Carrie a teinté votre face ?
Non, vous ne savez pas, bals, oui : vous ignorez
Ce que c'est d'être seul à mordre sa carcasse !
Tristes soirées de fête où glissent les foetus
Aux toboggans malsains... qui gagne à la Pyrrhus
De l'amour en jurant : On m'aime ! Et Mordicus ?
Bah ! Les jolies scories ! Bah ! Les élégants mâles !
Qui veut mourir pendant au marbre du fronton ?
Quel charmant travelo, ces filles anormales,
Susurre à mon oreille, ivre, en baissant le ton :
Viens, poète, embrasser la framboise ambiguë,
Viens cueillir les filons de la mine exiguë
Que je t'expose. Viens goûter la grâce crue !
On ne sait pas... Le soir aux couleurs de la jungle
M'a cité quelques vers. A-t-il su les remous
Que roulent l'Hespéride au rouet sans épingle ?
Sait-il pour quel crime on se souviendra de nous ?
Il ne sait pas, j'ignore absolument : j'ignore !
Ce que je lis me dit que j'ignore, ai-je tort
De vouloir réveiller ce beau monstre qui dort ?
Rappel :
Stéphania remeat.
Quin recessit...
On s'abîme... Au dessus de nous les oiseaux jasent...
L'ombre des ailes noie peut-être pour toujours
Nos rêves crus et nos cris dans l'eau de nos vases,
Étouffant nos deux cœurs dans le même velours...
L'orgue désaccordé tempête l'hallali
Au céleste Opéra. Tu l'entends... tu pâlis...
Notre grâce fêlée appelle à la brisure !
Pour se remémorer le plus sordide instant ;
L'instant trop cruel pour en prendre la mesure,
Il suffit d'un silence au détour, insistant.
Tu l'entends, tu pâlis. Je te jure à genoux
Que pour vivre ici-bas il faut être un peu fou.
Délivrés de coffret j'ai pour toi l'émeraude,
La terre pure, l'or, le sang et l'hélium :
Toutes les raretés que le monde et la fraude
Offrent ! Pour toi je meurs en plein Coliseum !
Il faut être un peu fou, voire totalement,
Car je suis fou de toi, c'est tout : éperdument.
You drive me crazy par BenHeine
Facebook Schizophrénia
Les ondes assidues énervent les neurones
En fuite, on parle peu dans la rue ou le bar...
On parle peu. Le pire : on pense pas le quart !
Il nous faut, pour parler, la distance des trônes.
Tout ce que l'on raconte on le raconte atone
Par interposition d'écran et d'avatar :
Ce « Je » sanctifié dont on est le bâtard.
Non, nous ne parlons pas... sinon au téléphone.
On dit comme on a chaud, on dit comme on a froid,
Et l'on veut que ça reste ! On donne l'importance
Du miracle au stérile ; on le veut, on y croit !
On ne parle plus que pour dire l'évidence
Et le discours s'efface en plein cœur du discours !
Dire qu'on va pisser, attendre des retours...
On communique enfin entre nous, terriens
Qui depuis si longtemps attendaient la rencontre
Universelle, enfin on fait passer la montre
Après le mètre ; allons : Chinois ! Algériens !
Le monde est avec vous pour briser vos liens !
Les peuples c'est le peuple unique et il se montre
La voie ! Et ce chemin ne se brise pas contre
Les montagnes d'argent, d'armes et de chiens.
C'est écrit « Liberté » sur un écran commun,
Et parmi les circuits brûlants on sent comme un
Vent qui porte ce nom et ce nom nous emporte !
Que le cheval se tourne et le rêne est rendu.
Il se peut, Aragon, que le jour attendu
Par tous les dominés se trouve à notre porte...
C'était pas l'avenue... (mais alors pas du tout).
C'était pas l'avenue, orgueil des grandes villes,
Que trace le platane en allant jusqu'au loin
Que j'ai trouvé jolie - on m'appela « babouin » ;
Les arbres je m'en fous, vraiment, c'étaient les îles
Jumelles de tes yeux qui m'ont désemparé.
Sur quelle mer t'es-tu, plus jeune, accaparé
De ce double miracle armant mille vertiges
Qui ramènent au feu les gars désespérés
Que l'ombre aimée oblige à contempler la tige
Sans connaître la fleur en les nippant du vol ?
J'ai pu goûter tes yeux ; c'était bien de l'alcool,
Le plus fin, le plus pur, j'en garde la mémoire
A la trachée, au cœur ! J'ai pu goûter deux bols
D'absinthe, de tournis fugitif et de moire !
Miam... assaisonné par un zeste de khôl.
C'était pas l'avenue, mais alors pas du tout.
Par aL-baum.