Pour ceux qui ne connaissent pas je vous conseille fortement l'humoriste Arnaud Tsamere. Du non-sens poussé à la perfection jusqu'au jeu d'acteur impeccable je salue humblement ce grand de demain.
« -Tu participerais, tiens, toi, à On ne demande qu'à en rire ? Dur, hein ? La pression, tout ça... et les notes... Tu me diras je suis pas humoriste... C'est comme vouloir aller à un concours de bouffe à volonté sans être... il faut être quoi d'ailleurs pour participer à un concours de bouffe à volonté ? Je suppose qu'il faut juste avoir faim. Et puis je peux pas me voir le jury de Ruquier. En général j'aime pas les jurys ; derrière leur pupitre comme ça : et que j'ai pas compris, et qu'il croit pas en son texte, et que j'aime pas sa gueule, et que j'aime pas la mienne alors je me venge sur lui parce que j'aime bien sa gueule etc. Non vraiment ce jury...
Mais si t'y penses bien faut avoir sacrément faim pour participer à un concours de bouffe à volonté ! Paraît que les participants jeûne deux jours à l'avance ; pour gagner un porte-clef ou une merde incommensurable ! C'est plus une question de connerie humaine que de dalle, et puis tu les verrais : ils sont ignobles, ils se baffrent... c'est souvent les mêmes qui participent aux fêtes de la bière et tout type de manifestations n'ayant pour but que de se démolir le foie. Légitimant ainsi l'existence de celles dont le but est de lutter contre les maladies du foie provoquées par un excès de participations aux concours de bouffe à volonté.
Elles existent certainement, tout existe. On a bien le « fumer tue » sur les paquets de clopes et le « ne pas grignoter » sur les paquets de pringles. En vérité avec des clopes tu ne peux que caler une table de nuit par exemple, ou poncer des montants de fenêtres, seules utilisations plausibles d'un paquet de cigarette si on veut pas mourir... Et les pringles ! Ne pas grignoter des pringles ? Qui est-ce qui se ferait un repas entier de pringles ? Genre : en entrée pringles normaux, en plat pringles goût barbecue, au dessert pringles goût fondant au chocolat et pour accompagner le tout une bonne boîte de Saint-Emilion ! C'est à ce moment là qu'il me paraît essentiel de rajouter que la femelle du lièvre s'appelle la hase. Donc les mecs n'ont pas juste faim, il y a autre chose : une volonté de compétition, si stupide soit elle. Et ils bouffent de tout : des saucisses de Francfort, des hamburgers... non : pas de pringles. Ils se sont affamés des jours durant, ils vont pas se contenter de grignoter.
Moi j'y ferai jamais : je n'ai ni volonté de compétition ni envie de faire rire et j'ai déjà un porte-clef très pratique et seyant. Et là tu me diras paradoxe. Paradoxe car je fume sans avoir envie de mourir alors que je peux pas poser un livre sur ma table de nuit , bancale comme elle est ! C'est pourquoi avant de m'endormir au lieu de lire je regarde en fumant clope sur clope les sketchs des pensionnaires d'On ne demande qu'à en rire. Plus j'en vois plus je me dis que ,toi, tu as aussi potentiel comique ; partant je te pose la question : pourquoi on l'appelle la hase et pas la levrette ? »
Bref, le verre de trop.
Un petit maigre
Un peu barbu
Avait trop bu
De vinasse aigre.
Lors, dans sa tête,
Tous ses remords
Refaisaient corps,
Refaisaient bête.
Donc, loin du bar,
Un temps plus tard,
Hurlant « je souffre ! »,
Le gringalet
Dégringolait
Au fond du gouffre.
III
Ma lame, Adélaïde, est un pépin d'orange
Venu de Marrakech intime, d'une grange
Dont émane le goût des desserts orientaux.
Pour le fakir gourmand c'est dix mille couteaux.
C'est, dans le vent violent, la tour inébranlable ;
Lorsque Babel n'est plus rien qu'une ombre de sable
Elle reste et côtoie, en secret, les oiseaux,
La très haute magie et les sombres réseaux.
C'est un soupir d'ennui lors d'un beau soir de fête,
Un regard dans le vide, un hochement de tête
Qui signifient : « Je meurs... Tout meurt... et nous mourons... »
C'est l'œil noir maquillé des sphinx, des pharaons,
Celui des mannequins et des belles gothiques.
C'est l'œil glauque et malsain des hyènes névrotiques.
C'est l'œil qui cligne et dit : « Dans la ruelle, allons ! »
C'est l'œil émerveillé dès l'envol des ballons ;
Ma lame c'est l'œil doux surchargé de détresse.
C'est le chantage aimant d'une ancienne maitresse
Un peu folle et qui veut, pour vivre, de l'amour,
Des soirs de poésie aussi clairs que le jour ;
A la lune luisante, un baiser et des roses.
