Aux cieux flamands l’aléatoire
Inanité saucissonnait
Le gardien du purgatoire,
Sa femme et ses filles de lait.
Paladin démuni de mine
Au champ incestueux, les faux
Narguent Popeye et Adeline
Emportés dans le blé des flots.
Puisse ta vergogne, ogre, aller,
Aller, aller, aller lascive
Sous cette demeure passive
Du fuchsia sénégalais.
Presque ! Et toujours ! Preste, un dandy
Murit ou fane c’est selon
Ce que réclame votre envie
Et l’innocence des melons.
Presque ! Et toujours ! Papilloté
L’hallali fend l’ocre nervure
Et la sou-soupe et le mercure
Du navire pas piloté.
Presque ! Ottomane, une Orion
Éclate dans l’amer espace !
Tout est vain, nul, tout meurt, tout passe :
L’humanité, les oreillons…
Par ~nbknew
Et l’oiseau d’anthracite envolé du chemin
Picorait la couleur de la perle aurorale…
Quel Tokugawa vint unifier, d’une balle
A la tempe, le règne ouvert du beau matin ?
Luthier que la faim damnait, les gargouillis
Au bide et l’être aimé si loin de ta souffrance,
Tu tracassais l’étang où boivent, en errance,
Les vieux oiseaux léguant leurs derniers gazouillis.
Et merle, par le noir qui fait hurler ses plumes,
Un autre oiseau lançait l’apanage du jour ;
La sonate intégrale -ou le chant des enclumes-
Sur un amélanchier achevant son contour.
Au cou q’Ubris bénit sa majesté le cygne
Altière décolle et, par là-bas s’en va…
Là-bas c’est l’antipode au-delà de la ligne
De feu : C’est le berceau d’où le ciel se leva.
D’où l’ahurissement puise sa tragédie
Tel palétuvier qui fore dans l’éther
Les racines enflées d’un autre paradis
Auprès de l’angle mort où se couche la terre.
Toi, l’hypocondriaque ornithologue du
Square, il vole là-bas un condor endémique
Qui, du bec, rend à chaque âme errante son dû
Sitôt qu’elle a passé l’antichambre cosmique.
J’en reviens à l’oiseau d’anthracite oublié
Mangeur d’aube en joyau d’un trait de langue. Ô l’Aube !
Digérée dans sa panse avec son or plié…
Il faut cueillir le fruit vert avant qu’il ne daube.
Ceci est une seule strophe dont chaque vers peut-être interchangé avec le vers qui tient la même place dans sa variante. C'est pas clair... C'est un clin-d'oeil à Queneau quoi !
La foudre que je tiens, vive autant qu’un python :
Elle brûle mes doigts noircis par sa caresse,
Je n’attends pas la mort engourdi de paresse
Pour que tombe, rompu, le monstre de béton.
Dans mes mains, s’énervant, vit la révolution :
Elle est prête, fin prête, et lourde de détresse,
Et je m’en servirai sans faille ni faiblesse,
Pour que l’oligarchie se vide d’un poumon.
Je porte du paria la poussière à canon :
Elle palpite, elle est avide de prouesse,
Et de toute étincelle elle est demanderesse
Pour briser chaque chaîne, et maillon par maillon.
La pierre est dans le poing, le climat est au bond :
Elle s’acharne à dire : « un peuple entier te presse ! »
J’en ferai bonne usage, et que cet ordre cesse
Pour que l'or-empereur comprenne sa leçon.
Imbécile, j’escorte une furie sans nom :
Elle est incandescente et sublime diablesse,
Je la garde et j’attends ; c’est comme une promesse,
Pour faire éclore la justice aux yeux de plomb.
J’ai comme legs la flamme aux teintes de passion :
Elle est étanche au deuil, aux rires, à l’ivresse…
Je ne l’oublie donc pas, je l’offre à la jeunesse
Pour que s’ouvre, rougi, l’œil niais du mouton.
Ma rage est esthétique et n’orne aucun fronton :
C’est celle d’une masse encombrée de bassesse
Je la donne à qui veut, avec grande allégresse
Pour que les titans d’or se voient courber le front.
La lame d’argent brut qui perfore le son :
Elle est notre, mais à qui la première adresse ?
Je l’utiliserai sans prélude, sans messe,
Pour que le dominant mange de son bâton.
La mitrailleuse à cent-mille coups en dit long :
Elle est tous les reclus que ce monde délaisse
On la prend vite main - quand on sait qui l’on blesse -
Pour arracher le masque et la contrefaçon.
La fleur de ma colère est proche d’être tronc :
Elle est avide de sang, quoiqu’il n’y paraisse,
J’attends l’évènement, son choc et sa vitesse
Pour unir dans la lutte agathois et breton.
