Où sont les guerriers ?

 

Où sont les rois?

 

Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?

 

Sofiane.

Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

Mercredi 2 juin 2010 3 02 /06 /Juin /2010 03:21
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

La comptine des trois jours :

 

 

Three_by_Archosaurian.jpg

Par ~ Archosaurian .

 

Le temps détale
Et que veux-tu?
Vivre sans mal?
L'homme s'y tue.
Le temps détale
Loin, dans la rue.

J'ai si peu accompli et j'ai rêvé un monde...
Qu'étais-je? Un effaré aux larmes plein les yeux,
Un enfant du silence entre les têtes blondes
Et les cendres dans l'urne où frissonnait le feu.
"Emporte moi, vélo, où la route est légère!
Eloigne de mon dos la gorge des mégères!"


C'était tous ces printemps où je me suis perdu
Entre l'oeil des liqueurs et la bouche des femmes,
C'était tous ces étés où j'ai laissé mon dû
A l'entrée du bonheur ; mon dû avec mon âme.
Assez laids souvenir amoncelés en moi...

Le destin m'a parqué dans l'enclos de sa loi.

.

Le temps détale
Et que veux-tu?
Vivre sans mal?
L'homme s'y tue.
Le temps détale
Loin, dans la rue.

Je n'ai pas, pour unir un peuple de rebelles,
Assez de majesté ni de couronne au front.
Mon maigre baluchon c'est le pays du ciel
Où dorment les titans dont on oublie le nom,
C'est les mille trottoirs qui ornent mes souliers
C'est un receuil, l'azur, trois sous et un boulier .

Ma seule activité c'est le songe et le deuil,
De quel apitoyement dois-je souffrir encore?
Le poète sculpte : il paufine son cerceuil
Et il chante la vie tant qu'il aime la mort.
Je chante, solitaire. Ô limbes désertées,
Et, ivre, je songe à vos portes écartées!

Le temps détale
Et que veux-tu?
Vivre sans mal?
L'homme s'y tue.
Le temps détale
Loin, dans la rue.

Lieutenant d'oeuvre au blason blanc
Donne ton nom, ton matricule,
La route, si le monde est grand,
Qui mêne à toi et le calcul
Qui sort de l'ombre le forçat ;
Combien le maître déboursa?

Je construirai un édifice,
Je le promets, Elisabeth,
Avec ton nom au frontispice
Et la ronce liée à la tête.
Aujourd'hui demain et hier
J'entend, parfois, ce drôle d'air :

Le temps détale
Et que veux-tu?
Vivre sans mal?
L'homme s'y tue.
Le temps détale
Loin, dans la rue.

Loin dans la rue le temps détale.

 

 

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Par ~ iahveh.


 



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Mercredi 2 juin 2010 3 02 /06 /Juin /2010 03:03
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

Loin.

 

Ô cerveaux enfantins !

Pour ne pas oublier la chose capitale,
Nous avons vu partout, et sans l'avoir cherché,
Du haut jusques en bas de l'échelle fatale,
Le spectacle ennuyeux de l'immortel péché.

Charles Baudelaire : Le voyage.

 

Flanc de montagne
Et fuite du sort,
Cocagne

Et rêves d'or...
Plantons la flamme là!
Encore :

Le coeur si las
Et à l'âme l'ennui,
Voilà.

Partout la nuit,
Au fronton altier rien
Ne luit,

S'en aller loin
Ô délit de bonheur!
Quand bien

Même! Douleur,
Le seul sel d'horizon!
Les heures

Sans un frisson
Fleurissent... fane espoir!
Prison

De ciel! Baignoire
Où navigue l'humain
Pour boire

L'immonde vin
De ta sueur et tout
Est vain.

Tu es partout ;
Aux traces de mes pas,
Surtout.

Au sillon du compas.

 

 

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Par =Lauraneato.



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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 18:08
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

Le poème à celle qui n'est pas.

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Par ~nalanece.

 

Je t'écris, mon épouse invisible au présent ;
Ton nom flotte au soleil,
Ce billet vaut l'amour car je n'ai plus treize ans
Et tu noies mon sommeil.

Mes nuits sont apeurées à l'idée de te plaire
Ou de te dégoûter,
Je suis au coeur d'un vent aux cent mille contraires
Et le seul envoûté.

Car où existes-tu sinon dans les nuages?
De l'endroit d'où je t'aime
M'entends-tu? J'ai si peur de gâcher tant de pages
Et autant de poèmes...

Peur d'offrir à mon rêve un empire trop grand ;
De te voir à son trône,
Peur de te dévoiler l'odieux dans l'arrogant ;
Le démon dans le faune.

Peur de voir s'effacer la promesse tenue
A la gomme du temps,
De te perdre en chemin, au seuil des arbres nus
Lorsque meure un printemps.

J'ai peur mais je t'écris ces quelques vers encore
Qui s'avouent destinés
A toi aux yeux de nuit et aux paupières d'or
Closes et satinées.

A toi, sans nom, depuis que je t'ai rencontré
Au carrefour d'un songe ;
Sur la voie carmin d'une onirique contrée
Où l'aigle de feu plonge.

Béni soit l'avenir par tout ce qui bénit!
Dieu? Le diable? Qu'importe
L'omnisciente entité qui te, par son génie,
Placera à ma porte!

