Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
The Bird is the word.
Par ~ Bruno Sousa
Aujourd’hui perce, point, s’apprête...
Au pampre la bergeronnette
Pépie (car nullement tarie)
Son aubade qu’un vent charrie
D’aigrefin à berger honnête.
Je la tue puis l’épie, sceptique :
Quel la, quel do excite, pique
L’exigüité qu’est sa tête ?
Quel sein exquis de muse tète
L’oiseau, déité poétique ?
L'amour, idée délicieuse...
Alexandrins.
"Les coups! Quand ils arrivent ça fait mal!"
Chanson de Jean-Claude Convenant.
Les coups font mal… soudain ils déferlent, ça gueule !
Tu te protèges, bras croisés devant les yeux,
C’est à la poudre, au pal que tu songes, les cieux
N’y font rien ; le coup part ! part et tu sens seule.
Vierge tu étais sage et finement bégueule,
Puis tu le vis ; obscur, cracheur, dur, capricieux
Et, pis que vampirique, un coup de dent vicieux
T’injecta un amour licier de ton linceul.
Le coup part de nouveau et tu songes au pal,
Vengeur si décisif : le papillon du mal
Planté comme au liège, ôté de sa colline.
Et à la poudre, aussi : le cliquetis létal
Enclenché le plomb part ! part et perce l’échine.
Poudre ou pal ? Ton choix c’est le pardon, beau : total.
Vers à murmurer :
Qui peut se pardonner les larmes de Méline ?
Le béguin du bègue :
"- La croiser au matin, à l’arrêt, dès huit heures
Tous les jours ne m’a pas ne m’a pas convaincu :
Je me tais, je sens que des flammes intérieures
Me brûlent… elle part et le feu est vaincu.
Vaincu par les les mots ; mes souffrances sont tues
Faute de ne pouvoir les réciter au chœur
D’un trait limpide et pur, les syllabes têtues
Font barrage à ma langue et clôturent mon cœur.
Et tous les jours sa voix, l'intonation sûre,
Me répète un salut comme un charme lancé,
Salut que je lui rends sans trop le prononcer.
Mais ce matin ce ma’ ce matin je le jure,
Qu’importe le pardon, peu m’importe l’injure :
Je promets d'être bref quand je vais l’embrasser !"
Extension de l'extension "L'homme" - Moussa :
Il est dit, par l’écho de la pure douleur,
Que ta larme est tombée entre les pyramides…
Puis la mer se brisa sous des cieux euménides,
Mais tu ne séchas là que ton premier pleur :
Tu marchas et la faim, la soif et la chaleur
T'engourdissaient... pourtant les traversées arides
Se suivirent… des nuits froides avec, perfides,
Des hyènes beuglant sous des astres sans couleur
Les ponctuèrent. Tu marchais ; au loin la terre
Promise guettait tel qu’un immense mystère
Dont le seuil, nulle part, s'ouvre pour l’inconnu.
Tu marchas...ce durant près de quarante années !
A travers le désert où tout semble connu
Sur un chemin fleuri d'espérances fanées.
Moïse aux J.O.
Toujours vérifier avant de tuer.
Par ~ DanielK78.
Un manoir dont les murs sont gerbes de motifs :
Une milliardaire (on ignore la somme)
Au salon, crispée, crie, se tord, hoquète comme
Un chat qu’on jette au feu véritablement vif.
Baveuse, elle hurle, elle a peur… Mais quel fautif
Pourra-t-elle annoncer ? Si quelque majordome
Etait présent, mais rien ! Tout est vide ! Les hommes,
Sécateurs aux mains, sont allés tondre les ifs.
Il en reste un : le dur, le froid et le hautain
Dragon de ce palais trop garant du butin,
Couché près d'un bougeoir dénué de chandelle ;
Pourfendu, plus que chauve : un morceau de cervelle
S'écoule... Mais cet homme et mari de la belle,
Lui murmure, mourant, avec un air de rien,
Qu'hier il a misé totalement ses biens
Sur le petit minois d’une autre demoiselle.
L'amour, idée délicieuse...
Octosyllabes.
L’amour, idée délicieuse,
A pris ton corps, ton âme, ta
Gemme de sang, si précieuse ;
Une seule œillade ameuta
Sur tes joues, vif, le magenta
De la passion anxieuse
Et des pleurs que nul ne compta.