I
T’ai-je emmené Sarah, mes deux mains dans les tiennes,
Où la lavande est d’or ainsi que son parfum
Un mois d’aout esseulé loin de l’astre défunt
Qui pousse, dans nos dos, le crin ranci des hyènes ?
Il me semble, Sarah, que les valses de Vienne
Nous les avons dansées, parmi les ormes nains
Dans la jungle soyeuse où crèvent les matins
Comme des bulles bleues avant que midi vienne…
Des lieux sans nom ni but j’en fréquente en myriade !
Engloutis, oubliés, noyés dans la triade
Où sans cesse égarés dès la mort de l’enfant…
Mais, Sarah, sur ma carte où les croix se confondent
Ils sont notés, chaque aube a vu noircir ce plan
Par des coordonnées ou par des longueurs d’ondes.
II
Donc Sarah, sœur unique à l’épaule de mère,
Nous irons, si tu veux, à dos d’aigle royal
Habiter le palais tout vêtu de santal
Où logeait le roi vain d’une race éphémère !
Pour y déguster l’os acide du mystère
Et le sang foudroyé du temps morne et fatal,
Qu’importe d’être pris par les sept bras du mal :
Quand nous serons repus nous quitterons la terre !
Mais là-bas ! Seulement ! Là-bas ! Sarah je veux
Voir tes yeux éblouis ! Je veux revoir tes yeux
Ornés par la tendresse autant que la lumière !
T’ai-je blessé, Sarah, pour te voir au lit blanc ?
Blanc pareil à ta peau qu’une fine poussière
Poudre. Où pourrais-je aller ? Sans toi ; que vaut mon plan ?
Cas de conscience :
Va, vis et deviens, mon frère, la cité,
Haïe ou lieu d’orgueil, c’est toujours un mensonge
Crédible… un pâle enfer : un lendemain de songe
Laissant à plus d’un brave un front bas, dépité.
C’est un rouage creux mu par l’éternité :
Si l’un meurt l’autre aussi, le cycle se prolonge…
Puis meurt celui qui tient la paroi qu’elle longe
Car la brume d’Aya tue vite, en vérité.
Caroline en sommeil dans l’angle d’une cave,
Coupée et recoupée, emporte son lot d’âmes…
Hélène (pas de Troie) repeint le macadam
D’hideux défigurés, tremblants – des puits de bave…
Et la haine ? Et l’argent ? Tant de scènes du drame !
Va, vis et deviens, marin quitte l’épave !
Par dotgfx
Reste, frère, parmi ceux qui furent tes frères
Tu n’iras nulle part sans les murs qui t’entourent ;
A la lune levée la vie reprend son cours,
Ne sommes nous pas biens : nous qui sommes mystères ?
Nous sommes au-delà de tout un règlement,
Pourquoi quêtes-tu donc un enclos loin du tien ?
Ici tu es un homme, ailleurs tu es un chien…
Que me dis-tu travail ? Tu sais d’où vient l’argent !
Pour sortir il faut être à un peuple semblable
De la tête aux pieds… De la tête ! entends-tu ?
Nous sommes nés suspects, au moins condamnables
Aux yeux des autres. Je te dis qu’il faut te taire
Ailleurs : tu peut-être ouï, mais dès que tu t’es tu !
Reste, frère, parmi nous qui sommes tes frères !
les enfants de la nuit
Réveil noir :
Par ~pickofdestiny
A Pitch.
Nix, sans fard, vous dévoile une sombre mêlée
D’individus hagards (morts selon la prestance)
Et dès l’aurore fuit sans prendre de distance
Pour vous pendre au matin, l’âme déboussolée.
Vous vous levez pendu, prunelle constellée
De caca - l’existence épuise, l’existence
Attente à sa personne, est sa propre sentence - :
Voici levé l’aveugle à la gorge scellée.
Vous êtes neuf pourtant votre face est fêlée,
Votre cervelle est lourde et l’urinaire instance
Vous agite… mouillé, pendu, sans consistance
Vous allez droit au bain : droit vers l’eau rappelée,
Puis, elle, en un instant, de la courbe déborde
Car vous y plongez nu pour retirer la corde.
Epopées
ou les enfants de la nuit :
Par * genzoman
As-tu vu l’écheveau de la sanglante Histoire,
Hennissant, au galop sur un tapis de corps
Décomposés de là, de ci ; les tristes sorts
Qu’un vieux poing décharné rougit sur l’écritoire,
La mort qui perle aux fronts sous l’arche fantastique
Elevée par delà le champ de l’œil humain
Et l’univers brulant renversé d’une main
Que n'étreignit jamais l’idole de plastique ?
Télémaque accablé par les bouches perfides
Vit l’homme véritable et toi, divin lecteur,
C’est l’annonciation de l’homme prospecteur
Du feu primordial en tes rêves splendides !
C’est la mêlée au cœur de laquelle Anastase
Guidait, sage, Byzance aux temps intestinaux ;
C'est le fruit triomphal qu'envenime l'extase !
