Où sont les guerriers ?

 

Où sont les rois?

 

Où sont les orgueilleux qui prennent le trône quand on les croit ?

 

Sofiane.

Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).

Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /Fév /2010 04:36
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).
Le romantisme pour les nuls :

Je t'aime d'amour mon aimée
Et mon amour énamouré
De part le ciel sera semé ;
Jusqu'à la mort je t'aimerai.

Love by azzriel666
Peinture : Azzriel666.
(On ne sait jamais...)




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Mercredi 13 janvier 2010 3 13 /01 /Jan /2010 05:47
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).
Bilan de l'année :

Cette année fut semblable à celle qui suivra ;
J'ai brûlé des pays de rêves entassés,
Effacé la frontière et la douane. Il sera,
Peut-être un de ces jours, temps de me surpasser.

Il fait froid dans la nuit. Cet hiver est cinglant ;
Au coin du radiateur je fouille ma mémoire ;
J'ai brûlé des pays et des amours sanglants
Et tous les vêtements qui vivaient dans l'armoire.

J'ai brûlé le paraître et ce blog anonyme
Est l'urne funéraire accueillant sa dépouille.
Ici rien n'est signé et qui m'aime me mime ;
Mon minerais de feu ne connait pas la rouille.

J'ai achevé l'amour qui n'est pas quintessence ;
Celui qui dure un temps pas plus long qu'une nuit,
Celui qui manipule et amoindri les sens,
Celui qui se pratique à l'ombre d'un réduit.

J'ai cherché des soleils dans de lugubres nord,
Et des pépites d'or dans des fumiers puants
Ainsi que la saveur violente du remord
Dans des fruits fabuleux, informes et gluants.

J'ai goûté le chagrin avec le rire aux lèvres.
J'ai cherché l'ingrédient, le secret du poison,
La dose nécessaire aux nausées et aux fièvres
Avant que la folie ne mange la raison.

J'ai cherché un vieux rêve à porter pour les
autres,
Une chose obsolète
afin de palier au
Vide. Comme une foi, comme une patenôtre ;
Notre constat d'échec exige un renouveau.

J'ai souffert l'ignorance et l'incompréhension,
Les rires retenus, les regards ennuyés,
L'arrivée des échos avec l'appréhension
Du condamné à mort au mur des fusillés.

J'ai pleuré, les yeux secs, des choses ridicules
Comme la poésie et la littérature ;
Ces grandes oubliées du monde qui circule
Entre des faux miroirs et des caricatures.

Cette année fût ainsi ; soeur de la précédente.
 J'ai brûlé, achevé, cherché, goûté, souffert,
Mais mon premier savoir, sachez que c'est l'attente!
En attendant j'écris ; je n'ai que ça à faire.

Variante : En attendant j'écris, c'est là mon doux enfer.



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Mardi 8 décembre 2009 2 08 /12 /Déc /2009 05:20
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).
L'étoile invisible.



Dans la cour de l'école un vieux platane chauve
Et, adossé à lui, une boule de nerfs :
Un enfant solitaire aux pupilles de fauve,
En tee-shirt sale et court, l'été comme l'hiver.

Il passera la pause à cracher sur le sol,
A fixer une fille à la mode et heureuse
Qu'il aime au point de ne plus savoir la parole
Devant ses yeux profonds, ses paupières poudreuses.

Lui qui n'a ni virgule accolée aux chaussures
Ni carrure d'athlète à exposer au foot
Il lui porte un amour sans commune mesure,
Mais il le cachera, il le fera pour toutes.

Il se taira devant l'injure aux alentours ;
N'ayant de force aux poings ni de mépris au coeur.
Il n'aura pour amie que l'étoile du jour,
Invisible au soleil et aux yeux du moqueur.

Cet astre le poursuit depuis un jour de larmes,
Un jour où le néant vint quérir à sa porte
Son rire, son talent, son bouclier, son arme :
Un jour où il apprit que sa mère était morte.