 

 



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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 05:57
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

Et alors?

 

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Par *UdonNodu 

 

Je ne suis pas très classe ;
Je parle mal ou peu
J'ai aux sourcils la glace
Et aux lèvres le feu.

Je mange sans serviette
Et dans l'oubli des gens,
Dans l'oubli de l'assiette
Et du couvert d'argent.

Je chante sans musique
En marchant dans la rue,
J'agace mon public
Et l'on me tire à vue.

Ma rétine a rougi
Aux flammes du hashish
Et dans mon dégoût gît
La lueur des affiches.

Mon pantalon a l'air
D'avoir vu les grenades
Et souffler la colère
De dieu sur l'esplanade.

Je porte une crinière
Toute désordonnée,
Je dors dans la civière
Quand j'ai un coup au nez.

L'échec est mon sillon
Et mon chemin de croix,
Je fuis les papillons
Et leurs cocons de soie.

Je n'ai rien pour séduire
Et pourtant j'aimerais
Ce soir vous reconduire
Car mes yeux disent vrai...

 

 



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Dimanche 9 mai 2010 7 09 /05 /Mai /2010 06:13
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

Le poème à celle qui vit.

 

A celle que j'aime peut être...
Le train déjà quitte la gare
Et j'aperçois de la fenêtre
Une perle dans ton regard...

Je m'en vais le temps d'un voyage,
Te savoir loin est impossible ;
Je ne verrai que ton image
Au fronton du ciel impassible.

A toi qui un jour m'a parlé
Et, d'un seul mot, tu mes souffrances,
Pour toi j'ai su mettre à part les
Vœux vidés de l'or espérance.

Qu'as-tu perçu dans l'œil farouche
Que je dressais face à la foule
Pour soudain approcher ma bouche
Et semer ce qui en découle :

Graine d'amour et fleur de muse !
Un détail, un instant m'inspire...
J'écris trois vers et ça t'amuse
Car tu sais comment je respire.

Tu sais d'où je viens et quel gouffre
J'ai dû parcourir en tremblant ;
Je sais d'où tu viens, que tu souffres,
Que tes yeux ne font pas semblant.

Même la mort ne brisera
Pas notre amour. Si je pars en
Premier on se retrouvera ;
Nous qui devions être parents.

 

 

Parent_Child_by_Innocently_Corrupted.jpg

Par~innocently-corrupted

 

 



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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 05:08
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

L'homme d'hiver.

Winter_by_marquis73.jpg

Par ~marquis73

 

J'irai, le temps venu, affronter les hivers,
Ces saisons de métal et filles de Norvège ;
Mon poing s'est refermé, mon crâne s'est ouvert,
Janvier sur ma cervelle a pleuré de la neige.

Je ne sais que le froid et la brume du nord,
Que le fleuve gelé où dorment les cellules
Et, témoin de ma vie, si j'ignore la mort
Je sais le tunnel noir dans lequel on recule!

Quel éternel viking m'a maudit au hasard?
Quel roi du Valhalla a tracé sur mon front
La rune convoquant la glace et le blizzard?
A quelle heure poindra l'affront contre l'affront?

Quel jour, de son rideau, annoncera la scène
De l'homme face aux dieux qui demande justice
Pour sa malédiction et le sort qui l'assène
D'une tumeur d'exil boursouflée de supplices?

Je suis l'homme d'hiver et aucune saison
Ne caresse ma peau quand apparaît son tour,
Mon chemin est gelé, si loin soit l'horizon,
Et d'un dernier baiser j'achève mes amours.

Je cherche la fosse où gîtent les derniers dieux
Mais j'erre pour errer, ils ne sont nulle part...
Existent-ils encore? En est-il, parmi eux,
Un pour rendre l'iris au blanc de mon regard?

 

 

 



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Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /Mai /2010 05:33
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

Les enfants de la nuit.

Je reviens de la nef où l'orage est éteint,

Demoiselles d'avril, je n'ai que l'ancolie

Et le chrysanthème à vous offrir de mes mains

Dans ce songe d'enfance au déluge aboli.

 

Peuple qu'un cauchemar éloigne de son lit

Saches que Nix, un jour, reconnaîtra les siens.

 

the world of sorrow by webby85

Par Webster.

 

L'ermite d'à côté.

  

Me voici seul au monde et coule la prière
Dans un ciel alourdi de nuages hantés
Par un je-ne-sais-quoi aux reflets argentés,
La folie? Je l'observe au creux des meurtrières

Qui terrée attend que se brise la lumière.
Humain ne chante plus : tu ne sais plus chanter.
Le souffre en ton coeur
a longuement décanté
Et tu palpes, perdu, la seconde dernière
.

Le fronton du vieux temple est souillé de peinture,
De blasphèmes inscrits et cette forfaiture
Se solde dans la fuite autant que dans l'oubli.

Comme le prix du sang se facture au hasard,
Que le cerveau humain se perd dans ses replis ;
Délaissez votre rêve à l'entrée du Bazar :

 

 

 

Le forçat qui ne saurait pas voler un vélo.