C'est un guerrier qui tue en sanglotant, sans causes
Ni justice à défendre, c'est un grand rônin
Dont parle la légende, à qui manque une main.
Adélaïde vit, sainte décapitée,
(Néanmoins magnifique : une peau duvetée
Par une soie orange et d'or sous le soleil,
Tandis que de son cou jaillit le flot vermeil)
Au bord de l'océan, elle se baigne et sèche
Ses cheveux dans le vent, lourd des embruns de seiches.
Elle cueille des coraux bleus, fait un bouquet
Qu'elle offre à linconnu rêveur au bout du quai.
C'est la nageuse morte entrevue à l'aurore.
Et je m'y suis coupé maintes fois, je l'adore
Autant que je la crains, je ne peux que plier ;
Juste un mot de sa part et je suis meurtrier,
Un mot, dit bouche mi-close, et je dilapide
Le restant de mes jours en serf d'Adélaïde.
IV
Ma fleur, Adélaïde est simple : un bouton d'or,
Une marguerite, un crocus noir... Quelle mort
M'attend si je la cueille ? Est-elle une colchique,
Lit mauve du suicide noble et bucolique ?
Adélaïde c'est le bon goût du poison.
C'est la fugue sans fin, ni but et la maison.
C'est les plus douces mains tenues, en promenade,
Que n'alourdissent pas la crème, la pommade
Ni le vernis. Légères ; aucun bracelet
N'alterne leur nature... Un diamant serait laid
Sur un joyau de chair fondu par dieu lui-même !
C'est la Grèce : Ionie en marche, les trirèmes
Battant la mer Egée et les blancs Parthénon.
Que dis-je c'est l'Asie, et le Tao, le ton
Juste et la voix du sage à genoux sous les feuilles,
Le recueil de haïkus, les geishas qui l'effeuillent.
Adélaïde c'est l'Afrique, où je suis né,
Les griots d'autrefois et le peuple nié,
Les pleurs de l'océan, la Langue prise aux tripes.
Comme un banc de vieillards qui parlent dans leurs pipes
Au déclin de leur âge et gorgés de leçons
C'est l'Europe : un palais de bois, des charançons.
Voyez-vous l'Amérique en elle ; les étoiles
Terriennes brillant sur la fadeur des toiles,
Et que l'on voit de loin, étant mortes jadis ?
Adélaïde c'est un viol au paradis ;
C'est le désir ardent que l'on peut éteindre
A moins de se tirer une balle, ou d'étreindre.
L'étreindre ? Adélaïde ? Elle ? C'est mon souhait.
Ma poupée aux cheveux bien vivants, mon jouet,
Je veux la serrer fort et lui dire : « Je t'aime...
Je t'aime... Que tu sois femme ou flamme ou dilemme,
Epée ou fleur ! Je t'aime, Adélaïde, viens,
Je connais des pays de Cocagne, aériens,
Et des chansons d'amour et de haine semblables.
Je sais des vers muets, des jeux invraisemblables,
J'ai nagé dans la mer de la Tranquillité
Et je t'aime, chérie, et c'est la vérité. »
Adélaïde c'est un regard sur le mien
Tombé comme un flocon d'été... C'est mon seul bien.
Working girl.
Panthère embourgeoisée aux lèvres rouges, Dame
De culture et d'argent, glorieuse à chaque drame,
Est-ce un fauve d'hiver en talons ? Une femme ?
Transpirant le Chanel numéro cinq, les seins
Bondissants, elle avait cette aura financière,
Ce teint pâle de Dame en place dans l'essaim
De la grande entreprise âcre et bénéficiaire.
Divine en son tailleur beige, éclat dans la nuit,
Elle trônait du haut des vastes certitudes
Au-delà de la foule ivre, au-delà du bruit ;
Émergée, en Vénus, des larmes de l'étude.
Panthère embourgeoisée aux lèvres rouges, Dame
De culture et d'argent, glorieuse à chaque drame,
Est-ce un fauve d'hiver indomptable ? Une femme ?
Fraîche comme une aurore et sèche comme un coup,
Pour l'aimer il faut être un dieu que la folie
A dévoré, l'aimer c'est se briser le cou
Contre un mur de treille et de fleurs qu'un lierre lie.
Mais tant que son regard écrasera les monts,
Les royaumes, les rois... et tant que les armées
N'oseront faire un pas, la voyant seule au front,
Je veux l'aimer en dieu fou, sans l'avoir charmée.
Panthère embourgeoisée aux lèvres rouges, Dame
De culture et d'argent, glorieuse à chaque drame,
Est-ce un fauve d'hiver ? A vingt ans, une femme ?
Avec des "si".
Les femmes, de nos jours tombants,
Ce sont d'inlassables danseuses...
Le nez moqueur, les hanches creuses,
Elles se pâment sur nos bancs.
