Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Sur l'inspiration.
Par Flickan
I
Au seul lieu désormais la nue claire et jaunie
Palpite sur la plaine où la fleur veloutée
Perpétuelle dans ta main frêle et gantée,
Muse, ajuste aux soupirs la fatale harmonie .
Il fallut du félin la sanglante ironie
Léchée et tour à tour, par les tombes comptées,
Aller ôter aux fronts des chimères tétées
Par le plus divin l'or châtié de la folie ;
Muse, pour te voler ce trésor, à genoux.
Fils perdus de la femme aérienne : nous
Qui, tels égarements purs d'esprit et de chair,
Prolongeons des saveurs semblables aux dégouts.
Vaines inflations de troubles inviolés,
Reflets fragiles, dans l'abîme, d'un éclair,
Baiseurs inassouvis des ongles étoilés :
Nous ! Muse, cède nous un baiser juste amer !
II
Toute de glace et faible, un frisson de la hanche
Contre l'herbe pressée incline la matière
D'une chair onduleuse, imparable et plus blanche
Que les ruissellements de sueur et de lumière.
.
La terre sous nos pieds peut s'effondrer, ma chère,
Moins brûlante que nous au fond de ses entrailles !
L'extase indécemment qui fore son mystère
Me pénètre le sang. Tu geins et tu défailles.
Et dès lors j'accomplis, sous les cieux éveillés,
-Tremblement des iris d'abord écarquillés-
L'ivresse de mourir. Puis je ferme les yeux
(Éthérés souvenirs des éthers oubliés).
La brise nous parvient des mers de la douceur
En effleurant la plume unie à tes cheveux ;
Tu mords ta lèvre nue et pèses la douleur...
Ta fleur est maculée et le monde est heureux.
Rompre
Oh tu me gonfles ! Tu te tords et tu proclames
Que je suis bien le pire au pays des salops
Qui, pour ne pas aimer, s'enfuient à grand galop
En laissant un poignard dans le torse des femmes.
Tu chouines dans un coin... et comme tu te pâmes !
On croirait que l'écume échoue un cachalot
Dès que, baves nacrées, tu verses les sanglots
Indociles stockés lorsque nous nous aimâmes.
C'est que tes doigts boulus... ils me rendent nerveux !
C'est que le lourd parfum qui leste tes cheveux
S'acharnait dans la nuit profonde à me poursuivre .
Tu crises tout à fait, plus dramatiquement
Que les reines perdues de Grèce, mais, vraiment,
Je ne veux plus t'aimer -arrière ! je veux vivre.

Enfer et damnation
Noël disparu.
Temps de l'appel perdu des bontés enfantines
Récompensées par ce qu'ils n'ont jamais voulu ;
Le moment du bonhomme écarlate et velu
Qui presse son gros flanc dans les nuits clandestines.
Au Noël de Jésus sous les croix argentines
Et le faux sapin elle attend... L'ange moulu
Sur la cime interprète un regard absolu.
La télévision transmet des cavatines.
Elle attend... Cette année l'a connue similaire
A ce qu'elle fut dès sa naissance pour plaire
Aux Autres. Elle attend aux communes lueurs.
Sa liste de cadeaux vierge, elle patiente...
Elle n'a pas dormi du jour, presque inconsciente
Elle attend le moment des orphelins joueurs.
Enfer et damnation.
Fable immoralement morale.
(Sur la lande, éloigné des lieux de pendaisons
Inutiles, il va vers où le vent le porte,
Sous le scintillement céleste des tisons,
Aux avant-bras le corps de la fillette morte.
Elle n'a pas lutté contre les autres, claire
Étoile du matin belle de dénuement
Dont, bleue et d'émail pur, la prunelle s'éclaire
Un peu plus à Noël disparu, tendrement...)
I
Ceux qui pleuraient, hier, sur leur sort, les poumons
Suffoquant, le cœur plein d'hémoglobine louche,
Résultent de l'horreur muette des démons
Invinciblement là ; de la rue à la couche.