Depuis ce jour l'étoile à son ciel endeuillé
Luit sans diminuer, sans frisson lumineux,
Son rayon lui apporte un début de foyer ;
Un embryon croissant de flamme dans les yeux.





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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 05:01
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).
La révolte des restes.




Les pieds frottants le sol et l'esprit au Nadir
Je cherche une grossière idée de mon bonheur
Et les camions à benne exhalant leur odeur
S'arrêtent au tournant avant de repartir.

Mais le dégoût m'épargne et va aux riverains ;
Boomerang pourrissant de leur vie consommée.
Quand  l'obsolescence éternelle aura sonné
Il sortira les morts du monde souterrain.

Un jour le vieux caviar et  le saumon pourri
S'amoncèleront et ne formeront plus qu'un
Géant de rose chair et d'esturgeons éteints
Qui broiera le portail de sa déchetterie.

Il ira par la ville empester les allées,
Frotter l’or des frontons, se coucher sur le marbre,
Briser sur son passage obélisques et arbres,
Trouver un gouffre humain pour entier l’avaler. 

Et d'immondes marées le suivront à leur tour ;
Les plats inaccomplis, les plats inachevés,
Les plats entiers, aussi, péremption achevée,
Et les plats noirs et durs carbonisés au four,

Tous ces abandonnés des palais et des bouches
Que les couverts d'argent ne pouvaient tolérer,
Ces oubliés lointains des lieux réfrigérés
Laissés aux estomacs des corbeaux et des mouches.

Ils s'amoncèleront à leur tour en géants,
En putrides tribus, en peuple putréfié
Qui forcera les dents des bouches pétrifiés
En quête de salut, de suc et de néant.



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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 08:16
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).
A toi le poing levé.






Ce monde que nous dénonçons ,
Où l'exploité a le sourire,
Où tout espoir vient à pourrir
En puante contrefaçon

Nous y vivons et chaque jour
Amène l'homme  vers la nuit
Et nous puisons peur et ennui
Au puits où se tarit l'amour.

On nous dira que tout va bien
Et que tout est sous le contrôle,
Des déserts aux glaces des pôles,
De ceux qui ont tressé les liens.

On vous dira la vrai souffrance
Et vous, faibles bonimenteurs,
De vos chaires, de vos hauteurs
Vous tomberez à la décence!

Pis que la ruine financière :
Le dépouillement de pensée.
Ô vous salopards encensés
De nos demains, de nos hier,

Qui sans arrêt nous raccourcissent
Le temps exposé aux rayons
Et aux cordes de l'embryon
Lient l'abandon et le supplice.

"Abandonne tes beaux combats ;
Tout ici n'est qu’acquisition
Et devant nos réquisitions
Ôte ta langue du débat!

L'argent, le monde et le pouvoir
Nous accompagnent dans nos mains!
Tes cris, ton poing levé sont vains
Et nous rions de ton savoir!

La vie est ainsi petit être,
Toi, tu n'y changeras rien ;
Pour un qui briserait ses liens
Mille y succomberont peut-être.

Au diable ton obstination!
Tu succomberas jeune ou vieux!
Agenouillé, nu dans le cieux!
Errant sans détermination!" :

C'est le murmure des puissances
A l'oreille de l'insoumis
Dans le bruissement de fourmis
Des haines et des médisances.

Écoutes le car c'est la preuve
Que tu démanges leurs talons
Et qu'en rêvant dans leurs salons
Ils t'imaginent sous un fleuve.

Qu'on les chatouille et uns à uns ;
Un pied puis l'autre, dans leur chute
Donneront raison à la lutte
Contre le marché de l'humain!







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Mercredi 28 octobre 2009 3 28 /10 /Oct /2009 06:44
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).
Un 31 décembre .