Les hommes, de nos jours sans fin,
Ce ne sont plus trop des poètes,
Il se pavanent dans les fêtes,
Porteurs d'un lyrisme défunt.
Voyez-vous les temps ont changé,
Et quand le smog violet nous grise
Nous aimons hurler à la crise,
A l'abandon, à l'outragé.
Le Président ? Qui s'y fia ?
Tout est dans le jeu, dans la prose
Et nous avons laissé la Rose
Entre les mains de Morticia.
Le plaisir coupable, marchand,
C'est toute l'acmé des promesses
Et les journaux, nouvelles messes,
Scandent : « Que le monde est méchant ».
Que le monde est méchant mon cher...
La victime ? Nul ne l'a vue
Sanguinolente dans la rue...
Paris serait donc un désert.
Voyons dans nos télévisions :
Abandonnant sa pourriture
L'homme dévaste la Nature
Pour d'improbables provisions.
C'est ennuyeux... méchanceté,
Dédain, mépris, causes malsaines,
Empoisonnement des sirènes
Et du parfum d'un jour d'été.
Fâcheux, fâcheux... Combien d'ours,
Noyés dans les eaux nous implorent ?
Nous nous voulons des dinosaures
Afin de protéger nos cours.
Nous nous voulons l'homme à huit bras
Pour porter quatre fois plus d'armes,
Essuyant quatre fois nos larmes
Devant le quadruple trépas..
Méchant le monde ! L'homme aussi,
Plus qu'ingénieux : maléfique ;
Il aura fait, depuis l'Afrique,
Tout ce chemin avec des « si ».
Les métempsychoses d'Adélaïde.
I
Ma femme, Adélaïde, est un regard tombé
Sur mon regard, un jour, comme un flocon d'été.
C'est un sanglot des dieux qu'une averse partage
Et qui se meurt en flaque, entrebâillant l'image
D'un amour échappé de la couche au matin.
Elle c'est une danse, en hiver, un patin
A glace soulevé quand l'autre touche terre.
Sur le lac gelé c'est un cygne solitaire
Jouant la ballerine, un étrange animal...
C'est aussi le remord en seigneur, triomphal,
Qui, m'ayant écrasé le front, ose un sourire.
Dans mon simple univers c'est le plus vaste empire,
La plus méchante armée et le plus cher tribut.
C'est l'orgueil de mes vers et le vin que j'ai bu.
Adélaïde est belle... Au soleil elle allume
Un sourire éclatant, aveuglant, elle fume
De la poudre lunaire et du tabac cubain,
Inspirant longuement tout en prenant son bain
Les volutes nacrées, bleutées, hallucinantes...
Elle c'est la fumeuse aux bouffées lancinantes.
En parlant d'elle on peut dire que les saisons
Sont fruits de cette femme à la double toison :
L'une a des fleurs d'Avril pour mèches et la frange
Rousse s'effondre sur les yeux ; l'autre mélange
Aux blancheurs de la neige une tresse de blé.
Adélaïde, lasse en ce siècle troublé,
Repense au littoral où la vertu des ailes
Offrait aux mouettes cyans le ciel, les éternelles
Régions désertées par les anges sans nom.
C'est la poudre de guerre et le coup de canon.
C'est la cadette aux airs vagues de belle mère.
C'est le brasier d'où nait un phénix éphémère
Et la cage de verre, et l'ailleurs infini.
C'est le divin enfant nu que nul ne bénit.
J'ai marqué de suçons noirs sa gorge de nymphe,
C'était un doux soir de champagne, d'œufs de lymphe,
Un soir de bains à remous, de cœurs dévêtus,
De baisers méprisés et de baisers rendus,
Un soir ivre du sang mêlé de nos deux bouches ;
Elle, reine de France, et moi, seigneur des mouches.
II
Ma flamme, Adélaïde, est un tigre docile
Caressant les genoux, dormant au domicile
Du dernier maharadjah, c'est le plus grand félin
D'Inde et de Sibérie, et le plus féminin.
Mais c'est aussi l'émoi fidèle au pied des tombes :
« Je suis debout, ma soeur. Fallait-il que tu tombes ? »
C'est l'atroce question des jeunes éplorés
Voyant soudainement, dans leurs doux nids dorés,
D'un œuf noir et parfait éclore la faucheuse
Aimant décapiter chaque parole heureuse
Et faire d'un espoir un cadavre, un tourment.
Adélaïde c'est un sourire qui ment,
Lumineux par le gloss et sombre par l'idée.
C'est la gène sublime de la veuve aimée.
Trônant sur un briquet, c'est le feu sous le joint
Par où vient le délire, invoqué de si loin.
Voire : ma flamme c'est une conquête alpine
Sous les neiges perdues, d'un roi sous cocaïne.
Elle est mère de l'ombre où pensent les démons
Sculptés autrefois par Rodin ; poings et mentons
Liés. Au crépuscule ils rentrent dans ma chambre
Et balaient d'un regard vert -d'émeraude et d'ambre-
Cet antre dévasté dont je suis président.