Cortisone d'enfer, la belle apoplexie
Passa quand l'heure obscure où la rapacité
Des chiens des nuits sans fond tomba : la galaxie
Des spectres inconnus, noirs et décapités.
II
Elle a rêvé des arcs d'éther et de carats
Multipliés sur le champ de roses que garde
L'Éros du premier jour allongé dans l'aura
D'une ombre près d'un fleuve où l'aube se regarde.
Elle ne dormait pas quand le soupçon d'un ange
Lui murmura ces mots : « Toi, source de candeur,
Tu gouteras le sang écarlate et la fange,
-En larmes- des bourreaux que génère la peur. »
III
Et les harpies, parfois à serre-tête d'or,
Perdent leurs ongles si vernis, si beaux, si lisses
Avec des cris divins et des mouvements fort
Brusques ; ils saignent les doigts chargés de délices.
Jadis bagués, les doigts faits pour cacher les lèvres
Où s'animait le faux scandale, les rumeurs
Célèbres, où germaient ces paroles mièvres
Qui croissent dans la ville en formes de tumeurs.
(Sur la lande, éloigné des lieux de pendaisons
Inutiles, il va vers où le vent le porte,
Sous le scintillement céleste des tisons,
Aux avant-bras le corps de la fillette morte.
Elle n'a pas lutté contre les autres, claire
Étoile du matin belle de dénuement
Dont, bleue et d'émail pur, la prunelle s'éclaire
Un peu plus à Noël disparu, tendrement...)
IV
Lui c'est le poète aux couleurs de perroquet
Sauvage, il a trouvé la fillette couchée
Dans la fange et le sang, un petit bilboquet
En mains, par mille jets de pierres amochée.
Alors il l'a portée au delà des arômes
Putrides qui fumaient autour du corps gelé,
Et sa robe alourdie par l'urine des mômes
Fut laissée là, débris d'une beauté fêlée .
V
Les mômes, eux, pendants aux liens des balançoires
Comme du linge mort que ballotte le vent
- S'écoulent de leur nez des fils de morves noires -
Sont pris d'un rire bête, infini, délirant.
Leurs baskets sont farcies d'insectes puants dont
Les mandibules suintent un puissant curare,
Leurs rides ont figé d'ineffables pardons,
Quelquefois l'un d'entre eux sursaute du regard.
VI
Il la vêtit avec des mots sacrés, des phrases
Qui, tombées dans l'oreille avide des bimbos,
Les auraient fait mourir fidèlement d'extase,
Il l'habilla de pleurs et de fleurs de tombeaux.
Il maudit les auteurs du crime, il approuva
Les promesses du diable, il emporta la gône
Jusqu'où l'humain ne peut poser le premier pas
Pour l'enterrer selon les rites de la faune.
Sous le grand ravinale où dorment des colombes
Il bénit la fillette avec un truc en plus
A l'infime vécu dans son infime tombe
Vengée. en paix. Le ciel la couvre d'angélus.
(Sur la lande, éloigné des lieux de pendaisons
Inutiles, il va vers où le vent le porte,
Sous le scintillement céleste des tisons,
Aux avant-bras le corps de la fillette morte.
Elle n'a pas lutté contre les autres, claire
Étoile du matin belle de dénuement
Dont, bleue et d'émail pur, la prunelle s'éclaire
Un peu plus à Noël disparu, tendrement...)
Le printemps des justes.
Je suis la Guerre civile. Et j’en ai marre de voir ces andouilles se regarder en vis-à-vis sur deux lignes, comme s’il s’agissait de leurs sottes guerres nationales. Je ne suis pas la guerre des fourrés et des champs. Je suis la guerre du forum farouche, la guerre des prisons et des rues, celle du voisin contre le voisin, celle du rival contre le rival, celle de l’ami contre l’ami. Je suis la Guerre civile, je suis la bonne guerre, celle où l’on sait pourquoi l’on tue et qui l’on tue : le loup dévore l’agneau, mais il ne le hait pas ; tandis que le loup hait le loup. Je régénère et je retrempe un peuple ; il y a des peuples qui ont disparu dans une guerre nationale ; il n’y en a pas qui aient disparu dans une guerre civile. Je réveille les plus démunis des hommes de leur vie hébétée et moutonnière ; leur pensée endormie se réveille sur un point, ensuite se réveille sur tous les autres, comme un feu qui avance. Je suis le feu qui avance et qui brûle, et qui éclaire en brûlant. Je suis la Guerre civile. Je suis la bonne guerre.
