Crying Freeman.
Vivre honnorablement, mourir misérablement, à vous de choisir...
Par fudexdesign.
Vapeur de l'amoureux qu'un bras triste retint
Pour le lâcher... Sentant s'insinuer la cendre...
Frets des bouquets d'odeurs, les vents pourront l'entendre
Marcher à même l'herbe au fond de son destin.
Yeux lisses ; bleuités semblables au satin
Auxquels chaque rayon de soleil vient se pendre
Parmi les fleurs assez belles pour en dépendre
Et dont la pupille ouvre une étoile au matin.
C'est le frère sans ombre où la haine mutile
Analogue à l'oiseau sur un lac qui rutile
Rouge tranquillement à l'heure des baisers.
Il s'envole, attendant qu'un espoir vaste nimbe
Cette alcôve sanglante et pure de la nimbe
Où peinent ses vœux chers, infiniment brisés.
Après l'éclat la nuit...
Ou
Le crépuscule des égéries.
Inconstance
O reine de mes bien-aimées,
Apprends que je les ai nommées
Des reines aussi tour à tour ;
Chacune est belle et ne ressemble
A nulle autre, et toutes ensemble
Tu les as fait pâlir un jour[...]
Sully Prudhomme.
Après l'éclat la nuit, catafalque où se couchent
Les belles dont mes doigts en deuil ferment les bouches
Et les yeux ; fleurs de Mai que décembre a gelées.
(Quand au lointain vêtu de perles étoilées
Ivre d'être vivant un peuple funambule
Sans cesse caressant son seul point bascule
Dans un gouffre sans fond manque de vaciller
Vos fleurs de givre et tranquilles semblent ciller...)
Vous ai-je aimées, toujours l'autre décimant l'une,
Muses d'un soir tantôt blonde, châtain ou brune,
Amours que mon poème enterre sans pitié
Au cœur d'une clairière où saigne un églantier
Sur cette éternité des corolles de glace ?
Au cimetière rose où trouver votre place ?
Ressusciterez-vous plus belles qu'autrefois
Demoiselles de vers dont fantasment les rois
Quand un poète, en vous, contemple une déesse?
Mais que devenez-vous quand le vers vous délaisse,
Vous repoussant d'un point final vers le passé ?
Quand, au fronton du texte ou terme ressassé,
Vos prénoms, plus vivants, semblent de la magie
Mélangez-vous aux clairs ruisseaux de nostalgie
Les flaques d'espérance ?
Et que vous vaut la chair
Quand vous êtes la même : fille de la mer
Qui, se transfigurant, reste la mer ?
Silence
Pour les sentiments morts sans aucune souffrance.
En deuil, mes doigts ont clos les bouches et les yeux
Des belles qu'un poème arrache et rend aux cieux.
Remontée d'orgueil.
Le fait d'être réduit au cap inaccessible
Par où l'oiseau se meurt, le fait d'être réduit
Aux pas de l'amertume en marche dans la nuit
En floraison, natale autant qu'immarcescible.
J'ai quitté cette voie animale, irascible,
Guide de mes seize ans qui, silencieux, ont fui ;
M'abandonnant les mains liées, seul face à l'ennui
Qui n'a pas de visage et n'orne pas de cible.
Alors je suis, le fait d'être est indissociable
Du fait de disparaître, une chaise pliable
Accueille sous le ciel l'aube de mes vingts ans.
Et je serai, sénile, un jour... j'aurai l'œil cave
Incapable de voir combien, depuis longtemps,
J'aurais été poète, un pied nu sur la lave !
Hymne à la chair
Pour Aletta Ocean
Par Wassim
L'hiver a traversé les murailles ténues
Des pays de cocagne où des faunes, les yeux
Méchants, aux talons purs de muses inconnues,
Couraient, en érection, célestes et vicieux.
On a fermé le seuil des antres érotiques
Avec tous les verrous du monde... airs adorés
Des vierges, doux coulis de cyprine dorés !
Voici les murs sans fin des prisons panoptiques !
Où-donc te caches-tu, reine de la folie,
Humaine dont la bouche offense ? Au paradis ?