Adélaïde c'est le retour évident
Du tout premier amour. C'est son départ à l'aube.
Aux célestes jardins c'est un fruit d'or qui daube.
J'ai brulé ma main gauche avec son corps, ce corps
Voluptueux, rêvé des braves et des forts.
Moi; faible, j'ai touché ses pieds de cire blanche
Et suis mort calciné, voulant baiser sa hanche.
III
Ma lame, Adélaïde, est un pépin d'orange
Venu de Marrakech intime, d'une grange
Dont émane le goût des desserts orientaux.
Pour le fakir gourmand c'est dix mille couteaux.
C'est, dans le vent violent, la tour inébranlable ;
Lorsque Babel n'est plus rien qu'une ombre de sable
Elle reste et côtoie, en secret, les oiseaux,
La très haute magie et les sombres réseaux.
C'est un soupir d'ennui lors d'un beau soir de fête,
Un regard dans le vide, un hochement de tête
Qui signifient : « Je meurs... Tout meurt... et nous mourons... »
C'est l'œil noir maquillé des sphinx, des pharaons,
Celui des mannequins et des belles gothiques.
C'est l'œil glauque et malsain des hyènes névrotiques.
C'est l'œil qui cligne et dit : « Dans la ruelle, allons ! »
C'est l'œil émerveillé dès l'envol des ballons ;
Ma lame c'est l'œil doux surchargé de détresse.
C'est le chantage aimant d'une ancienne maitresse
Un peu folle et qui veut, pour vivre, de l'amour,
Des soirs de poésie aussi clairs que le jour ;
A la lune luisante, un baiser et des roses.
C'est un guerrier qui tue en sanglotant, sans causes
Ni justice à défendre, c'est un grand rônin
Dont parle la légende, à qui manque une main.
Adélaïde vit, sainte décapitée,
(Néanmoins magnifique : une peau duvetée
Par une soie orange et d'or sous le soleil
Tandis que de son cou jaillit le flot vermeil)
Au bord de l'océan, elle se baigne et sèche
Ses cheveux dans le vent, lourd des embruns de seiches.
Elle cueille des coraux bleus, fait un bouquet
Qu'elle offre à l'inconnu rêveur au bout du quai.
C'est la nageuse morte entrevue à l'aurore.
Et je m'y suis coupé, maintes fois, je l'adore
Autant que je la crains, je ne peux que plier ;
Juste un mot de sa part et je suis meurtrier,
Un mot, dit bouche mi-close, et je dilapide
Le restant de mes jours en serf d'Adélaïde.
IV
Ma fleur, Adélaïde est simple : un bouton d'or,
Une marguerite, un crocus noir... Quelle mort
M'attend si je la cueille ? Est-elle une colchique,
Lit mauve du suicide noble et bucolique ?
Adélaïde c'est le bon goût du poison.
C'est la fugue sans fin, ni but et la maison.
C'est les plus douces mains tenues, en promenade,
Que n'alourdissent pas la crème, la pommade
Ni le vernis. Légères ; aucun bracelet
N'alterne leur nature... Un diamant serait laid
Sur un joyau de chair fondu par dieu lui-même !
C'est la Grèce : Ionie en marche, les trirèmes
Battant la mer Egée et les blancs Parthénon.
Que dis-je c'est l'Asie, et le Tao, le ton
Juste et la voix du sage à genoux sous les feuilles,
Le recueil de haïkus, les geishas qui l'effeuillent.
Adélaïde c'est l'Afrique, où je suis né,
Les griots d'autrefois et le peuple nié,
Les pleurs de l'océan, la Langue prise aux tripes.
Comme un banc de vieillards qui parlent dans leurs pipes
Au déclin de leur âge et gorgés de leçons
C'est l'Europe : un palais de bois, des charançons.
Voyez-vous l'Amérique en elle ; les étoiles
Terriennes brillant sur la fadeur des toiles,
Et que l'on voit de loin, étant mortes jadis ?
Adélaïde c'est un viol au paradis ;
C'est le désir ardent que l'on peut éteindre
A moins de se tirer une balle, ou d'étreindre.
L'étreindre ? Adélaïde ? Elle ? C'est mon souhait.
Ma poupée aux cheveux bien vivants, mon jouet,
Je veux la serrer fort et lui dire : « Je t'aime...
Je t'aime... Que tu sois femme ou flamme ou dilemme,
Epée ou fleur ! Je t'aime, Adélaïde, viens,
Je connais des pays de Cocagne, aériens,
Et des chansons d'amour et de haine semblables.
Je sais des vers muets, des jeux invraisemblables,
J'ai nagé dans la mer de la Tranquillité
Et je t'aime, chérie, et c'est la vérité. »
Adélaïde c'est un regard sur le mien
Tombé comme un flocon d'été... C'est mon seul bien.