Henry de Montherlant.
La rage du peuple de Keny Arkana :
I
Les derniers mots du titan
Quand, enfin, le mutin surplomba l'écritoire
Le Prométhée ancien au poitrail éventré
Et brûlant lui donna le fin mot de l'Histoire :
« L'homme retournera par où l'homme est entré ;
Au divin de son nom, de sa chair reconstruite
Et du feu de Solyme à jamais perpétré.
Ce jour multiplié sans genèse ni suite
Sera le lendemain d'un malheur sans pareil ;
Toujours. On pleurera de cette peine instruite.
Pourtant lorsque l'or ne vaudra plus le soleil
Ils pousseront des yeux figés vers l'empyrée
Et les rêveurs ne trouveront plus le sommeil.
Lorsque le fouet verra sa tutelle ignorée
Par la chair bariolée de sueur et de rougeurs
Pourtant étrangement belle et revigorée
Ils pousseront des mains violentes aux rêveurs.
Horreur des Ben-Arès qui reflètent les flammes
Furieuses du silence et des sourdes ferveurs !
Des seigneurs qui jouent à la guerre comme aux dames
Il en est, celle-là c'est un autre combat :
C'est celle des enfants, des faibles et des femmes.
Pourtant, frère d'un jour et, pour un jour, soldat,
Des Achille du peuple entameront la guerre,
Plus vaillants qu'un héros dont le cœur se bomba
De rage, sans tuer la déesse mystère...
Sans tuer l'allié souffrant d'un mal idem
Mais le bras assassin des mânes délétères.
Et Ibliss et l'argent trônant sur un tandem
Ne mourront qu'acculés par la force des armes.
Pourtant ils ont, à deux, les charmes d'un harem.
Pourtant quelques uns vont succomber à ces charmes.
« Quoi ! Faudrait-il tuer l'ami du jour d'avant ?
Être libre c'est être entravé par les larmes ? »
« Tu sauras... Tu sauras, mais saches que le vent
N'attendra pas l'oiseau pour heurter le mirage
Des paradis perdus d'un monde s'écrivant
Sur le Grand Livre dont tu portes une page. »
II
All shall fade
Le kalaschnikov fou d'expectorations noires
Dans l'azur bombardé fait scintiller le plomb !
Les murs lépreux ouvrent des yeux fumants et ronds
Sur pâleur des corps en tas sur le trottoir...
Puis, fauve grondement, de sinistres avions
Annoncent la volée à venir : dans le soir.
On a si peu sommeil au cœur des explosions...
Et Pyrrhus a connu de plus belles victoires.
Les hommes les plus forts quittent pour le billot
Leur famille, en leur nom s'étreindra la détente.
On s'informe, l'on veut entendre à la radio
Une gloire voisine, un renfort, une entente
D'aide international... mais toute attente est vaine.
Nous sommes en enfer : rebelles au Yemen.
III
Arabia
Libres et pour toujours, c'est un serment de l'âme !
Voici que nous avons fait tomber les géants
Un beau jour de printemps que la révolte enflamme
Pour ouvrir le seuil de notre avenir béant.
Et qu'est-ce-que la vie aux tréfonds des prisons ?
Nous demandons justice, notre Iphigénie
Sacrifiée sur l'autel des mille trahisons
Royales ! Nous voulons cueillir notre génie
Et le premier jasmin sans chaines aux poignets !
Des pansements de l'âme aux âmes qui saignaient ;
C'est là notre victoire au front, au carrefour.
La liberté formelle a trop lié de bras,
Déchiqueté d'espoirs et trop rougi de draps ;
C'est un serment de l'âme et un serment d'amour.
LIBERTE AIMEE
Quand un soldat...