Maîtresse aux doigts de fées reviens dans nos taudis,
Pose sur nos dos lourds tes pieds qu'un ruban lie...
Reviens mettre mon front transpirant sous ton pouce
Pour étancher l'ennui qui me précède, viens
Me redonner le nom que j'ai parmi les chiens
Quand je pleure un instant sous la pluie, et sois douce !
Salope maternelle à qui je me dévoue
Ces soirs où, par plaisir, la chair jaillit : la chair
Plus vaste qu'elle-même ; inaltérable mer
D'extase ! Et je m'endors heureux contre ta joue...
Mangé par un poulet, se pendre aux tournesols.
Leïla
C'est ma fille, je l'aime et n'ai qu'elle , voilà !
Alice de Chambrier.
Je mettrai tout le ciel dans le creux de tes mains
Puis je te couvrirai de milliers de poèmes.
Leïla, je décède au hasard des chemins...
En enfer ? J'y reviens ! tous mes pas sont les mêmes.
Je l'ai gardé, ce cœur qui rit inconsciemment,
Pour te l'offrir demain ; ce ne sont pas les roses
Qui font mourir l'amante au baiser de l'amant
Près du couchant ; décor enjolivant les poses.
Je te donnerai tout ! J'ai si peu... Leïla ;
Que ce vent qui frémit, l'orgueil d'un vers... Je saigne...
Chaque goutte est utile et toujours s'écoula
Pour qu'au prix de mon sang perdu je t'offre un peigne...
Pour que tu puisses prendre à bras le corps l'espoir
D'être reine, princesse oublie et la tourmente
Et le sarcasme où pleure une enfance, viens voir
Les oiseaux s'estomper sur la mer inclémente.
Simplement, Leïla, viens, pratiquons l'envol !
Un fruit véreux pourrit le verger puis la plaine ;
Aile tes pieds, partons il n'est plus rien au sol
Qu'un désir fou d'ailleurs, la salive et la haine !
Il n'est plus rien que l'homme au chevet de son sort !
Puisque nos yeux sont vains à travers les mirages,
Puisque nous ne marchons que, tristes, vers la mort,
Je te dis : viens, nais, vis ; unissons nos courages !
Viens, nais, vis, et sois belle ainsi qu'il te convient !
Sois surtout mon enfant charnelle, ma mémoire
Transmise, sois ce dieu qu'en aimant l'on devient !
Sois déesse, ma fille, et diffuse ta gloire !
Prend ma main... C'est l'instant surhumain qui paraît
Lorsque tu dis « papa » sans que tu me connaisses...
Et je dis : Leïla ne crains rien ; je suis prêt
A te donner le ciel et j'attends que tu naisses.
Par phungdinhdung
La succube
Par Imrallion
Vous voici, votre hanap cristallin dégouline
De larmes et de vin mélangés au shaker,
On vous adore ainsi : trop belle, sibylline,
Stoïque et dédaigneuse à nous briser le cœur !
Une bouche cruelle entreprend de sourire
Quand l'amoureux transi s'abandonne au ravin,
Pris entre les verrous de vos yeux, un délire
Sans psychotrope où tous s'abattent un par un.
Fine, une cigarette à vos lèvres s'allume
Par un enchantement, tout votre charme fume
A travers le carmin du gloss, vous papotez.
Vous soufflez, en fumant, quelque cercle céleste...
Diablesse, vous pourriez d'un clin d'oeil ou d'un geste,
Faire s'agenouiller toutes les papautés !
Huitième heure
Les Vogue en disent long - dépucelage kantien - Marine ou les Parques - Jack Bovini ou Maximus.
« -Alors ?
Marine Picoléao balance cet alors comme si une interrogation l'avait précédé. Jack, juste éveillé, encore grièvement endolori, pourrait demander « alors quoi ? » mais pour le pauvre évadé le vrai mystère c'est tout sauf ça.
-Ça va mieux ?
-Que... Qu'est-ce qui s'est passé ?
Marine allume une de ces cigarettes qui en disent beaucoup sur le consommateur ; les Vogue mentholées.
