Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Où sont les guerriers ?
Où sont les rois?
Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?
Sofiane.
Prospective.
Ainsi quand l'univers décomposé m'aura
Rendu, tout frémissant, à la lueur natale ;
Je vous parle de celle, infime, qu'implora
Dans le temple de marbre et d'arbres la vestale,
Je vous parle de celle à qui revient le don
Quand il est épuisé d'agrémenter la terre ;
Mon parfum s'enfuira pour les rhododendrons
Des landes d'or, avec lui : mon dernier mystère.
Je retournerai vers les antres du soleil,
Remâcher cette épaisse viande au goût de suie
Dont s'écoule du lion royal le sang vermeil.
J'écouterai chanter les songes de la pluie.
Dans la source immergé mon front noir pâlira,
Ce sera bien après l'inlassable agonie
Des cieux : Quand l'univers décomposé m'aura.
Feno Tahiri.
Tout ce qui brille n'est pas hors de soi.
Black Kent
Pour n'avoir pas trouvé le Graal de l'ancien livre
Je sanglote parfois, dis : « je me suis perdu,
Tout, depuis la genèse, est un malentendu,
Je n'avancerai plus ; j'attends qu'on me délivre ! »
Dès lors je n'ai de goût que pour les fleurs de givre
Et délaisse la rose au jardin suspendu.
L'été perpétuel du coeur a disparu
Ensemble que l'espoir de telle idylle où vivre.
Mais, tout à coup, à l'heure assassine, étincelle
Au fond de moi la flamme inextinguible, celle
Qui dégèle l'hiver noir de sa pureté.
Dans le creux de mon âme elle éclaire une amphore
Qui déborde de fleurs d'été, d'humanité
Et je me crois le Graal, et je veux vivre encore !
Premier samedi soir.
Pour ces adolescents dont vibre le sang neuf
Au rythme amplifié, puissant de la musique,
Dixit : "ce soir où nul ne part vierge -l'unique-
Il faut du cannabis, de l'alcool, de la meuf".
A l'ancienne orgie a succédé la teuf
Et chacun va dansant dans le trouble et l'oblique
D'une immense biture... Ah ! quel bonheur publique
Ne saurait se briser net à l'appel d'un keuf ?
A minuit où la lèvre ivre boit à la lèvre,
Où l'on sent s'accoupler le désir à la fièvre
Un doigt sonne plusieurs fois : c'est l'autorité !
Ainsi les amoureux quittent les amoureuses
Et l'on éteint la chaîne hifi, l'austérité
Empiète sur la nuit des promesses heureuses.
Outlaw !
Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, c’est la loi qui affranchit.
Henri Lacordaire.
Quand viendra l'heure, ami, je ferai mes bagages
Et j'irai, par les plaines au lever du jour,
Traversant les chemins de poudre sans détour,
Rejoindre les butors et les tueurs à gages.
Au bout du flingue luit la mort et dans les cages
Les gars saignent, hurlant leur douleur au dieu sourd.
Le passé pèse ainsi qu'un poids ; un poids trop lourd.
Les bals au crépuscule ont des airs de saccages.
Mais quoi ? Le front toujours baissé, la peur au ventre ?
Le regret d'être né qui tel un sabre rentre
Dans l'âme, la torture et jamais ne ressort ?
Non, laissez-moi tirer ! Une fois ! Dans le torse !
Mon choix est fait parmi les deux faces du sort :
Mourir dans la sagesse ou vivre par la force.
Calliope à tout prix
Suivi de : Les soucieux.
Aucun ? N'aurais-je aucun talent ? D'accord, mais moi
J'enchante une danseuse ivre et aérienne
Qui valse sur ma paume un pas perdu de Vienne,
Promesse et renouveau vivace d'un émoi
A chaque vers jailli d'on ne sait où. Pourquoi
T'en vas-tu, courant d'air féminin qui m'alienne ?
Combien de fois m'as-tu trahi ? N'es-tu pas mienne ?
N'es-tu pas la lumière et ce qui luit en soi ?
La voix ? La grande voix qui ne dit que beauté ?
Impératrice, reine et toujours ouvrière
Que j'abrite et chéris ? Contre qui j'ai fauté ?
Poésie. Et l'enfant parle et reprend son dû.
Poème. Le premier jardin, la soufrière.
Sans vous qu'est-ce le monde ? Un pur malentendu.
Dizain déprimant.
Ceux dont les jours sont faits de tristesse et de songes
Voltigent... ni flots blancs qu'effacent les éponges
Pour baigner ce cœur, lourd et vrai nid de frelons,
Qu'une blessure expose à la flamme, aux grêlons
Parmi les vents du nord ivres ou la tempête
Diluvienne où tout prie et courbe la tête.
Eux, enfants prosternés des terribles destins,
Ont-ils jamais tenu, vivants entre leurs mains,
Les bonheurs garantis et le fruit des maraudes ?
Ont-ils revu tes yeux de face, Mort qui rôdes ?
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