 

J'ai enchaîné mes bras pour la nuit à venir,
Sur la chaussée l'honneur implore son vaisseau,
Revoici la torture au soleil des faisceaux ;
Le lieu où le passé tord ou noie l'avenir ;

L'enfer dissimulé où  vivre et s'abstenir
Avant le dernier souffle et l'ultime sursaut ;
Où l'âme, l'âme nue se disloque en morceaux
Au fil de chaque année -Il faut se contenir-.
 

 
"As-tu toujours l'échine apte à te tenir droit
Où t'es-tu affaibli à battre le silence,
Damné des fleuves d'or sali du sang des rois?

Pleure tant que tu peux tes larmes de victime :
Il te tendrait le flanc, je te tendrais la lance
Que tu aurais cent fois amélioré le crime."

  

 

Drague et overdose.

 

Elle a cerclé de noir sa pupille tremblante
Et chaussé l'escarpin d'où l'oeil domine tout
  La foule? Elle entendra  qu'elle est belle partout ;
Ce que pense la foule est sa peur affolante.

Qui aime-t'on ce soir ; est-ce la plus galante
Ou la plus avinée aux canines de loup?
L'aube révêlera ce qu'encombrait le flou :
Au fracas de l'oubli les larmes sont sanglantes.

Le serment contrefait est un lointain plaisir...
Une escale à l'hôtel anihila le voyage!
Le mât, d'un seul bostryche, entier s'est vu moisir.

Elle dansera seule en sa robe de bal
Et lui, seul, les yeux clos sous la pierre tombale
Sans avoir morcelé le faix qui se partage.

 

 

Le diable 2.0.

 

L'enfant a revêtu la robe d'hyménée
Mais qui l'embrassera? Aux noces l'hallali!
Qui, honteux et sanglant, la portera au lit
Percé de toutes parts et toujours condamné?

Un baiser? Il sera cent fois guillotiné...
Ô chimère nuptiale! Implore la folie
Sous la lame pendue quand un peuple impoli
S'esclaffera de voir un homme assassiné.

Le crime dominant ne se conteste pas!
Donnez à l'enfer neuf le sang de cent repas
Un crime vomira demain vos sacrifices!

Ces bourreaux assidus du bourgeon amoureux ;
Nul possédant un coeur ne pleurera pour eux,
Qu'ils soient frêres, cousins ou même qu'ils soient fils.

 

 

Où sont les filles?

 

L'impuissant infertile, attendu au tournant,
Trouvera de l'amour dans l'ignoble marché.
Sans cesse le désir et sans cesse marcher :
C'est l'oeuvre de ses nuits et le noeud du tourment.

Madeleine en corset, hétaïre en bottines;
Que feras-tu pour lui qui n'a que ses dix doigts?
Tu sais combien il souffre et combien il te doit ;
N'en fais pas ton enfant dans l'antre où tu domines.

Lui pleure aussi, sans doute, inconnu de la chair
Il a l'âme brisée, là-bas la colle est chère
Entre un sein dégonflé et un ongle baroque.

Cherche ta coupe rouge et ta pierre changeante,
Tu sauras les trouver dans les détours du troque
Où sont au même stand les choses différentes.

 

 

Tant va le mec ligoté à l'eau qu'à la fin...

 

"-J'ai un savoir à vendre en forme de sermons.
-Soyez précis et bref, mettez vos deux lunettes!"
 Chaque prince, là-haut, invoque une allumette,
Qu'importe son château et l'or de son blason.

Frottera-t'il au fer du peuple son affront?
Septembre, à l'agonie, fera pleuvoir les têtes
Et l'horreur du conflit étendra la conquête
D'un géant écoeuré qui frappe ses poumons.

Cornez-moi cette page et puis qu'on en finisse!
Qu'on la tourne en chantant pour le bien de nos fils
Et de nos filles, hier était hier et sans fin.

Où donc est l'abondance et l'amphore d'ivoire?
Crépuscule attends-tu le minuit de l'Histoire
Pour reprendre à Mercure un peuple de défunts.

 




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Samedi 3 avril 2010 6 03 /04 /Avr /2010 08:24
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

En nous, au fond à droite.

 

La_floraison_perverse_by_Arkham_Deadfly.jpg

Par ~ Arkham-Deadfly

 

J'aime la rose obscure et le noir sucre d'orge...
La mauvaise pensée et le mauvais penchant
Toujour sont à l'écueil pour psalmodier leur chant,
Désireux d'un baiser pour m'entailler la gorge.

Si c'est de la faiblesse? Ou pure cruauté?
Si c'est l'instinct du vice ou la dépravation?
 Le maigre fondement ou la dégradation
Ou l'enfer invaincu mis sur le bas-côté?

La réponse est ailleurs, au delà du désir :
Je ne veux pas manger le bonbon monstrueux
Ni jeter à l'égout la fange du plaisir ;

Je la sens en mon âme et cela me suffit,
J'aime la rose obscure à caresser des yeux,
Je ne l'ai pas touchée et honte à qui le fit!

 

 

 




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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 16:02
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

Medal of honor :

 

Wolf by snosnke0321

Par ~ snosnke0321

 

Viens pour baiser mon front qu'aucun sol n'a heurté
Qu'humecte le poison extrait de mon esprit ;
Ce remord suppurant quand je suis entrepris
Par l'introspection qu'inflige la fierté.