C’est un fléau : le seul aux oreilles de chien
Dont l’iris en fureur semblait des hauts-fourneaux ;
C’est Atlas enchaîné dont la terre est le lien ;
Surgie d’un mont béant, c’est l’ode titanesque
Qu’Hélios l’Hypérionide assume de son sceau
Et que nul ne cadra dans la grandeur des fresques !
Au terme des lueurs un peuple entier s’extrait...
Il est dit qu'un jour il s’envolera d’un trait
Car, apitoyée, Nix reconnaîtra les siens.
Donc écoute le chant qui s’ôte d’une rue ;
Ce petit air, de rien, que trop de faste tue,
Digne d’être entendu si l’on se penche bien.
La révolte des légumes :
Par egoodwinart
« -Artichaut je te plume et je mange tes ailes ! »
Quel légume envolé du terreau vert de prêles
Jaillit devant la lune, à cette heure des morts ?
Sorcière du sabbat, de tes sinistres sorts
Lequel hante, violent, les fibres sur ma table ?
Une carotte fut un pieu redoutable
Qui tenta de percer la plupart de mes yeux !
Mon repas rebellé parti devers les cieux
Il ne me reste qu’elle, étrangement vivante :
Elle hésite… soudain, respiration lente,
Elle vit… aussi vite elle redevient fruit
-ou légume, elle est rouge et propage du bruit...
Sorcière ton sort qui lève la primeur
Légumineuse atteint-elle telle tomate
Qui doucement soit vit, qui doucement soit meurt,
Enfin : puis-je ingérer cette chose écarlate ?
The Bird is the word.
Par ~ Bruno Sousa
Aujourd’hui perce, point, s’apprête...
Au pampre la bergeronnette
Pépie (car nullement tarie)
Son aubade qu’un vent charrie
D’aigrefin à berger honnête.
Je la tue puis l’épie, sceptique :
Quel la, quel do excite, pique
L’exigüité qu’est sa tête ?
Quel sein exquis de muse tète
L’oiseau, déité poétique ?
Être reine ici-bas… Quelle est cette berceuse
Que chante tendrement le chœur des digitales ?
Il dort (doute quant à son réveil par la main de l’azur), il vit.
Femme aux bras pétris dans la glaise maternelle. Elle le berce… tout doux - mini-cils clos vibratiles - elle embrasse de chaleur son front d’un regard amusé, son enfant, il est mignon :
Il rêve.
Par ~dustyfox
(le premier déballa les frasques de la gloire…)
D’immenses jambes pendent à son bassin ! Sont-elles faites pour mieux accompagner ou pour mieux fuir ?
Il ne peut pas répondre car il est déjà loin, dans l’odorante mangrove
avec ses mots de gloire.
Par ~vanootzanen
La reine est seule. Et Lui. Et lui… Et lui ? Et lui !
Laisse-le si tu vois tes vêtements de lambeaux, son œil jaune paludique, tes voisines la fosse et la poussière, visage à travers cette fenêtre qui n’est qu’un trou maladroitement carré ; regarde ! le
Destin.
Qui des deux survivra ? Belle, qui ? survivre…
Maternellement se faire à ce choix dont chaque facette et moindre détail examinés semblent infanticides.
Choix fait : à la lisière orpheline, un soir, un matin, ou une nuit, empaqueté, lourd de par ses haillons noyés mouillés de larmes :
Veloma.
Par ~ Evian74
Les lèvres sont parfois un sanglant défouloir.
Qu’elle se les morde, qu’elle se les arrache, et que tout cicatrise sous le sel de ses pleurs, le prouve.
Le choix est fait la reine, la reine perd un tout. La reine est démunie et profondément entaillée par elle-même la reine. Dans les gémissements, les cris et les silences la reine balade la lame de son puissant remord en travers ses entrailles :
C’est plus que de dire que la reine s'en veut.
Par ~NarekYo
Que le temps passe et court ! Il n’est utile en rien.
Toujours le remord comme un carcan - incoercible sceau dur - dentelé de rasoirs.
" - Frêle reine le fils est ailleurs. On dit qu’il vit, qu’il mange, qu’il ricane, qu’il boude et qu’il cueille la lumière.
- C’est bien, c’est mieux.
Ôtez-moi ce carcan ! Je garde les rasoirs."
Des rasoirs, oui : c’est tout, la reine peut marcher.
Un autre fils, gardé.
Mais si les ravinales s’en allaient tendre la gourde à tout errant meurtri jusqu’à la tour Eiffel elle filerait un coup d’œil, voir s’il ne cueille pas d’ombre.
Mais il n’en est rien et il n’a pas répondu à la lettre… monologue épistolaire des dernières volontés. Mais elle marche, il vit.
Elle marche… Vacille.