L'anti-volière.
Par buguanle.
J'ai su chanter en vers leur charme inexistant
Comme on parle du ciel enclos dans une geôle ;
Fut-ce Anaïs ? Anna ? Le cœur est inconstant,
L'amour est en spectacle et c'est un mauvais rôle
Que de chanter en vers leur charme inexistant.
Appuyé sur le tronc des arbres, au printemps,
Pour elles j'ai conçu des fleurs d'autres planètes
Dont les tendres bouquets ont traversé le temps
Universel, infâme, à défaut de leurs têtes
Appuyées sur le tronc des arbres, au printemps.
Chaque jour je reprends la route d'un baiser
Soucieux, au carrefour, d'aimer la plus aimable,
Et de ne pas heurter un mur, un pont brisé,
Un refus sans merci ; souffrance inexprimable...
Chaque jour je reprends la route d'un baiser.
Dans l'immense pays brûlé des sentiments
Je traverse les eaux pieds nus, je vagabonde,
Je ne m'installe pas : Combien de bâtiments,
Ayant enfermé l'homme, ont enfermé le monde
Dans l'immense pays brûlé des sentiments ?
J'aime Esther, Adeline, autant que les oiseaux.
Elle c'est la colombe, une enfant d'Eulalie,
L'autre c'est une cane au milieu des roseaux,
Restent une hirondelle, une chouette, une pie...
J'aime Esther, Adeline, autant que les oiseaux.
Elles volent, pourquoi vouloir les retenir ?
J'aurais pu découper le nerf et rompre l'aile
Et leur âme légère, aisée à soutenir,
Aurait pu me servir de compagne éternelle...
Elles volent, pourquoi vouloir les retenir ?
J'ai su chanter en vers leur charme d'un instant
Comme on parle d'oiseaux enclos dans une geôle
Mais pour elles je suis de paille, inexistant.
Si l'amour doit durer c'est un bien mauvais rôle
Que de chanter en vers leur charme d'un instant.
« -Tiens donc ? Tu penses ça, toi? Alors écoute : si je poursuis ton raisonnement... si je poursuis ton raisonnement... Si je poursuis ton raisonnement j'attends pas qu'il fasse dix mètres pour lui coller une balle dans chaque guibole ! »
![]()
I love your Heels.
Il n'est rien de plus essentiel que les talons. Oui : je crois en la technologie, au point de croire que la necessité d'avoir une
planête sur laquelle vivre n'est pas indépassable. Seulement comprenez : Sans talons il n'y a plus rien. Qu'est-ce un pied nu que l'on habille jamais ? Une femme en talons a retiré sa foi à plus
d'un, Dieu n'est rien face aux talons.L'éternel féminin lié à un objet comme l'homme à son glaive, le dieu à sa foudre, l'oeil à son iris. Voyez : une robe sans mannequin dessine moins les formes les plus somptueuses que deux chaussures exposées sur leur boîte en vitrine. Je dis que
les talons sont la démarche de la femme, son esprit, son odeur, sa supériorité : notre désir. Sans désir l'humanité
péricliterait. Aussi je le répète : il n'est rien de plus essentiel que les talons. Je le jure sur ces vers et ces photos :
Chaussure, muse mise en perspectives !
Podium céleste, art du cul bombé !
Les femmes des rues, mômes volitives,
Te portent le soir pour nous surplomber.
Comme naufragées les hanches dérivent
Et courbent le vent au gré des talons
Damasquinés d'or et de teintes vives,
A nu, sous la robe ou le pantalon.
Il est des talons qu'on appelle aiguilles
Et qui sont la tige d'où nait la fleur
Au delà de l'herbage et des charmilles,
Plus près du soleil et de la douleur.
Pour les porter il faut être princesse
De port et de charme et ,d'un air vainqueur,
Parader parmi désir et bassesse ;
L'être d'aspect sûr sans l'être de cœur.
D'autres, les plus grands, procurent l'ivresse
Himalyenne ! Ô beau cogito
Ne pense plus voici ton Everest !
Voici l'éther : les talons stilleto !
Ils vont aux pieds de
celles plus charnelles
Que l'amour baveux, qu'un soir au couteau,
Qu'un fruit d'été, que les plaies maternelles :
Celles qui s'en vont, nues sous le manteau.
D'autres parlent les langues solennelles,
Ils sont le mariage, ils sont le décès,
Ils sont le front droit, les graves prunelles,
Les Lettres : ce sont les talons français.
Aux pieds de madame ils la rendent sage
Autant qu'élégante et rude d'accès,
Leurs formes courbées sont un paysage
Recelant, au loin, l'ombre des forêts.
D'autres sont d'un temps oublié, volage,
Dans les salons blancs de fard en kilos
Ils sont l'esprit du Mot, tout un plumage
Envolé : Louis XV a les yeux bien clos.