Tu aimais : tu fus soucieuse
Et fidèle... longtemps l’on t'a
Trompée mais toi, pauvre rieuse,
Tu, sur la chose captieuse,
Voulus qu'un "pardon" l’emporta.
La corde est raide, gracieuse,
Au bout tu pends ! Quel résultat !
Par ~ AlexiaBleedel.
Burning heart :
Un cœur brûle… Ah ! Qu’un autre ostensiblement naisse !
Au quinzième et qu’un cycle insensé se referme
Sur un billet de blog ; incendie de promesses !
De feu gris (tel un nord) dont la voûte est le terme.
Par ~HEandRO.
Par * Keun-chul
Toute syllabe inscrite est peu lue, je dois dire ;
Une tour dans l’exil qu’il est sain d’assumer.
Viendra-t-elle, néant qui a su la maudire,
Aux lumières des yeux ? Ou serait-ce fumée ?
Si c’est fumée la tour est creuse, un univers
La comble d’inconnu ; un peuple sans visage
Ne change rien pour vous. Qu’est-ce l’homme d’hiver ?
Qui du Styx, apeuré, patiente au rivage ?
Pourtant elle se dresse, elle se dresse et pousse,
Elle pousse, alanguie entre les bras d’un lierre
Qui lui étreint les flancs et pourriture, mousse
Autant que clématite, autant que fourmilières
L’ornementent. Tentant la candeur des immeubles
Où des mots simples sans être nouveaux s'y meublent !
Toujours vérifier avant d'aimer :
Chaussés, les escarpins résonnent dans la ville
Et, dans le brouhaha des mâles délaissés,
Dominent tel un gong. Ainsi rampent, serviles,
Les amoureux du jour qui furent peu fessés :
« -Madame je vous aime ! - Et moi aussi madame ! »
Clac ! Clac ! Clac ! Elle va… Le talon retentit
Et étincelle sur le morne macadam.
Clac... le bruit meurt contre un mégot anéanti.
L’escarpin continue sa mélodie de rut
Avec ses diamants incrustés aux lanières.
Un dragueur, en passant, délie des mots de flûte :
Il papote d’amour, dit qu’elle est la première…
Un chiffre lui répond dépouillé de manières
Pour qu’il comprenne enfin qu’il parle à une p***.
Who's that girl?
(Lalalala...)
Bruna, Bruna, Bruna ! Les lettres de ton nom
C’est la perle marine à l’agonie… Bruna
C’est le plus pur reflet que la lune alluma
Sur le bleu des langueurs une nuit de charbon.
Dans les neiges perdues grelotte un gonfanon :
Florencia ! Napoli ! Qu’une lave exhuma !
A la lèvre rougie le grain de curcuma,
C’est la fleur qui fait qu’un peuple scande : Fanons !
C’est parfait ! C’est l’exil qu’un prophète assuma
Près d’une marguerite au terrier des pumas
Puis c’est le vague espoir où toujours nous flânons.
Par ~photonensauger.
J'étais plus con que jeune - le retour.
Blanche Esther de jadis au coeur qui m'enrôla...
Rappelle-toi, Esther ; ce moment fut unique
Où, presque d'inconnus, le baiser s'envola
Au plus loin dans les nues dès un cèdre publique!
Mais se brisent les liens pour tresser la tunique
De chaque destin, d'où ton départ ce soir là ;
"-Adieu, Esther. -Adieu." L'amour parait ludique
A quinze ans puisqu'on est sûr que le revoilà!
Sombre souvenir! Sombre! et la peine grêla!
Partout! Et le grêlon aux cendres se mêla!
C'est vrai : Je fus frappé du regret paludique.
Le temps, dévastateur dont la marche est hunnique,
T'éloigna... Mon ciel est moins d'un noir impudique
Depuis que, sous le cèdre, un baiser l'étoila.
Garden party
J'héberge en mon jardin mille fleurs exotiques :
De l'anthurium rouge à l'héliconia ;
Et, rare en mon domaine : aucune n'est toxique!
Des teintes d'un printemps que le nord renia ;
D'exaltantes couleurs et des parfums! caresses
A la narine! Vers le ruisseau il y a
De la mousse dorée, végétale tendresse,
Où je me couche et rêve au réel des parias,
Aux splendides ailleurs vers qui rien ne me presse ;
L'horizon fut menteur au premier qui s'y fia.