Ce front là qui rougit du flambeau dévolu
Par les larmes de feu de toute une lignée,
Par l'histoire de sang qui me fut assignée ;
Ce front lourd sous le faix des âges révolus.

Ce front se veut loyal alors adoube-moi,
Scelle autour de mon cou le sceau de double loi ;
La loi de tempérance et la loi de rigueur

Pour que je ne sois plus un chien mâle égaré
Mais un loup solitaire à l'unique vigueur
Qui laisse le fusil et la lune effarés.

 

 



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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 14:29
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

Les tromperies d'hiver.

 

lovers_by_spokojnysen.jpg

Par ~ spokojnysen

 

Lourde chanson d'avril au rythme des grêlons...
L'hiver remet son crâne en sa capuche blanche
Et repart dans sa nef de givre et d'avalanches,
Un cerisier saignant refuse ses greffons.

Le chevreuil s'en retourne à sa forêt natale
Et les hôtels de passe où couchaient les amants
Se vident de l'Eden inscrit au firmament 
Qu'ils touchaient de la lèvre en étouffant les râles

Poussés par le plaisir avec un oreiller...
Condamnés au silence! Ah! Pauvres effrayés
Qui jouissez loin de l'oeil possessif et jaloux

De vos femmes trompées, de vos époux trahis
Qui semblent observer tout le temps et partout
Si leur mariage est mort, si l'amour a failli.

 

 



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Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /Avr /2010 06:13
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

Incantations - VIII :

La plaine.

 

Po plain by sefkatislegen

Par ~ sefkatislegen

 

Voici l'herbe levée par la brise du nord
En tapis de verdure infini. L'horizon
Courbe son grand dos nu sous la poussière d'or
D'un soleil maladif rêvant de guérison.

Au milieu de la plaine étendue la rivière
Coule vers l'océan sans un dénivelé,
Elle apaise la soif du daim, la lavandière
Y noie le vêtement et le savon mêlés.

Dans cette pampa le cheval aux crins noués
S'enivre de poursuite et de puissant galop,
Il n'a pas un gaucho pour être dévoué
Ni de fer à clouer pour durcir ses sabots.

Le blé a du lingot la précieuse couleur,
Il chatouille l'épaule et fait de beaux épis
Et chaque cargaison lancée par les haleurs
Sur le fleuve en chantant est dense et bien remplie

De cette céréale. Ô plaine nourricière!
Mère qui nous apporte, à nous : engeance humaine,
Le blé à ramener à l'état de poussière
Sur l'autel de la faim. Je te remercie, plaine!

Je sais ; j'ai beau courir vers ton extrémité,
Il n'est nulle forêt qui se brise à l'orée ;
Plaine je peux courir jusqu'à l'éternité
Vers plus belle que toi pour pouvoir l'adorer!

Sur ton ventre couché, où paissaient  les troupeaux
Sous le regard du jour, je pense l'infini
Que tu sais m'inspirer quand l'ignoble oripeau
S'est ôté de mon corps après l'avoir terni.

Je me dis que les champs qui forment ta surface
Donnent tous sur le ciel ; tu es l'unique endroit
Où je ne peux masquer ma nuque avec ma face
Du regard de nos morts qui furent gueux et rois.

Je me dis, plaine immense, ainsi que le berger ;
Que le bétail naïf qui t'es abandonné
Croquera, c'est certain, perdu dans un verger,
La chair et boira l'eau du fruit empoisonné.

Je me dis, plateau où fanent les fleurs des champs,
Tapis de l'abondance et carrefour des vents,
Que pour toi ce bétail peut être plus méchant
Que le loup car il est herbivore et mouvant.

 

Random plain by OneMinuteSketch

Par ~ OneMinuteSketch

 

 

 

 

 

 

 



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Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 04:24
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

L'hippocampe et le poisson :

 