Chérie aujourd'hui l'air est doux sur tes pommettes
Qu'ainsi qu'un rayon d'or s'accumulant au fond
Du gouffre dramatique mon doigt époussette
En faisant d'une larme un beau nuage prompt.
L'appel des feux hier retentissait, chérie...
Et j'y réponds, je pars aujourd'hui pour toujours.
A nos sentiments morts ! Aux âmes mal-nourries !
A l'ultime baiser ! Au déclin de l'amour !
Au chemin où mes pas, sous l'ombre des mouchoirs,
S'estompent ! A tes yeux veufs, enfantins et noirs !
Chérie, à l'avenir brisé de ceux qui s'aiment !
Je m'en vais... Reviendrais-je et seras-tu la même
Lorsque l'espoir aura posé son arme à terre ?
L'air est doux... Aujourd'hui je m'en vais à la guerre.
Rêverie.
Juillet divinement parfumait la colline
Et l'on voyait danser dans l'aube zinzoline
Toute un peuple de fleurs de cerisiers lointains
Reflété par les eaux du fleuve, par l'étain
Des galets. Le vent du sud en menait l'arôme...
Nul n'était à part nous dans ce dernier royaume
Des âmes épuisées, seuls dans ce paradis
Et à même l'ombelle allongés ; étourdis
Quand un astre vola d'une planète à l'autre
Portant une cataracte d'or. C'était notre
Heure la plus légère ô toi ma sœur d'oubli
En qui j'ai déserté le fardeau des maudits,
Être pluriel aimé, toi la seule indolore :
Le rouge d'innocence en ce monde incolore !
C'était notre heure d'ennui, d'air, de volupté.
Les digitales jouaient mues par leur volonté
Le chant qu'aimait Cybèle et qu'Ouranos implore...
Puis, les effets cessant du champignon sauvage,
Tout se disloqua comme s'efface un nuage
Camouflant le réel au semblant de carnage :
C'était décembre noir avec ses nuits d'orage.
C'était décembre dans la rue, près d'un garage...
Capote anglaise.
Tu vagissais bien, ma poulette,
Lorsque minuit sonnait ; minuit :
Moitié d'amour, moitié d'ennui,
Avant la dernière toilette...
Puis j'ai retiré l'amulette
Du pilier de marbre qui fuit
Lorsque, extérieurement, a lui
Une blanchâtre gouttelette...
« Pas de gosse avec ce vaurien! »
Disait ta mère, un peu tarée...
Tu tentas le bidet mais rien...
Et sous la moon très effarée
Déjà nous demandions pardon
En songeant au terme abandon.
L'allumeuse.
Par Kamster
Quand je défleurissais encore un printemps vert,
Que le croissant de lune était plein de tristesse
La germe dansante a bourgeonné puis ouvert
Tout un bouquet cru de faunes et de diablesses :
Orchestrateurs puissants des hosannas sonores
Frappant le cuivre et l'or sur des chairs de taureaux
Exposées jour et nuit sous le soleil du nord,
Dures comme le cœur enlevé des bourreaux !
J'irritais pour toujours les chiens gros d'aboiements
Enlacés à Babel ; les crocs de Babylone
Qui se brisent au grand choc des quatre éléments
Et puis passent pour morts à l'ombre des pylônes.
Mais la rue a posé, là, devant mes orbites
Gonflées de pleurs brûlants ton visage fardé
De lumière et tes yeux presque d'alexandrite
Alors que je n'avais qu'un gouffre à regarder.
Tu m'as incarcéré entre tes doigts plus doux
Qu'un frisson de la soie en Chine ramassée,
Cautérisant les plaies des bracelets de houx
Et de la tiare acide à ma tête harassée.
.
Puis sur le bord de mer, au regard des étoiles,
Nous avons fabriqué de fabuleux baisers
Tandis que des bateaux d'argent montaient les voiles
Qui retiennent le vent des paradis osés.
Nous voici tous les deux face au seuil éternel
Des jardins bienheureux où s'écoule la sève
De l'amour rose, où le fruit pulpeux d'hydromel
Se cueille dès l'instant où l'arc-en-ciel se lève.