-Ah, oui... pardon, mon chou ; tu as été libéré. Par moi. Enfin, indirectement, je veux dire."
Jack comprend alors que le libre arbitre que la prison était censé lui ôter a tout de même pris un sacré coup dans l'aile : Monsieur est redevable, ce qui ne lui était jamais arrivé.
Comme épouvanté face à pire que la mort il se lève brusquement et court vers la porte de la chambre, gauche et parfaitement ignorant de son but. Elle est verrouillée, il tente des coups d'épaule pour la défoncer.
Marine, dont le métier consiste à garder son calme, lui demande où il compte aller sachant qu'il ne sait même pas où il se trouve. Ce qui exaspère Jack qui se dit qu'à chaque fois que cette femme ouvre la bouche c'est pour soumettre l'interlocuteur. Il songe bien à lui péter le nez mais le fait est que sans elle son avenir c'est la perpétuité.
-Qu'est-ce que tu veux, salope ?
-Salope ? Pourquoi pas... n'empêche que c'est triste ; devoir obéir à une salope. Ça fait de toi une sous-salope... tu comprends ? A chaque fois que tu m'insulteras je n'aurai rien besoin de répondre pour que l'insulte se retourne contre toi, puissance dix. Tu comptes toujours t'auto-traiter de grosse merde ou bien tenir compte de la situation ? Pour ce qui est de ce que je veux : c'est toi.
-Moi ? Ta gueule, t'auras rien. Tu m'as pris pour qui ?
-Et toi ? Tu t'es pris pour qui ? Al Capone ? Escobar ? Néron ? »
Jack ne connaissant que les deux premiers ne sait pas quoi répliquer, elle reprend :
-Non vraiment, mon bébé, tu te souviens pas de moi ? L'école Paul Verlaine ? Ta première amoureuse ?
Évidemment Jack ne se souvient pas de qui que ce soit avec qui il fut lié par le concept d'amour, qui ne lui est pas étranger mais extra-terrestre, voire extra-galactique. Il préserve son mutisme relativement inquiet. Il se souvient tout de même de l'école Paul Verlaine, qui tenait lieu, au temps de son enfance, de maternelle et d'école primaire puisque c'est la seule école qu'il fréquenta. Mais pas de cette tarée de Marine. Soudain il saisit qu'un problème se pose : il a 20 ans ; entre la maternelle et ce jour précis son hôte avait légèrement eu le temps de l'oublier... Cette idée le terrifie. Marine, offusquée de ne pas être la femme de la vie de Jack, fait mine de trouver son oubli inconséquent et continue comme s'il avait répondu par l'affirmative :
-Et bien voilà ! C'est le destin ! On se retrouve comme au bon vieux temps ! Ce que je suis heureuse, t'imagines pas ! Je t'attendais, mon amour ; depuis tout ce temps je t'attendais ! »
Elle l'attendait... la chose est présentée de telle façon que c'est lui qui semble être venu à elle et qu'il ne s'est pas fait, disons le mot : enlevé. Il a tellement envie de la frapper, il ne peut tellement pas.
Pour la première fois de sa vie de hors-la-loi Jack subit le dilemme entre le vouloir et le pouvoir. Un dépucelage auquel il ne s'était pas préparé. Une fois ce sentiment de frustration absolue nouvellement intégré il se renseigne sur la suite des évènements. Marine paraît surprise.
-Ben c'est évident ! On va se marier !
Là notre héros remisé au rang d'esclave impuissant désire juste sauter par la fenêtre sans prendre le temps de l'ouvrir. Seulement elle en obstrue le passage... Se pose alors le mystère de la capacité de prévision de Marine : porte verrouillée, fenêtre obstruée, sérénité de la négociatrice etc. tant d'éléments la sacrant prophète !