naruto_and_sasuke_by_sharingandevil.jpg

Par ~ sharingandevil


C'était dans une mer qu'un astre contenait
Où le corail brillant sous le jour qui renaît
Et sous le bleu nocturne éclairait des tribus
D'êtres marins divers ; quintessence et rebut.
Ils étaient deux amis dans le pays de vase
Qui tapissait le fond et structurait la base ;
Le peuple sans destin, sans rêves à cueillir :
Ce peuple qui n'avait rien pour s'enorgueillir.
L'un était un poisson et l'autre un hippocampe,
Tous deux étaient de l'ombre et les feux de la rampe
Ne les fascinait pas, pas plus que le pouvoir ;
Ils étaient juste amis, voulaient juste se voir.
Ils grandirent donc au bas de la grande échelle
Sans souffrir car le temps, ce lâche et ce rebelle,
Passait pour eux ainsi qu'un long jeu où la règle
Était de ne mourir ni dans le bec d'un aigle
Ni dans les pattes d'un crustacé prédateur
Ni séparés de l'autre ; ainsi passaient les heures.
Et lorsque l'âge fou où toute autorité
N'est là qu'en tyran au règne d'iniquité
Ils se firent plus forts et voulurent partir
De leurs fond dégouttant où les os de martyrs
Et les arrêtes des prolétaires marins
Jonchaient de toutes parts leur sentier quotidien ;
Ils voulurent aller ailleurs sans savoir où
Mais ils ne firent rien tout en pensant à tout.
On leur donna l'étude et la voie érudite :
Ils furent buissonniers et quittèrent bien vite
Le pupitre et la chaise et les devoirs communs.
On leur donna l'emploi et le métier des mains :
Ils recevaient par mois une petite somme
Qu'ils jugèrent indigne, inconvenable, et comme
Ils refusèrent tout on ne leur donna rien.
Mais ils s'avaient, eux, ils avaient toujours ce lien.
Ils ne partirent pas l'âge ignoble passé,
Ils étaient toujours là et les jours ressassés
Les usèrent très tôt, l'ennui et la misère
Pointaient leurs deux couteaux face à leurs yeux ouverts.
L'hippocampe pourtant réussit à quitter
Son cercueil de naissance et put donc s'acquitter
Des peines de son sort le temps d'un long séjour
Et en lui la passion échafauda sa tour
Car il vît autre chose, en savait l'existence,
Il rentra en gardant son esprit en partance.
Et tous deux ont repris leur routine et ensemble
Ils allaient aux pays où partout se ressemble.
Puis surgit une attaque inattendue et brève
De requins qui venaient des plages et des grèves,
Du pays de turquoise auprès de la surface,
Ils avaient l'oeil cruel et cent dents à la face,
La bouche écarquillée et du sang plein la langue
Et leur sillon rougit laissait le peuple exsangue.
Calamité! C'était la fin de tout une ère!
Le miséreux pays était touché au nerf!
La règle rigoureuse et la protection
Étaient pulvérisées, vint la dépression.
Et les deux amis, pris dans son noir engrenage,
Avaient un choix à faire afin que le carnage
Soit ou leur compagnon ou leur pire adversaire ;
Ils étaient au tournant des vingt anniversaires.
Le poisson ne trouva qu'un maigre revenu
Dans les allocations tous les mois bienvenues.
L'hippocampe par le hasard eut un travail
Et, bien avant l'attaque, avait fait la trouvaille
De la littérature et du ciel à portée
Du premier sot venu et put donc supporter
Son époque sordide où le bien matériel
Était propriétaire et effaçait le ciel.
L'un donc avançait sans flamme dans la poitrine
Et sans argent sur lui au milieu des vitrines.
Encore à l'anémone où passa son enfance ;
Il avançait sans but, ni direction, ni sens.
L'autre avançait avec un feu toujours naissant
Qui lui donnait raison sur un monde glaçant,
Il avait su quitter le foyer familial
Et se retrouva seul avec l'immémorial
Besoin de transcendance et d'immortalité ;
De comprendre le monde en intégralité
Qui était né en lui loin du pauvre poisson.
Le poisson, dans son coin, mordu à l'hameçon
De la haine facile et, dans sa basse-fosse,
Il concoctait, amer, l'esprit des idées fausses :
Il n'est de solution, tout est perdu d'avance,
L'on meurt au même endroit qui vît notre naissance,
La foi n'existe pas, l'engagement est nul,
Attendons de mourir et laissons les calculs
De nos vies à l'élite et soyons ignorants,
Faibles et au venin craché à tous les vents.

L'hippocampe en lisant concoctait dans son coin
L'esprit des vraies idées, du bonheur et du soin :
Cela fait deux mille ans qu'est posé la question
D'une meilleure vie et mille solutions
Ont été inventées; ce qu'il faut c'est élire
Le bon gouvernement et bien y réfléchir,
L'on meurt là ou l'on veut, la volonté existe
Et l'histoire a montré qu'un être qui résiste
Peut plier tout un monde avec ses murs dressés,
La foi est nécessaire et l'être délaissé
Y trouve un juste abri si il n'en fait pas trop,
Il faut être engagé et exhiber les crocs
Du peuple opprimé, il faut vivre activement
Et devenir l'élite, il faut à tout moment
Vouloir en savoir plus ; le sot se brise mieux,
Le sot ne sait rien et fait son état des lieux
A partir de sa haine et de sa pauvreté,
Le sot est bien utile ; il ne va pas voté
Donc l'intelligent peut lui mettre par derrière
En parlant à sa place, en le laissant se taire.

Voilà les deux esprits qu'ils avaient concocté
Mais pourtant ils étaient toujours l'un à côté
De l'autre et discutaient tels deux frères de sang.
Mais le temps éloigna l'hippocampe en passant
Et le mit dans l'étude et la littérature
Quand le poisson pensait complots et dictatures
Avec le même vide et la même amertume,
Avec le même noir qui jamais ne s'allume
Que portait l'hippocampe avant de s'enivrer
De l'art de distinguer le bon grain de l'ivraie
Idéologique. Or lui n'avait pas d'idées
Pour s'inventer un ciel de nuages vidé.

 

Cela les sépara, c'était déjà écrit.