Portés par celles qui sont des merveilles,
Qui vont, marmonnant, sur un vieux vélo ;
Elles ont vingt ans mais nous semblent vieilles,
Revenues tout droit du siècle du Mot.
Pour finir voici les tempes vermeilles
Et les joues rosies, les premiers baisers
Picotant tels des suaves abeilles,
Les yeux en cœurs et les yeux embrasés :
Les talons cubains ! Pour adolescente
Amoureu se, pour ange sans fardeau
Ni chagrin, trop belle et presque innocente,
Riant de sa vie et de son tombeau.
J 'en oublie autant que ces vers en usent :
Les talons bobine et ceux en talus...
Qu'importe les pieds : ce sont eux les muses,
Miroir double où mes désirs se sont vus.
Chaussure, muse mise en perspectives !
Podium céleste, art du cul bombé !
Les femmes des rues, mômes volitives,
Te portent le soir pour nous surplomber.
Comme naufragées les hanches dérivent
Et courbent le vent au gré des talons
Damasquinés d'or et de teintes vives,
A nu, sous la robe ou le pantalon.
Merry christmas and an happy new year !
Par xxsweetdangerxx
Je retournerai là-bas au pays et je marcherai dans la pauvre église où priait Lili... Faut-il que l'on dise, avant de mourir, les amours non-dits ?
Vanille natale entre les deux lèvres je retournerai Lili, c'est promis, déposer l'œillet la rose et le lys au sol de ta tombe, apaiser mes fièvres.
Avions, bateaux, vaisseaux, emmenez-moi sur l'onde entre les nuages fous des brises ! S'il faut tourmenter mon corps que les grises houles m'estropient ! S'il faut le grand froid !
Lili... je serai bientôt au pays pour lui murmurer mes amours non-dits. Dans l'église, de la belle bougie, renaitra le feu de sa belle vie.
« -Tiens, Villepin est candidat. Pfff... Si Lamartine a perdu je vois pas pourquoi Villepin gagnerait, il est con. La Présidentielle : un homme, un peuple. Salut l'Homme ! Salut le Peuple ! Dis, l'Homme, on est incapable de se gouverner nous-mêmes comme l'entend la démocratie alors on aimerait bien un truc qui y ressemble à peu près ; ça te dit d'en être ? Mais pourquoi pas, le Peuple. Ok l'Homme, alors t'es fort en quoi ? Je sais pas, le Peuple... je suis bon en beach-volley. En beach-volley ? Excellent ! Autre chose ? Non.
Et ouais ! On a jamais essayé un champion de beach-volley ! C'est rigolo ; il y en a qui vote pour essayer. Genre certains pour la blonde aux yeux de requin blanc. Et ben moi je veux un champion de beach-volley ! Lui il règlerait la question de l'immigration ! Regarde : Quand les immigrés débarquent sur la plage on fait un grand tournoi et les finalistes remportent une carte de séjour. Réédition du Camp des saints : l'histoire du plus grand match de tous les temps. Ça se serait joué à 500 000 contre 500 000, il y aurait eu de la limonade, des filles en maillots de bain été comme hiver et du reggae muffin. Le match aurait duré un an, pour passer la nuit on aurait reconstruit le bateau en forme d'hôtel trop classe duquel la réception offrirait des crevettes à volonté. C'est des frais ? Oui c'est des frais ! Et ben ça nous aurait offert une bonne raison de s'endetter ! On s'en souviendrait de celle-là, au moins. On la regretterait pas, on dirait : On est peut-être bien dans la merde mais qu'est-ce que c'était drôle !
Au lieu de ça : Marine le Pen ; la meuf relou par excellence, quoi. Elle est forte en beach-volley, au moins ? Je suis sûr que non. Villepin il fait des alexandrins lui, quelle horreur : qui voudrait d'un président qui, quelque part, me ressemble ? Il y a Sarkozy aussi. Fait pas d'alexandrins Sarkozy. S'il vomit La princesse de Clèves on se demande ce qu'il pense des Méditations... Et puis Hollande. Très fort en « je ne le crois pas ! », Hollande. Est-ce qu'il ferait un bon président ? Je ne le crois pas.
La Présidentielle : un homme, un peuple. Tu pourrais te présenter, toi. Tu parles bien, les gens t'apprécient , tu sais deux trois trucs. Mmm ? Ouais, t'as raison :
on est incapable de se gouverner nous mêmes, Hommes du Peuple. Qu'est-ce qu'on foutrait à la tête d'un pays ? Non, moi je vote Mélenchon, le bruit el la fureur... Comment ne pas vouloir du bruit
et de la fureur au pouvoir ? Un capitaine de mutinerie à travers la tempête ! C'est excitant, non ? On s'appellerait tous camarades et on porterait plus de Nike : le rêve ! Le AAA ? Rien à foutre
! Une nation qui roule et promet c'est un peuple heureux, pas à moitié à poils et en sueur ! Je me contredis ? Comment ça ? Ah, par rapport au beach-volley. Oui, oui ; c'est drôle. Au lieu de
faire des blague sers-moi un Coca-fraise... Allez, en hommage à Cesaria Evora, trinquons !