L'ennemi public numéro un voyage de terreur en terreur, de frustration en frustration, de cage en cage ; lui qui, il y a deux heures à peine, était délivré de toutes contraintes humaines. Même son corps, lourd d'ecchymoses et d'os brisés, n'est plus qu'un outil de son désespoir. Il n'a plus le choix ; tout-à-fait comme elle le disait : c'est le destin. Les Parques réunies : c'est elle. Tenant les ciseaux avec un enthousiasme passionné, seule décisionnaire de la fin ou de la continuité, plus détestable et souriante que jamais. Aromatisée au Chanel numéro 1. Dompteuse de tigre de profession. Peut-être le seul être habilité à faire face à Jack Bovini, Dieu s'il existe n'a pas un millième de l'influence qu'elle a sur lui actuellement. De loin on pourrait dire qu'il en est amoureux. Il pense en fait à la tuer. D'où l'interjection suivante de la part de Marine :
-N'y pense même pas. Tu es recherché dans toute la France au minimum pour meurtre, tentative de fuite et violences sur individu physique - l'espèce de pétasse chez qui t'étais -, tu n'iras nulle part sans moi. Mon chou. Elle écrase sa clope, en rallume une puis en propose à Jack qui accepte, étant sans paquet et en manque de nicotine.
Chéri, mon chou, bébé...ce vocabulaire affectueux le met hors de lui, du moins il aimerait aller hors de lui, mais il ne peut sortir au risque de subir le joug d'autres fers, à vie. Il tire une immense bouffée et se résigne :
-Qu'est-ce que tu me proposes à graille ?
-Et bien l'hôtel a un restaurant, on verra là-bas.
-Au resto ? Mais on va me tricard !
-Te tricard... Ah, oui : ça veut dire repérer, c'est ça ? Ne t'inquiètes pas, tu ne seras pas tricard.
-Ah ouais ? D'où ? Je suis recherché dans tout le pays, tu viens de le dire !
-Dans tout le pays... Ah, je comprends ! Non, je t'explique, chéri ; nous ne sommes plus sur le territoire français. »
Voilà, le dialogue précèdent ne dure pas une heure néanmoins il me semble que la situation matérielle et psychologique s'est assez retournée pour considérer qu'une heure est passée. Ce qui compte n'est pas le temps mais l'évènement, vous l'aurez remarqué. Car en considérant les données temporelles ce récit est impossible : on ne met pas deux heures de Cannes à l'Ardèche en comptant de la marche à pied, voyons.
Ce qui est réel c'est que Jack peut, en quelque sorte, tomber amoureux (en tous cas le résultat est analogue ; il n'est rien sans elle et ils vont manger en tête à tête au restaurant).
Displicentia aguta
Nous nous plaignons de ce qui est, que parce que nous regrettons ce qui n'est plus.
Jean-Jacques Rousseau, Pensées d'un esprit droit.
Je coupe les cheveux en quatre, c'est mon art.
L'odeur du sol foulé jadis n'est plus, je pense
A toi, Pauline, amour claire de mon enfance
Et, légère, en tutu, reine du grand écart.
Tout a changé, tu sais, j'ai perdu la plupart
De ceux qui complotaient à mes côtés, la panse
Pleine de sucre, l'œil rempli d'or, d'imprudence...
Pauline, tout est mort sans bruit ni faire-part.
Je coupe les cheveux en quatre ; je regrette
Tout depuis le berceau. Mon souvenir s'arrête
Sur tes petites mains fraîches, nul ornement
N'alourdissait ces sœurs d'innocence et d'albâtre...
Rien ne me satisfait : que ce passé charmant !
Je coupe désormais tous les cheveux en quatre.
Dj Graff.
Le Rappeur, repensant à l'injustice même,
Sent choir son âme ainsi qu'un aigle foudroyé
Et ne peut retenir sa chute vers l'extrême
Humanité qui sourd, prête à se déployer.
Alors, debout, les yeux ouverts face au système,
Il s'arme de sa voix et va pour tutoyer
Les dieux fiers et certains, de leur trône suprême,
Qu'il allait rester là puis se laisser noyer.
C'est l'enfant du destin, le frère sous le porche,
L'homme à capuche noire et qui porte la torche
Pour tous les égarés et les sœurs en sanglots.
J'ai pu voir éclater la future lumière
Menant au métronome, impeccable, les mots
Autre portrait
Contre la balustrade accoudée, en Coco
Chanel totalement, jamais désavouée,
Sa beauté, perle, luit, autrefois renflouée
D'une nuit andalouse aux sons du flamenco .