 

Ils se virent un jour au hasard d'un courant
Le poisson s'exprima : "-C'est toi? Es-tu mourant?
Je ne t'ai pas revu depuis des décennies ;
On dit dans la rumeur que tu blâmes, renies
Les idées que l'on a, nous qui soufrons encore
De la crise passée ; que tu nous donnes tort!
Mais moi je vais te dire! Insipide animal!
On ne m'a rien donné, je n'ai vu que le mal
De ce sombre système et j'ai vu le dédain
De l'orgueilleuse élite aux grands projets mondains!
Je sais qu'ils volent aux pauvres, qu'ils violent femme
Et enfants! Je le sais! Je les hais..." "-Car leurs âmes
Brillent mieux que la tienne." Acheva l'hippocampe
Car un sang colérique arrivait à sa tempe,
Il reprit : "-Mon ami, mon frère  de toujours,
Vois-tu ta pauvre face et le monde alentour?
Certes l'ignominie est placée sur le trône,
Certes c'est la monnaie que l'on veut, que l'on prône!
Certes plusieurs pays n'ont rien, d'autres ont tout,
Certes nous naviguons dans un navire fou!
Certes l'on est volé malgré notre misère,
Certes chaque être ici peut être un adversaire!
Certes notre sueur est peu récompensée
Mais dois-tu, cher poisson, t'abstenir de penser?

 

Oui, notre peu d'espoir nous a bien été pris!

 

Mon constat est égal au tien, même plus dur
Car j'y joins l'ignorance et le peu de lecture.
Je vis la même vie que toi, que croyais-tu?
Le monde aussi me blesse et l'époque me tue.
Mais j'ai appris, pendant que tu flattais ta peine,
L'horlogerie du mot, les ressorts de la haine,
Les rouages mentaux, le sable du mystère,
La profonde tuerie qui précède la guerre,
L'art des révolutions et ce qui en découle,
Où est l'extrémité d'un fil qui se déroule,
Qu'il n'est aucun destin sans son échappatoire,
Qu'il n'est aucun enfer avant le purgatoire,
Le secret du bonheur, la recette du mal,
Le poème à Florence et le dormeur du val,
La mécanique ancienne et qui fonctionne encore
Appelée politique et le commun accord
Nommé démocratie, le droit et le devoir,
L'intérêt national, l'équilibre des forces,
Qu'on atteint l'objectif pour lequel on s'efforce,
Qu'il faut savoir combattre avec les bonnes armes,
Qu'il faut utiliser la force de ses larmes,
Que tout est magnifique à qui sait la beauté
Et où elle se cache, elle ; tant convoitée!

 

Et toi, mon cher poisson, dis-moi : Qu'as-tu appris?"

 

 



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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 06:37
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).
La lettre à Eric :

eric-besson-3.jpg

Être français de nos jours, en ce siècle froid ;
C'est user d'un couteau pour couper le poisson,
C'est rester au grenier le jour de la moisson,
C'est détester le peuple et détester le roi,

C'est chanter aux passants un hymne de jadis,
C'est rêver d'être acteur de comédie française,
C'est être compagnon et creuser des mortaises,
C'est fumer sur un joint à cinq, à huit, à dix,

C'est conduire à la gauche et effleurer le rouge,
C'est marcher en pensant à ce triste Verlaine,
C'est être limougeaud saoulé de porcelaine,
C'est peindre une merveille à l'ombre d'un vieux bouge,

C'est manger du fromage à l'odeur monstrueuse,
C'est boire du bon vin et c'est le recracher,
C'est avoir, malgré soi, quelque chose à cacher,
C'est parler du printemps à l'aube aux amoureuses,

C'est se plaindre à jamais et se plaindre toujours,
C'est se sentir victime et coupable à la fois,
C'est nier tous les dieux sans renier la foi,
C'est vouloir son pain chaud dès le lever du jour,

C'est rêver d'un ailleurs et en être déçu,
C'est voir indépendant son petit bout de terre,
C'est être fraternels sous un hymne de guerre,
C'est donner par pulsion sans avoir rien reçu,

C'est se contredire et c'est n'avoir que raison,
C'est s'asseoir sur un banc et contempler les heures,
C'est à l'injonction répondre : " Oui, et ta soeur?",
C'est poétiquement s'éprendre des saisons,

C'est chanter Sur le port d'Amsterdam en pleurant,
C'est porter le dédain sur qui est inconnu,
C'est cracher en riant sur qui est reconnu,
C'est avoir le génie de Sade l'écoeurant,

C'est manger un kebab à une heure impossible,
C'est commander un kirsch pour lancer l'appétit,
C'est lire La fontaine et se sentir petit,
C'est le faire, obligé : si c'est répréhensible,

C'est soulever un pan de robe, pour les flaques,
C'est sentir un parfum proche et irrésistible,
C'est boire des alcools aux degrés combustibles,
C'est poser une main, recevoir une claque,

C'est savoir rendre compte et c'est savoir frauder,
C'est bien choisir son rouge à lèvres, ses chaussures,
C'est aimer un moment et panser ses blessures,
C'est écrire si bien que ça paraît codé,

C'est être banlieusard et habiter au centre,
C'est raconter à celle admirée des bobards,
C'est prendre le métro avec un teint blafard,
C'est avoir tout en tête et le néant au ventre,

C'est citer à tout va les érudits passés,
C'est prendre un raccourci à défaut de nuances,
C'est avoir un débat labyrinthique, intense,
C'est ne plus en pouvoir des crimes ressassés,

C'est ressasser le crime et tendre le couteau,
C'est oublier le crime et tendre le poignard
C'est refuser le choix de la mort du bagnard,
C'est réciter Péguy allongé au coteau,

C'est chasser le chevreuil et récolter les huîtres,
C'est pointer à l'usine et quitter le bureau,
C'est lire l'horoscope et scruter le tarot,
C'est lier les vitraux et astiquer les vitres,