Que de profusion quand on aime ! Que d'heures
Tendres ! Que d'hivers chauds pour les fronts épaulés !
Que d'horizons prométhéens ! Dieu, que de leurres !
De chambres closes et d'oreillers dévalés !
Pour nous, pour toi, j'écris sur les vides glaciers
La symphonie onirique des baronnies
Vaincues et ton prénom pour titre, or, extasiés,
Des oiseaux de papiers s'en retournent aux nids ;
Loin ! Si loin que jamais les îles migratrices
Aux insulaires nains n'ont entendu leur vol
Froisser les cumulus, ni les navigatrices
En solitaire, ni les disciples du sol !
C'est pour toi ce vers fauve, insensible et violent !
Qui parle des nuées de fleurs bleues qui dévastent,
Tsunami magnifique, un rivage indolent
D'hôtels particuliers qu'accumulent des castes !
C'est pour toi la foudre et la neige et la tempête !
Autant que l'éclaircie et le ciel renaissant !
Pour toi l'homme phallique et toute ses conquêtes
Où scintillent encore et son glaive et son sang !
Pour toi le chaos, l'ordre et cette déraison
Qui noua l'homme au feu par un jour de colère,
Et la berceuse avec des accords d'oraison !
Si tu m'aimes, pour toi tout l'or que tu tolères !
En fait pour toi mon nom... C'est ma seule fortune...
Abondamment mon nom et quelques jolis mots...
Vois-tu, si je te dois ce que masque la lune,
Je n'ai que ça... Que ta place dans le cosmos.
Enfin qu'un genoux à terre, une rose en main
Et l'espoir d'être aimé simplement, et l'ivresse
De tes lèvres de vierge où se promènent maint
Arômes : Ceux de l'Eve et ceux de la Tigresse.
Rien que des mots tassés dans le sac d'une strophe
Enluminée alors que tu t'enfuis, alors
Que, m'ayant consolé parmi la catastrophe,
Tu me refuses, tu marches déjà dehors...
Tu t'en vas, tu n'étais consolante, après tout,
Que par pitié ! Ma douce et chère empoisonneuse
En me réconfortant tu m'as tordu le cou ;
Telle sainte d'un jour meurtrit pour être heureuse.
Le sein.
Par Eddie Zato.
Très érotique un sein d'amazone où
N'est jamais la main qui tire la flèche
M'aveuglerait presque ou me rendrait fou
S'il était réel... Un sein qui se lèche...
Un sein qui n'allaite aucun enfant roi.
Unique et sublime ; on dirait : barbare !
Un sein divin ! Si je n'ai pas la foi :
Un sein plus qu'humain. Dressé comme un phare !
Aux rebonds furieux les matins de chasse
Malgré qu'encastré sous l'armure d'or
Dont le métal bruit, même : se fracasse !
Si mon amazone un beau soir s'endort
Je viendrais l'aimer de l'amour qui broie
Afin qu'elle soit, pour changer, ma proie !
La noyade des amants.
Du café toujours mais un peu plus de sens.
Par Scheinbar
Prise à la gorge la fille en deuil de Téthys
Ne nage plus, ne nage plus... Fort du délice
Que procure l'orage accompli l'autre fils
De Wotan éborgné dans l'abîme s'immisce...
Déjà le sable où dort une baudroie, indice
De l'eau plus inconnue encore que d'Ibliss
Toutes les feintes, fuit sous leurs pieds... C'est l'abysse
Des amoureux mourants ! Priant : De profundis !
Toute obscurité les embourbe ! Ils s'aiment ! Ils
Se lient violemment avec d'étranges fils
Tandis que leurs aïeuls entremêlent leurs biles
Et, sanglants à la fin, tant de complots habiles !
Mais ils s'aiment avec rage dans ces périls !
Et, sous la mer, on vit lourds de larmes leurs cils.
Livre-toi.
Je ne sais pas ce que ça veut dire, demandez à la dizaine de tasses de café qui se mêle à mon sang.