Dans la ville endormie, à l'ombre des regards,
Dans les bras de l'hiver et dans les mains du givre
Il s'était installé dans un recoin de gare
Et murmurait au mur, abandonné et ivre,

Ses mots coulaient le long de sa barbe en broussaille.
Quels joyeux souvenirs lui montaient à la tête?
Ceux d'un autre destin que celui de piétaille
Ou ceux de son enfance et de ses jours de fêtes?

Ou quel vain regret vint percuter son cerveau?
Celui du glissement de la meute à la marge
Ou du premier sommeil au creux d'un caniveau,
Attendant que la pluie l'emmène loin au large?

S'est-il dit qu'un matin, enfonçant le brouillard,
Une main
douce et fine se tendrait vers lui,
Et, la brume en bandeau comme à colin-maillard,
L'emporterait soudain vers un chaud paradis?

Quand est-il descendu sur le chemin d'Orphée?
Lui a-t-on trop donné ou lui a-t-on trop pris?
Quand l'a-t-on de fortune et de brun  décoiffé?
S'est il voulu plus libre? En a t-il su le prix?

Pas de soirée télé ni d'abrutissement,
Ni les cent pas en rond de l'amoureux d'ennui,
Ni d'un couple la chute ou l'accomplissement ;
Cette nuit pour cet homme il n'y eut que la nuit.

A l'aube l'ambulance ou un long nouvel an.
Pour l'heure il murmurait au mur devant sa face,
Qui avait meilleure ouïe que la plupart des gens ;
Les rêves, les regrets, et les maux de sa classe.

Le lendemain on su qu'il avait disparu.
Disparu! Carrément! Sans affaires ni corps?
Ses deux gros baluchons, son fond de vin bourru,
 Et lui ; où étaient-ils?
Jetés au lac, et mort.





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Jeudi 22 octobre 2009 4 22 /10 /Oct /2009 04:57
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).
L'incompris.




Je suis incompris :

Je suis allé, en tous langages,
Réciter mes voeux fous et pieux,
J'ai articulé de mon mieux
Mes inventions et héritages.

Ils n'ont rien compris.
Ils n'ont rien compris.

Le long de mon pèlerinage
J'ai répandu, parcimonieux,
Ce que je croyais ingénieux :
Mon butin, mon maigre bagage.

Ils ne l'ont pas pris.
Ils ne l'ont pas pris.

Sous leurs regards remplis d'orage
J'ai clamé des vers licencieux,
Raconté la terre et les cieux
Et développé davantage.

Il n'ont rien appris.
Il n'ont rien appris.

Je ne voulais pas leurs hommages,
Ou leurs longs discours élogieux ;
Juste que ce qui m'est précieux
Ne s'efface pas dans les âges.

J'ai eu leur mépris.

J'ai pensé que le colportage
Des mots des penseurs prodigieux
Et des poètes laborieux
Ne méritait pas le lynchage.

Je me suis repris :

Sur le marché à l'étalage
J'ai vendu mon âme au milieu
Du futile et du dispendieux,
Du stupide et son apanage.

Dont ils sont épris.


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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 05:37
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).
Jusqu'où mon vain sanglot ...



Jusqu'au delà des gens l'amour que je te porte,
Jusqu'au dernier perron de la dernière porte,
Jusqu'au Cerbère avide aux babines sanglantes,
Jusqu'à l'asile absurde où l'âme naît démente,
Jusqu'à l'éther étanche aux voeux et aux ballons,
Jusqu'à, exténué, mourir à tes talons.

Jusqu'aux cités de Dieu, jusqu'aux villes maudites,
Jusqu'au mur du réel, jusqu'au portail du mythe,
Jusqu'au haut pilori, jusqu'au grand échafaud,
Jusqu'aux maternités, jusqu'aux pieds des tombeaux,
Jusqu'aux geôles d'acier, jusqu'aux plaines sans fin,
Jusqu'au souffle dernier expiré sur ta main.

C'est qu'il n'est pas à  moi ; le plaisir de te plaire,
Jusqu'où mon vain flambeau brûlera-t-il de l'air?