C'est être magnifique, enviée et hautaine,
C'est être féministe ainsi que de Beauvoir,
C'est sécher tous les cours et faire ses devoirs,
C'est jeter un euro dans l'eau d'une fontaine,

C'est ne pas oublier et bien en prendre note,
C'est s'acharner et ne jamais lâcher l'affaire,
C'est voler à la vie, qui n'a jamais offert,
C'est être incarcéré et serrer les menottes,

C'est savoir un dicton qui s'applique en tous cas,
C'est sécréter la mode et en être la proie,
C'est s'accroupir devant le sud-est et la croix,
C'est déjeuner, dîner et penser à l'en-cas,

C'est mettre dans le rap un texte approfondi,
C'est parler politique emporté par l'ivresse,
C'est tendre les deux mains aux âmes en détresse,
C'est se persuader qu'un complot est ourdi,

C'est être l'héritier de Jean-Jacques Rousseau,
C'est écouter du raï, du rock et du Mozart,
C'est habiter Pigalle aux rendez-vous bizarre,
C'est avoir un objet kitsch aux clés du trousseau,

C'est ne pas montrer quel dieu l'on a pu choisir,
C'est traduire Euripide et le traduire encore,
C'est être iconoclaste et être en désaccord,
C'est jouer du violon comme unique loisir,

C'est découvrir Vialatte et apprendre Rimbaud,
C'est parler de grandeur et d'absolue beauté,
C'est avoir lu tout Freud et l'avoir annoté,
C'est choisir la couleur de la soie du tombeau,

C'est marcher dans la ville et siffler les passantes,
C'est vendre une barrette occasionnellement,
C'est chérir son époux et chérir son amant,
C'est vouloir renverser les routines lassantes,

C'est être né ailleurs et oser le crier,
C'est attendre l'hiver pour monter en station,
C'est imposer le style à toute narration,
C'est avoir, faiblement, l'état pour bouclier,

C'est, historiquement, porter une lumière,
C'est danser en semblant le flamand en envol,
C'est porter un postiche et perpétrer un vol,
C'est être submergé de dettes pécuniaires,

C'est parler le latin dans un salon étrange,
C'est  être prit du grand syndrome de Stendhal,
C'est pénétrer l'église et caresser les dalles,
C'est escalader le Mont Blanc pour voir les anges,

C'est traire une femelle animale au matin,
C'est passer sa soirée sous un arrêt de bus,
C'est trouver un trésor dans un marché aux puces,
C'est parler comme Haddock et vivre tel Tintin,

C'est lire une gazette où sont les chiens crevés,
C'est  vouloir réussir à force de labeur,
C'est user un couteau pour découper le beurre,
C'est trouver un emploi et cesser de rêver,

C'est user un couteau pour découper la viande,
C'est vouloir être élu au prix du peuple même,
C'est philosopher et disséquer tous les thèmes,
C'est avoir un studio aux embruns de lavande,

C'est porter des Nike air et la casquette en vrac,
C'est vibrer aux écrits du truculent Césaire,
C'est être misanthrope et souhaiter le désert,
C'est avoir un horla qui nous guette et nous traque,

C'est mettre ses pieds nus au seuil de la mosquée,
C'est user un couteau pour découper le pain,
C'est tuer son cabot en visant le lapin,
C'est être désireux des choses confisquées,

C'est se faire sucer en plein bois de Boulogne,
C'est acheter le Monde et se mettre au courant,
C'est embrasser le front de son père mourant,
C'est se noyer l'aisselle avec l'eau de Cologne.

C'est être socialiste ainsi que Jean Jaurès,
C'est fêter hanoukka et c'est fêter noël,
C'est ouvrir, empressé, son plus récent courriel,
C'est assécher ses pleurs un instant de tendresse,

C'est vivre sous l'aura du mot "révolution",
C'est séduire au côté d'un souffleur camouflé,
C'est, dans son vieux chalet, dormir emmitouflé,
C'est remplir le propos de circonvolutions,

C'est vouloir du panache et de l'acte historique,
C'est vivre sur la terre où gît Victor Hugo,
C'est être le meilleur à choyer son ego,
C'est bâtir un bastion, un fort de rhétorique,

C'est fumer la chicha à genoux sur le sol,
C'est vivre dans la rue et mourir dans la nuit,
C'est être fainéant et s'empiffrer d'ennui,
C'est jouer un chef-d'oeuvre après la clé de sol,

C'est parler de nation, de drapeau, de patrie,
C'est être un otaku enivré de mangas,
C'est figer tous les yeux sur son haut de tanga,
C'est saluer les fous en neuropsychiatrie,

C'est se sentir de l'art et hanter les musées,
C'est être bayonnais sans aimer le jambon,
C'est avoir du courrier de Chine et du Gabon,
C'est, sans en avoir l'air, être le plus rusé,

C'est, tout comme Aragon, s'éprendre d'une Elsa,
C'est contrôler le train et conduire un taxi,
C'est peindre un mur à fresque et tisser un tapis,
C'est trahir une femme et c'est vice-versa,

C'est s'instruire et construire un esprit de système,
C'est pêcher une truite et faire un canular,
C'est jouir sans s'arrêter au sein d'un lupanar,
C'est bégayer longtemps pour lui dire " Je t'aime",