Dans ses cheveux l'odeur de la noix de coco
Se mêle aux parfums de la brise amadouée
Par sa pupille bleue absente et dévouée...
Son cœur, très lentement, bat sous le caraco.
Le ciel crépusculaire au lointain se transmue
Mais seule est immobile cette étoile émue
Qui sanglote au delà de l'aile des corbeaux.
Un nuage orangé se disperse en lambeaux,
L'auréole selon l'angle ou le point de vue
Comme si son beau front contraignait les flambeaux.
Pour Hubble
Sonnet quantique.
Par Psycho
Kyugurl
Il fallut l'inflation universelle, un bruit
Ultime : le premier frisson inter-stellaire
D'où tout naquit parmi la nuit des champs scalaires
Qui fut déserte et longue et la mère des nuits.
Tout : la glaise moulée en vierges Galatée,
Né du premier atome ! et nous ; différents cas
Humains ! Dans l'infini rayonnent les quantas
Et luit le souvenir de mille voies lactées !
Des cordes sans couleur en une dimension
Longent l'espace-temps et troublent la vision :
Hier devient demain par un mouvement d'elles...
Cosmos, plus grand mystère au regard audacieux
Qui te mire à travers la profondeur des cieux !
Eternelle question qui fait pousser des ailes !
Portrait.
Sur la terrasse, au bar, un style rococo
L'orne parfaitement. Sur sa nuque tatouée
Fleurit le sang fécond d'une vierge clouée.
Elle porte à sa lèvre un soupçon de Pulco.
Dans son chignon, dansant, souffle le sirocco
Qui portera plus loin la neige dénouée
De sa peau rouge quand quelque honte inavouée
Surgit, brûle et s'efface en son âme, illico.
Ses ongles sont vernis par le plus pur azur
Et toutes les couleurs vives s'empilent sur
Le tissu de sa robe, on y perdrait la vue !
Astres plastifiés à l'ombre des moineaux,
A ses lobes, pendants, deux scintillants anneaux
S'opposent au soleil divin depuis la rue.
La source.
A Madame Sauvageod(t)
C'est la source où j'ai bu la première goutte
De cette eau qui s'écoule en chantant des baisers
De la première muse et les soucis pesés
Confluent en fleuve d'air où son hymne s'écoute.
Voyez-vous, professeur, si la langue s'arcboute
C'est sous le poids des cœurs les plus inapaisés.
Le cancre a pour trésor mille rêves brisés ;
Il fuit votre conseil et fuit tout, dans le doute.
Puis il se remémore un peu de vos mots d'or
Un soir d'aveu terrible où le néant l'endort :
« Tu devrais écrire », il tente l'art du poème.
Peut-être est-ce la voie où j'échouerai le plus
Mais j'ai vos mots en tête ainsi qu'un angélus
Ramenant le croyant vers le premier baptême.
Cougar !
Dans sa robe Madame a l'air d'une illusion...
Quand elle marche un pas plus gracieux que l'aurore
Synchronise en chemin le claquement sonore
Des talons élevés avec l'ondulation
D'un bassin langoureux dont les volants s'honorent.
C'est la féline aux yeux de velours qui paraît
Devant le jeune amant riche d'être candide
En guerre avec son âge et qu'il trouve stupide :
Juste écloses les fleurs n'ont pas ce qui lui plaît,
Il veut une corolle à son comble et splendide !
Madame m'aurait-elle aperçu ? Je ressens
Son regard effarant m'enrôler dans un rêve :
Tout se tait, mon cœur bat, un peu de vent se lève
Et je ne perçois plus l'orchestre des passants ;
Seul frémit le frisson du monde qui s'enlève...
Suis-je sa proie ? Alors : vais-je être dévorer
Entre deux lèvres élégantes et sauvages,
Extasié ? Pourquoi n'aurais-je ce courage ?
Madame est bien réelle et je vais l'adorer !
Rime avec le proverbe : l'amour n'a pas d'âge.
Pour les plus vigilants la première strophe synthétise volontairement Rimbaud, Verlaine et Mallarmé.