Jusqu’au terreau bizarre accueillant des insectes,
Jusqu’à la grande fosse aux cadavres infectes,
Jusqu’aux ruines de cendre érodées par le temps,
Jusqu’à la tour tenace assaillie par le vent,
Jusqu’à la mine immense emplie d’alexandrite
Jusqu’au fond de ton coeur, plus loin que ton mérite.

Jusqu’à l’aube épanouie sur les lignes de blé,
Jusqu‘au château perdu sans adresse et sans clé,
Jusqu’à la forteresse en crêpe et carton-pâte,
Jusqu’au désert doré au soleil écarlate,
Jusqu’aux lacs déployés dans la montagne blanche,
Jusqu’à la volupté dans le creux de tes hanches.

C'est qu'il n'est pas humain ; le luxe de te plaire,
Jusqu'où mon vain flambeau brûlera-t-il de l'air?

Jusqu’où suivre tes pas, ton dos, ta silhouette,
Dans le sombre horizon ta démarche muette,
Tes genoux caressés par l‘herbe et la rosée,
Ta nuque et tes cheveux à la lune exposés,
Les volants de ta robe éparpillés au soir
Qui sans cesse se noient dans l’absolu du noir?

Lampadophore triste de ne pas te plaire,
Jusqu’où mon vain sanglot sera porté par l’air?



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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /Sep /2009 04:47
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).
Repos:
Près des grands magasins sur les places publiques
Le poids de l'assurance et la croix du mensonge
Que le paraître est lourd je m'allège et m'allonge
  Mammifère fainéant, fragile et aboulique






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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /Sep /2009 18:59
- Publié dans : Avant Calliope à tout prix( Calliope a tout pris).
Le poème à celle qui dort :

   

Sans fin, sans fin, sans fin, le désert de ses yeux,
Elle est couchée au lit et dort depuis hier.
L'ambulance empressée a fait danser ses feux
Ma bouche en sanglotant a chanté les prières.

Entre mes fines mains mon fin nez essoufflé

J'ai pleuré, qu'en est il des rires aux rivières?
Des ses gentils conseils et des fraises gonflées
De jus maintenant qu'ils ont serti la civière?

Maintenant qu'en-est il de ses vieilles chansons
Qui revenaient à moi comme un vent souverain?
Ces airs, ces airs rythmés qui soufflaient l'unisson
D'un vent qui, tout autour, faisait claquer des mains.

Elle me racontait les antres merveilleuses
Où elle avait vu l'or et la mythologie,
Les blancs palais du ciel dont la garde impérieuse
Figeait son oeil sur l'homme et son astrologie,

Les trains fantômes, les veuves blanches ou noires ;
La guerre et les tranchées faisaient trembler ses mots
Et ceux qu'elle avait aimé : Trembler sa mémoire.
Elle ne tremble plus ; j'en tremble jusqu'aux os.

Le temps a pris son dû à sa vie arraché
Les lésions qu'il parsème ont traversé sa chair.
Loin des yeux des enfants les larmes sont lâchées ;
Je revois son visage et tous les cathéters.

Je revois les draps blancs, les duvets de l'enfer...
L'enfer blanc ; l'hôpital, on y meurt en silence
En observant de loin, dos contre un réverbère,
Un misérable hideux mendier une pitance.

Morne gris, morne blanc, je revois son sourire,
Sur son lit adossée, ses dernières paroles,
Et son si long sommeil s'entamer d'un soupir
Et du doux sifflement d’arpèges espagnols.

Je m'entends lui parler, longtemps, pendant des heures

D'elle, de qui elle est ; j'ai su tout raconté...
Je n'étais que regret, hantise, rage et peur ;
Le temps a pris son dû et ses jours sont comptés.

Je les grave comme au sortir d'une cellule.
Que chacun est précieux depuis qu'elle est tombée
Dans l'abyssal coma ne souffrant nul calcul,
Qui peut faire revivre autant que succomber.


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