Petit payyyyyys... je t'aime beaaucouuup.... »
« -Tiens, mets-moi une vodka, vieux... Oh et puis fous un bonbon dedans ! T'as des bonbons ? J'aime bien ça, les bonbons. J'aime bien dire bonbon, aussi.
Bonbon. C'est mieux que sucrerie. Sucrerie ça fait nom d'usine. Je préfère largement dire rhum que distillerie. D'ailleurs on dit presque jamais distillerie. On doit pas trop aimer l'idée de la
machine flippante à la Zola. On parle rarement de la source des choses. Dire aux gosses que les bonbons sont des amas de substances inexistantes dans la nature, rien que le résultats d'équations
complexes et de manipulations effectuées avec des gants blancs c'est triste... Le pire c'est que ça n'en change pas le goût... Et quel goût ont les bonbons ? Un goût de bonbon ! C'est dire qu'une
cerise a un goût de fruit, qu'un morceau de biche a un goût de viande ou que le Saint Emilion a un goût de vin ! Le goût des bonbons – ça pourrait faire un titre de film ça : Guillaume
Canet, Géraldine Nakache, quelques figurants, le 17ème, une histoire d'amour et c'est plié ! Tout ça pour un arôme qui n'est que le parfait dosage entre celui du Doliprane et celui du sucre pur.
Pas terrible. Dégueulasse.
Fut un temps d'arbres à fraises Tagada, de saules dont les sanglots sont des fils de gelées, de marshmallows en guise de grêlons et de rivières de sirop. C'était un peu comme Neverland ou le royaume de Casimir ; le doyen avait 12 ans. Pourtant on vieillissait. Mais on mourrait jeunes parce qu'on était tous diabétiques au dernier degré. Et ouais ! C'est bien beau d'inventer des mondes magiques encore faut-il en appréhender les moindres détails ! Tu crois réellement qu'on ne meurt pas d'indigestion ou de folie lorsque l'on crèche dans une maison en pain d'épice ? T'imagines : des draps en pain d'épice, des portes en pain d'épice, le truc con : une cheminée en pain d'épice et pire encore : des chiottes en pain d'épice ! Et les canalisations ! Qui a pensé aux canalisations en pain d'épice ? Personne ! Personne mon pauvre !
Mais la paroxysme reste la rivière de lait ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Une vache gigantesque est éternellement traite à la source ? Quand est-ce qu'elle rumine, la vache ? Mettons qu'à la genèse on lui ait laissé un peu d'avance, elle doit bien fatiguer à un moment, non ? On parle rarement de la source des choses. Même, admettons que ce soit une espèce de vache perpétuelle à la fin du cycle il va où le lait ? Les fleuves se jettent dans un océan ? Il part dans des nappes phréatiques ? Et tu vas me dire qu'il tourne pas ? Donc : du lait qui ne tourne pas sorti d'une vache qui ne rumine pas. Comment on peut boire une anomalie pareille ? Va savoir ; il y avait peut-être des pancartes : lait non potable.
Oh, mon bonbon s'est dissout. »
« -Tiens, Evora est morte. Tu sais, c'était une des chanteuses préférées de ma mère. Elle avait cette voix des vieilles fumeuses de cigares et cette tendresse de celles qui se sentent les grand-mères du monde... On la voyait bien chantonner sur les rives du Cap-Vert, assise sur le balcon, bercée par le balancement d'un rocking chair et presque invisible, cachée parmi les volutes de fumées et les ronds vaporeux. Ils l'appelaient la Diva aux pieds nus, la vieille. C'est joli ça : la Diva aux pieds nus. Il n'est pas nécessaire de porter des chaussures pour bien chanter, qu'on se le dise. C'est bon d'être enraciné parfois. Et des divas de ce siècle Evora fut la plus arboricole, la plus lourde d'oiseaux, la plus tardive et des trésors latents il fut certainement un des plus précieux aux cotés de la magnifique Susan Boyle. Ah ! Rien qu'à l'aurore de ma vingtaine j'en aurais vu passer des anges anéantis ! Un ange passe... Malgré leur qualité d'êtres éternels devant l'Eternel les anges ne font jamais l'effort de rester. Evora était certes pas mal ridée mais on l'a connue si tard ! C'était la seule vieillarde éphémère, vous en ferez pas d'autres ! Mais c'est normal, Cesaria a pris le temps de faire des racines avant de laisser choir les fruits mielleux de sa musique douce et tripale. En as-tu cueillis les plus merveilleux ? Moi non. Tu sais, c'était une des chanteuses préférées de ma mère. Moi j'attends toujours que les gens meurent pour m'y intéresser, autant te dire que les objets de mon intérêt vont grandissant à l'infini ; les vivants ne sont que sept milliards. Evora n'en faisant plus partie il me reste une œuvre, un sourire, une mélancolie, un exigence et une odeur tranquille de Havane consommés. Car quand un ange passe il laisse toujours un peu de lui-même, quelques indices pour retrouver le chemin des paradis perdus. Alors à la prochaine Mamie ! On se reverra le temps d'une chanson ! »
*UNB*
Je suis né quelque part où chantent les lotus,
C'est à ce même endroit que pleurent les érables.