Livre ton cœur : ce pur organe, livre l'âme
A jamais ivre au dieu fatalement imbu
De lui-même ! Voici que ton front nain se pâme !
Ton front d'enfant perdu, retrouvé, reperdu...
Le ciel écumeux roule au lointain blanc la lame
Des aurores. Pardon ! Le pardon est ton dû
Ainsi qu'un lourd baiser incestueux de femme
Aux lèvres mutilées, dont le crâne est tondu.
Toi qui roule, chagrin, de très anciens mégots
De mauvais cannabis au bord des marigots
Suintant le souffre et le crachat d'immenses singes
Vêtus de fringues où se déchirent les linges
Et des poils gras semblant s'approcher de la mue.
Livre, petit malin, ton inconscience émue !
Par Sha-X-dow
Plus d'inspi'.
I
J'ai trop damasquiné le sistre
Quand quelques affiquets d'un vol
Côtoyaient mes cheveux de mistre
Avant qu'ils n'éclatent au sol...
Mon âme a connu le sinistre
Devant ces paupières de khôl
Masquant des pupilles de cuistre
Et cent nuits de pleurs et d'alcool...
Ça c'est de la douleur ! Pourtant
Ni sistre aux mains, ni diaule en bouche
N'en ont fait un hymne éclatant...
Je fixe ma feuille, j'en louche ;
Mais rien ne vient ! Tout est buée !
Mon âme n'est pas abluée.
I
J'ai cherché partout l'oiseau rare,
Ce piaf potentiellement bleu :
Clandestin dans l'aérogare
Où l'on meurt à la queue-leu-leu
Ou plongé dans la solfatare
Qui noue et la lave et le feu
Sous la terre sudoripare
D'Inielika... C'était si peu !
Mon âme n'est pas abluée !
A quand l'effrayant renouveau ?
L'ange apparu dans le caveau ?
Ressuscite ô Muse tuée !
Contemple tes dons immergés
Ainsi que mes ongles rongés !
Believe it or not i'm walking in the sky.
Marcher... Distinctement sur le sable du nord
Et du sud imbriquer la trace matérielle
D'un pas surhumain -telle éternelle kyrielle
De pointillés luisants sous les nuages d'or.
Aller là-bas où les beaux baoulés comprirent
L'hymne ocre de la terre au socle des forêts.
Aller, s'il faut aller, vers cette palmeraie
De baobabs branlants où des guépards conspirent
A des règnes divins plus dignes à leurs yeux
Que le domaine hideux des brousses désolées.
Aller vers l'océan où les tortues ailées
Squattent dans les remous qui violentent les lieux.
Je suis un marcheur noir aux semelles plumées,
Honnit par Mercedes ; amoureux du sol pur
Qui ne connut jamais ni le pneu ni l'obscur
Pétrole qui naît de tyrannies assumées !
Aller pour le voyage en flammes revêtant
L'apparat d'un exil semblable à la naissance.
Marcher pour se guérir, marcher : convalescence
Dont mon cœur a besoin tant le monde est méchant.
Les enfants de la nuit
Les autres
N'attendre que la nuit les yeux écarquillés
Sur mon ample tristesse ornementée d'un rire ;
Ayant surpris les mannequins déshabillés
Jusqu'à l'écorchement, baignés dans le délire ;
L'amer délire qui fait les derniers barbares.
Je les ai vu tuer mon courage d'enfant :
C'était un jour d'orage en berne, sans amarres,
Où mon âme s'ancrait aux récifs couleur sang.
Ils regardent danser mon cadavre anonyme
Que l'infernale foudre a déjà calciné,
Pratiquants sans regret du péché pantonyme
C'est angéliquement qu'ils m'ont assassiné.
N'attendre que la nuit ouverte comme un gouffre
Où tomberont les yeux débiles des badauds
Ainsi que ce long jour de fer où mon corps souffre
De nourrir les lazzis plutôt que les corbeaux.
N'attendre que la nuit, tête entre les phalanges,
Car je suis déjà mort étranglé par des anges...
Par thepunisher
Derniers Commentaires