C'est jouer à Fifa, du Coca sur la table,
C'est voter pour voir si ça sert  à quelque chose,
C'est frapper à la porte, à la bouche une rose,
C'est être un abruti à l'âme lamentable,

C'est être différent et être similaire,
C'est porter le fanion du mot et de la langue,
C'est être libérés dans une même cangue,
C'est vouloir décemment vivre de son salaire,

C'est être un vieux chômeur licencié par Total,
C'est être un étudiant, faire un stage éternel,
C'est être un basané qu'un agent interpelle,
C'est être une femme à la stagnation fatale,

C'est vivre en HLM et côtoyer les rats,
C'est cesser d'étudier et mourir à l'usine,
C'est poser torse nu pour tous les magazines,
C'est vivre sous le joug d'un patron scélérat,

C'est avoir peur, le soir, de se faire agresser,
C'est mendier sur un banc et y passer sa vie,
C'est être syndiqué et taire son avis,
C'est être dépressif et constamment pressé,

C'est être d'un parti qui crie de mille voix,
C'est  passer une nuit à attendre aux urgences,
C'est être loin du but car loin des connivences,
C'est attendre le don d'un poumon ou d'un foie,

C'est vouloir des papiers depuis des décennies,
C'est être mère, seule, avec tous ses enfants,
C'est traîner au quartier et le voir triomphant,
C'est bouillir de l'âme au devant du dénie,

C'est disserter du voile et tout ce qui précède
N'est rien, l'identité  n'est pas ce que l'état
Décrète, un beau jour! C'est notre propre constat
Sur ce que la France a et ce que l'on possède.




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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 05:08
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).
Je te hais.

Hate by See Emily Play
Par ~See-Emily-Play


La vie est mieux sans toi, ta présence encombrante
Est pour moi un fardeau. L'univers dans tes yeux
A absorbé le mien et ton corps délicieux
A absorbé mon âme avant qu'ils ne me hantent.

Je n'étais plus le même au devant de tes gestes,
Des envolées d'oiseaux que suggéraient tes pas,
Femme mirobolante! Et si tu n'étais pas
J'aurais bu volontiers une gorgée de peste.

Tout ce que tu disais, le moindre de tes mots,
Résonnait le bon sens et la bénédiction :
"-J'étais en boîte hier. -C'est flou! " Et la passion
Dévorait tout le sens de mon moindre propos.

Face aux autres j'étais une ombre dans ton ombre,
Ton serviteur aux pieds et aux poignets liés,
Le sol à ta semelle et ton seul  palier,
Ton chien de race pure et ta force du nombre.

Et tu me promenais entre les magasins,
Pour que je ne fuie pas tu me comblais de sacs
Remplis de vêtements, de parfums et de laques
Que je t'offrais, heureux d'être ton petit rien.

Car tu ne donnais rien et je t'épargnais tout :
La brûlure à la flamme égoïste et jalouse
Ne dévastait que moi et toi, l'ancienne épouse,
Tu venais m'embrasser, un suçon rouge au cou.

Et pour le mettre loin de mon coeur rançonné
Je t'emmenais mirer dans les bijouteries
Y chercher mon pardon pour cette étourderie :
La rivière d'argent qui t'avait étonnée.

J'aurais bâti Pékin pour voir tes paupières
Envelopper tes yeux à l'heure du sommeil.
Je ne considérais qu'une seule merveille
Et ne confiais au ciel qu'une seule prière :

"Ah! La revoir enfin! La revoir! Un instant...
Quitte à ce que l'enfer remonte à la surface,
Qu'il brûle le dernier enfant de notre race!
Quitte à tout effacer et mettre un terme au temps!"


Pour toi? J'aurais tuer, mais ça s'est déjà dit,
J'aurais tout planifié pour contrôler le monde ;
La taille de la vague et la portée de l'onde,
Et changé la planète en ton seul paradis.

Qu'aurais-je fait encore? Égorgé quelques phoques,
Le sanglot retenu, et cousu des fourrures
Pour te couvrir l'hiver de nouvelles parures.
J'aurais fait pire encor : J'étais ton chien sinoque.

Tu comprends que ma vie puisse être mieux sans toi?
Qu'entre l'homme et le chien il y a mille races?
Et qu'aucune n'atteint la dignité, l'audace
Et la partialité de l'homme et de ses lois.

Alors je t'ai quitté en lâchant les cabas,
Le collier à mon cou m'a traversé la gorge
Et je n'ai qu'aperçu la lueur de la forge
Qui travaillait tes nerfs devant mon branle-bas.

Et je ne te vois plus, et ça me rend humain,
Ma vie est mieux sans toi, je passe tous mes tours.
Comme on dit de partout : L'amour s'arrête un jour ;
J’espère t’oublier... demain... après-demain...


Love and Hate by Nosirhgios
Par ~Nosirhgios.









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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 18:34
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).
Noyade :

La mer est sépulcrale aux yeux de l'hydrophobe ;
Elle échange aux poumons de l'air contre de l'eau
Et la vie s'y enfuit à l'intérieur des globes
Qui des lêvres s'extraient pour un ultime mot.

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Dessin : Dynoknu.





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