J'habitais ce pays d'art, de rois misérables,
Enrobé d'un ciel dont les anges se sont tus.
*OR*
Mais que restera-t-il de moi lorsque la Mort
Proclamera : "Voici mon irascible Frère,
Qui m'attend et m'attend lorsque j'attends la Guerre...
Nous la regarderons : c'est un Dieu qui s'endort."?
*N*
Post mortem blues.
Je me souviens : l'époque où nous mangions des mangues
En pagnes sur la grève où nous avions faim ;
Faim de rêves nouveaux, de leurres et de langues,
Le chignon incolore ornementé de lin.
Les vieux loups , aux abois, s'écroulaient aux lisières
Des forêts de mangrove et de chanvre indien,
Enveloppés dans leur peau, notre unique bien,
Nous partîmes rejoindre les cités minières.
Gelés jusqu'aux sourcils, les enfants de l'Histoire
Que nous fûmes allions sous la neige, implorant
De revoir le soleil, un arbre, un éléphant
Qui n'était pas celui dont nous portions l'ivoire.
Et puis je me souviens du bruit des chaînes mortes
A l'automne des rois, saison des pluies de sang,
De la fleur au pétale ovale, incandescent :
La colchique écarlate éclose sur les portes.
Sylve ancienne, ouïs-je le cri des macaques ?
Celui des lémuriens aux yeux d'or et de nuit ?
Non. C'est un souvenir d'humus bleu qui s'enfuit
Très loin de ma mémoire, et vers les catafalques.
C'était le macadam ma vie, et la promesse
Non pas d'un jour meilleur mais d'un équivalent.
C'était de la revoir, même sanguinolent,
Mon italienne aux yeux doux comme une caresse...
Si je me souviens bien, à l'aube, l'Aphrodite
Ne sortait plus, de peur d'être prise en photo.
J'allais donc nu, lauré, debout sur le coteau,
Les bras en croix, hurler la tristesse non-dite.
J'allais aux magasins me combler de casquettes
Avec des inconnues, filles aux cheveux teints
Qu'un clin d'œil ensorcèle et dont roulent les reins,
Danseuses de toujours ne parlant que de fêtes.
J'aurais su les aimer, en composer l'éloge
Mieux qu'un barbare blond à carreaux d'aviateur,
Celui là ce n'était que le corps palliateur,
Que l'acteur de génie et le mort dans la loge.
J'étais un égaré, bien mauvaise bohème
Que celle au pays où j'ai délaissé mon cœur...
Je me suis pavané, j'ai bu cette liqueur
Tendre du plus pur vice, avec un peu de crème.
Et dans le vert de mes prunelles frelatées
Le reflet d'un enfer vierge s'imbriqua,
J'avais dans le palais le goût du paprika
Quand mon marteau de bois morcela les trois fées.
Mon chemin s'achevait loin des marbres de Rome
Et j'en ai ramassé la poussière, et des pleurs
Lorsque je l'ai baisée ont jaillis : les lueurs
Si proches m'annonçaient le retour à Sodome.
Le retour aux passions sous les premières lunes,
De la notre, jusqu'à la neuvième d'Endor.
C'était le temps bénit du jardin qui s'endort
Au refrain sur lequel, toujours, fondent les brunes.
J'ai baisé cette main d'un signe du zodiaque...
Je m'en souviens, c'était le treizième, aux doigts fins
D'où le soupçon du sang des éphèbes défunts
Perlait, rougissant les ongles, et faisait flaque.
Vous auriez juré voir la belle adolescente
A qui nul ne résiste, à qui tous les bouquets
Sont offerts mêmement que le fond des secrets...
Suffit-il qu'elle se pose au balcon puis chante ?
Avant la fin des temps ce fut ma fiancée.
Nous nous sommes battus en époux chiffonniers
Dans les soirs délicieux des mensonges niés ;
Choriste des hauts cris, ma pucelle offensée.
C'était beau ; de la fougue et des poisons macabres
Sous un ciel de printemps, entre l'orme et le buis,
On se tuait le soir, aussi, tout près des fruits
En salade, sous les sept yeux des candélabres.
Quelquefois j'allais seul rejoindre la Nature
Et sous une cascade m'inonder le front.
Etrangement lassé, lassé de cet affront
D'aimer mourir des mains d'une femme immature.