J'ai, pour mon autarcie, élevé des moutons
Au pelage du blanc immaculé des vierges,
Qui sont aimants et fiers de celui qui les tond.
Un oryx m'a choisi comme dompteur sans verge
Et, ses cornes aux mains, j'atteins vite la lune
Pour contempler l'espace se répandre en cierges :
"-Oryx, mon animal, il semble... Non! C'est une
Etoile poursuivie par un loup nébuleux,
Qui fuit, plus qu'effrayée, vers un château de dunes
Constellées où sommeille un silence de dieu!"
La nuit s'achève ensuite aux berges du ruisseau...
Dont l'eau, qui luit d'argent au soleil froid, est pleine
De souvenirs meurtris qui firent le grand saut ;
Chaque jour brise sa rose de porcelaine...
J'héberge un papillon, immense, de trois mètres!
Je le nourris de chats, de fleurs et de phalènes.
Si je lui touche une aile aux mains vont m'apparaître
La poussière rubis et la poudre de jade,
Particules mêlées que je souffle aux fenêtres,
Coloriant un monde où tout est teint de fade.
C'est là mon jardinet, il existe vraiment!
J'y vais, mon cabanon est en marbre latin,
J'y cueille une orchidée violette, vainement ;
Elle meurt au portail quand surgit le matin.
Soul paradise.
Danse, dans la nuit telle folle ;
As-tu la force d'épuiser
Tous tes membres amenuisés
Par la fatigue et par l'alcool?
Lundi, peut-être, un jour d'école...
Mais vient à toi, tel déguisé,
L'inconnu que tu vois biaisé
Qui te dit : "Avale et décolle!"
La sucrerie n'est pas si louche :
Un bonbon marqué d'une étoile,
Que tu t'enfonces dans la bouche.
O.D! Mais que se passe-t 'il?
Dans la panique l'homme file...
Tout se trouble, meurt et se voile!
les enfants la nuit
Not all sugar is brown.
Vous êtes triste, et jeune ; un monde vous échappe,
Entier, avec son peuple, aussi, que mal habille
L'illusion. L'amour désencolla vos billes,
Où palpitent deux trous qu'un crépuscule lape.
Vous êtes jeune et triste et vous dressez la nappe
Pour vous seule ce soir et, seule, jeune fille ;
Le garam masala, le poivre et la vanille
Vous semblent tant amers qu'au palais rien ne frappe.
Un être si récent dans la chambre babille ;
Maigre bébé, pâlot, dernier de la famille...
Vous vous dites, en pleurs, que le temps vous rattrape.
Camouflée, quelque part, votre misère brille,
Qui vous escorte au ciel et vous colle à la chape
Quand, libre de poison, vous arrachez l'aiguille.
Mary-Jane in the valley.
Je t'ai croisée, déjà ; un matin de massacre,
T'ai seulement croisée et fuis par un détour...
Puis l'autel du chagrin, dégoulinant du sacre,
Me jeta dans ces bras où tu pendis mes jours.
Fleur du petit sachet où dorment une brume
Et le rougissement des yeux tel qu'un brasier!
Calme si le cigare assassin se rallume
Quand dans l'ordre nocturne étincelle l'acier!
Fleur à mes mains venue par la voie rouge vif,
Viens dans la feuille blanche avec le blond tabac,
Pureté d'un délit qui brille; intempestif
Envers l'oeil malveillant d'autorité, là-bas!
Je t'aime résine, ou cimes décapitées!
Qui t'aime? un assigné au ban des espérances?
Un vagabond, ce soir, te fume, dépité...
Vagabond dépité dont tu cernes l'errance.
Moi je t'aime! je t'aime et je jouis dans ton corps!
Et ton souffle en mon âme édifie un jardin
Où fleurissent l'oeillet clos par le bouton d'or,
Le lys (si élancé!), le rêve et le parpaing.
Souvent, accompagné, j'emprunte tes délices :
-La nuit fut longue, hélas! emplissons le calice
Ecoulons nos humeurs d'exilés sur la terre!
-Où sommes nous, ami?
- Au centre des volutes,
Si loin, paisiblement dans l'ombre d'un mystère ;
Echappés pour une heure, évanouie : sans but.
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